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dimanche 7 février 2016

Principales failles des plans survivalistes

J'ai parlé à plusieurs reprises très régulièrement des erreurs commises, le plus souvent de bonne foi, par mes confrères et mes consoeurs survivalistes. C'est presque devenu un de mes thèmes récurrents bien que je ne mette pas d'emphase là dessus.

Je sais que je suis parfois perçu comme prétentieux car on me prête souvent l'intention de vouloir donner des leçons à mes semblables. Ce n'est toutefois pas le cas. Je cherche plutôt à partager mes conclusions afin d'éviter à mes semblables des erreurs couteuses et potentiellement létales dans l'avenir.

Approche


Mon approche est stratégique et analytique. Je suis un peu comme un joueur d'échecs: j'essaie de me projeter plusieurs coups à l'avance et de ce nouveau point de vue, j'ai une perspective unique qui m'enseigne des éléments importants. Une fois ces éléments assimilés, vérifiés, mis à l'épreuve via des scénarios, des échanges avec quelques personnes privilégiées ou de simples contre-vérifications si des experts se sont déjà penchés sur le sujet, alors j'en tire des leçons, qui deviennent des théorèmes puis éventuellement des règles de conduite.

Cette démarche est longue et difficile. Je travaille par conséquent lentement. Si dans les premiers jours de mon blogue je me cantonnais à des sujets plus concrets, en revanche j'accumulais expertise, avis, jugement, recherches, conséquences, enseignements, expérience d'autrui, échanges, points de vue et tout ce qui était susceptible d'enrichir ma démarche et ma méthode.

Oserais-je la comparaison avec le bon vin qu'on laisse vieillir? En tout état de cause, je continue de développer mes analyses depuis le tout début de mon blogue.

Évolution


Auparavant, avant le premier billet de mon blogue, je me contentais évidemment de ne considérer que notre situation familiale. Quand j'ai décidé un jour de me mettre en contact avec d'autres survivalistes, j'ai réalisé à quel point il y avait des disparités dans les plans, dans les préparatifs et surtout dans ce que les militaires anglophones appellent "l'intel", c'est à dire le renseignement qui comprend l'information, sa collecte et son analyse. Et dans beaucoup de cas, c'en était affligeant de constater les culs-de-sac dans lesquels les survivalistes de rencontre s'enfermaient.

C'est cela qui a fait la différence entre rester dans le placard et m'exposer. 

Bagage


Sans fausse modestie et dans non plus en rajouter, je suis l'homme des analyses stratégiques et je les applique au survivalisme. Mes intérêts depuis l'enfance, mon parcours professionnel, mon approche empirique, mes études académiques et mes recherches personnelles m'y ont préparé. 

Quant à mes capacités intellectuelles, elles sont élevées certes mais je ne m'en vante pas car je n'y peux rien: on a l'intelligence qu'on peut, pas l'intelligence qu'on veut. Celle-ci fait partie de notre bagage génétique et son actualisation est tributaire de notre environnement familial (au sens large: alimentation, stimulation adéquate, éducation, sécurité affective, etc.) et académique, deux choses sur lesquelles je n'ai eu aucun contrôle, sauf pour mon environnement et seulement au fur et à mesure que je devenais autonome en m'approchant de l'âge adulte.

Donc...

Donc, je ne suis pas pour autant la solution aux problèmes de chacun ni ne possède de réponse universelle. J'expose des points de vue analysés stratégiquement et je laisse cela à votre bon jugement, à vous lecteur. 

Un mot sur la méthodologie


La lecture des commentaires suite à chacun de mes articles me laisse parfois pantois. Je n'accorde aucune crédibilité ni aucun poids aux "arguments" qui disent "oui mais moi je fais ceci et j'obtiens cela" ou "moi je connais quelqu'un qui n'est pas comme ça et ça va très bien". La statistique ne se pratique pas avec un échantillonnage de un. Elle se pratique avec les grands nombres.

Idem, la corrélation entre deux situations présente une multitude de variations. Si on se trouve avec une corrélation de 1, cela signifie que tous les cas sont identiques et qu'en présence d'une situation A et d'une situation B, on aura toujours le même portrait.

En présence d'être humains, c'est encore plus difficile puisqu'on a tendance à s'entourer de gens qui nous ressemblent. Le végétalien (encore lui!) crudivore militant type aura tendance à chasser de son environnement les "mangeurs de cadavre" qu'il ne peut pas convertir pour ne s'entourer que de gens qui pratiquent la même orientation alimentaire. Alors il aura l'impression que les végétaliens crudivores sont majoritaires et qu'il serait temps d'enfin contraindre les cruels mangeurs de viande à vivre comme eux. Mais voilà, ces végétaliens sont une fraction de pourcentage de la population totale des pays occidentaux.

Impression n'est pas fait. Et les faits, ça se compile puis ça se mesure. Moi, je compile et mesure.

Failles


1) Se préparer à un événement précis (- étendue, + profondeur)

2) Chercher le clan

3) S'isoler

4) Manquer de perspective

5) Préparation linéaire

6) Faillir à convaincre sa famille nucléaire

7) Focaliser sur les équipements

8) Virtualité de la préparation

9) Plan unique

10) Individualisme

11) Défaitisme et pessimisme

Les détails dans la vidéo.


mercredi 27 janvier 2016

Survivalisme et tribalisme

Survivalisme et tribalisme

AVERTISSEMENT: ce billet contient des noix, des produits laitiers et de la "politique". Si vous êtes allergique à l'un ou à l'autre de ces produits, veuillez vous abstenir de le consommer.

AVERTISSEMENT: ce billet parle de société, de races, de couleur de peau, d'ethnie, de société et de pouvoir. Nous préférons vous en avertir.

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Parler de tribalisme en survivalisme, c'est parler d'une variation du concept de clan. Mais d'abord, comme toujours, assurons-nous de parler de la même chose.

Tribalisme: 
Organisation sociale fondée sur la tribu.

Tribu:
Agglomération de familles vivant dans la même région, ou se déplaçant ensemble, ayant un système politique commun, des croyances religieuses et une langue communes, et tirant primitivement leur origine d'une même souche.
En d'autres termes et en résumé, le tribalisme est une agglomération de groupes de gens ayant des racines communes, peu importe lesquelles, et qui retiennent ces racines comme étant un facteur d'identification significatif, à la fois sur le plan collectif et individuel.

On progresse!

Tribalisme et pérennité


Dans l'univers francophone nous sommes hélas horriblement souillé par Les Lumières, avec son éloge de la Raison et son individualisme idéologique qui remplace Dieu par l'Homme, et l'Homme par l'Individu. Cela est l'antithèse du tribalisme.

Pourtant, les premiers promoteurs de l'idéologie des Lumières et leurs défenseurs contemporains ont une approche et un mode de fonctionnement tout à fait tribal. Citons seulement les Frères La Truelle (franc-maçonnerie).

Au niveau économique et social, certains groupes pratiquent un tribalisme sur fond racial, culturel ou ethnique: favorisant systématique "les leurs" et exploitant systématiquement "les autres".

Quelles ont donc été les conséquences de l'idéologie des Lumières, qui promeut notamment et rappelons-le: l'Individualisme et la Raison, donc le passage du "tous égaux" à "tous pareils"? Le triomphe du tribalisme des petits groupes qui imposent au grand groupe des règles indésirées. C'est ça la démocratie. Car après tout « La démocratie c’est la défense des minorités contre les majorités », selon le "très grand démocrate" Daniel Cohn-Bendit.

Société, avant et maintenant


Dans le passé, le patriotisme, la nationalisme, mais aussi la religion, la race, la langue et l'ethnie, assuraient un mode de fonctionnement de nature tribale ou quasi-tribale et les groupes majoritaires d'un pays avaient le haut du pavé. Quoi de plus normal, d'ailleurs, dans une optique démocratique, que ce soit la majorité qui dicte les règles?

Toutefois, les élites de tous les pays occidentaux se sont mises simultanément (par hasard, hein!) à miner ce tribalisme à travers les années afin de réduire les groupes d'identification à des individus, puis à même criminaliser dans certains cas le fait pour un individu appartenant à une majorité à faire une distinction entre son groupe d'appartenance et un groupe autre. Charte ou Déclarations des droits, protections constitutionnelles contre la "discrimination" illégale (car il en existe une légale), lois de promotion sociale (la soi-disant "discrimination positive") et lois mémorielles. Cela a suffit pour détruire la capacité de définition et d'organisation des groupes majoritaires dans leur pays.

C'est ainsi que le communautarisme, qui est du tribalisme d'expatriés, a fleuri et a développé le pouvoir qu'on lui connait de nos jours.

Un exemple? Le Québec. Province canadienne, peuplée très majoritairement de canadiens-français (blanc, d'expression française, de souche catholique), elle est devenu une nation, la nation québécoise. Les québécois sont quoi, maintenant? Ce sont des gens vivant au Québec et capables de communiquer en français. Rien de plus. Donc rien.

Qui voudrait aujourd'hui se réclamer de son héritage canadien-français et voudrait façonner la société en fonction de celui-ci serait conspué sur la place publique, médiatiquement assassiné et probablement poursuivi en vertu des lois "anti-haine". Les politiques indépendantistes québécois seraient les premiers à "aller au batte" pour détruire ce discours. C'est ironique, quand on songe au fait que l'indépendantisme visait à assurer aux canadiens-français le pouvoir d'assurer leur destinée! Mais ça, c'était avant, quand l'indépendantisme était de droite. Avec la gauche qui s'est approprié ce thème, c'est la dilution garantie et la disparition du canadien-français, à terme.

De même, on a beau condamner à la prison des gens comme Boris Le Lay pour un crime immonde, celui d'avoir dit "On n'a jamais vu de celte noir et on n'en verra jamais", ça ne permettra jamais pour autant à un black africain ou à un jaune laotien ou à un blanc teuton qui ne sont pas de souche celte, de devenir celte. Ni à un celte de devenir mandingue, par ailleurs.

Groupes, clans et tribalisme


Le concept de clan est très largement galvaudé en survivalisme. Il semble souvent que l'objectif premier des survivalistes esseulés est de joindre un clan. J'ai déjà expliqué ce qu'il en était réellement du clan et à quel point cette idée est loufoque.

Un groupe ou un regroupement n'est pas un clan et qui dit fonder un clan ne fait qu'une promesse car c'est dans deux générations ou plus qu'on pourra vérifier si cette organisation est réellement devenue un clan et si la promesse a été suivie d'effets, ou pas.

D'autres veulent former des communautés de survivalistes sur fond idéologique. Cette approche est fort populaire chez les libertariens, comme le promeut le célèbre écrivain Rawles

Toutefois, à travers le temps et même dans nos sociétés actuelles, il est une constante et une vérité: les gens ne se réunissent pas durablement autour d'une idéologie mais autour d'une identité. L'identité elle, ne change pas à travers le temps d'une vie d'homme et elle demeure en tout temps un pilier, pour peu qu'on désire s'y appuyer. L'idéologie quant à elle, well... Pis: le choix d'une idéologie constitue une très souvent trahison de son identité.

On n'a qu'à regarder la génération des boomers, surtout ceux ont ont fréquenté l'Université, pour réaliser que l'idéologie est très mouvante et assujettie aux intérêts du moment de leurs adeptes. Les étudiants de 68, généralement communistes ou marxistes-léninistes ou trotskystes, prônant l'ouverture sur le monde et l'interdiction d'interdire, sont les plus grands fans aujourd'hui des mesures liberticides car ils croient qu'elles protègeront leurs avoirs acquis depuis leur époque rouge et qu'ils veulent maintenir à tout prix. Quid de "l'idéal socialiste" et de la "justice sociale"? C'est bon pour ceux qui n'ont rien, comme eux il y a 40 ans.

Pendant ce temps, les différentes tribus communautaires et largement minoritaires à l’œuvre façonnent l'espace démocratique, social et économique selon leurs besoins. Leurs besoins, pas nos besoins.

Le mieux est l'ennemi du bien

Le grand problème des survivalistes isolés qui veulent se regrouper, c'est la croyance en la nécessité d'un élément rassembleur précis. Ils chercheront à se regrouper sur la base d'une idéologie, d'un statut social, de moyens financiers, d'orientation politique, qui sont pourtant autant d'empêcheurs de se rassembler. Les gens croient absolument que 1) il faut former un clan, 2) tous les survivalistes avec lesquels on veut se lier doivent beaucoup nous ressembler.

Ces critères de sélection qui nuisent à la formation des groupes occulte le patent, l'évident et même l'immanent: nous sommes issus d'un peuple, nous sommes issus d'une culture et d'un héritage civilisationnel et pourtant si peu de gens trouvent cela suffisant pour se rassembler! Voilà pourtant les bases communes tant désirées. Ce sont celles de la Tribu.

Tribalisme et contemporanéité


La structure politico-socio-économique de toutes les sociétés occidentales fait en sorte que les petits groupes à forte identité culturelle et sur-conscients de leur existence sont plus forts que les masses à identité commune mais peu militantes. Plus un segment de la société fait preuve de tribalisme, plus il réussit économiquement et davantage au niveau de l'influence qu'il a.

Piero San Giorgio a d'ailleurs noté, avec une grande justesse, qu'entre judaïsme orthodoxe et catholicisme, c'est le judaïsme orthodoxe qui survivrait car il est rigoureux, radical et ne fait pas de concessions, contrairement à l'Église Catholique qui se ramollit et met de plus en plus d'eau dans son vin (de messe).

Un de mes amis vit dans un quartier montréalais à forte composante ethnique (chrétienne et musulmane) du Moyen Orient, et la candidate élue aux dernières élections fédérales, une nunuche notoire (donc nommée ministre) a basé sa campagne sur la sollicitation des communautés ethniques, religieuses et culturelles, ayant partout le même discours: favoriser le maintien de leurs cultures et de leurs traditions propres. Voilà un exemple de ce que ça procure, un groupe social au fonctionnement tribal: du pouvoir d'influence, de la reconnaissance et de l'indépendance: être un bloc, ça soutire l'attention, ça appelle les courtisans et ça procure de l'importance.

Pensez aussi au lobby gay, au lobby sioniste, au lobby féministe, qui tous pratiquent peu ou prou une forme ou une autre de tribalisme. Aux USA, les blacks ont une conscience raciale exacerbée et leurs militants voient du racisme partout alors que la conscience raciale des blancs est faible et les comportements authentiquement racistes, minimes. Pourtant, on relaie le discours militant de Black Lives Matters quant aux "meurtres" des blacks par les policiers blancs alors que dans la réalité, 95% des blacks victimes de mort violente ont été tués... par d'autres blacks.

C'est ça, le pouvoir de la tribu... Lois mémorielles pour l'une, discours médiatique mensonger pour l'autre, le tout à destination et pour usage des sans-tribu...

Le tribalisme, il a été éradiqué chez les blancs européens comme étant rétrograde et cette éradication a eu pour effet de renforcer le poids relatif et la puissance absolue des autres, des minorités. Vous connaissez la maxime: la Nature a horreur du vide et le vide créé par l'abandon du terrain par l'un a été comblé et occupé par le tribalisme des autres.

Tribalisme en survivalisme


Il ne s'agit pas de créer un projet politique sur fond tribal majoritaire. D'abord, ceux qui le voudraient n'en auraient ni la force, ni les moyens. En revanche, nous survivalistes, nous pourrions développer cette conscience tribale. En ce sens, je ne suggère pas d'adopter une idéologie tribale mais bien des comportements de nature tribale qui visent à nous aider, nous individus, à nous lier avec d'autres survivalistes et à nous favoriser mutuellement.

Je vais vous donner des exemples tirés de ma propre vie. Il y a quelques années, j'ai eu besoin de traitements pour soigner une tendinite qui s'était solidement installée J'avais remarqué dans ma liste d'abonnés facebook une personne qui offrait le genre de soins dont j'avais besoin. Je suis allé la voir. Et en plus elle est excellente. Je lui ai depuis référé ma femme et des amis.

Quand j'ai besoin de quelque chose de précis et que je ne sais pas où m'adresser, je demande à mes amis survivalistes s'ils connaissent quelqu'un. Je suis donc souvent référé auprès de survivalistes par des survivalistes. Ce faisant, je développe mon cercle de contacts survivalistes et je contribue au développement des cercles de contacts d'autres survivalistes, s'ils le désirent bien entendu. Car voyez-vous, je préfère donner mon argent à un autre survivaliste plutôt qu'à n'importe qui car en définitive, cet argent restera dans le milieu survivaliste plutôt que d'en sortir, et fortifiera la position d'un survivaliste plutôt que celle d'un "normal".

À l'inverse, j'ai vécu aussi le comportement anti-tribal de la part de survivalistes. Ce sont des gens qui me suivent et qui apprennent grâce à moi mais qui, lorsqu'ils ont voulu ouvrir un compte BitGold, ont délibérément choisi de ne pas utiliser le lien que j'ai fourni dans les billets que j'avais écrit, qu'ils ont lu, qu'ils ont apprécié et qui les ont convaincus de s'inscrire, au motif qu'ils ne voulaient pas "m'enrichir" avec un quart de gramme d'or. Leur motivation? Ils n'aimaient pas un angle ou un de mes propos, je suppose?

Ce genre de comportement est très français et j'y inclus les canadiens-français qui ont tout à fait la même mentalité à ce sujet. Toutefois, français ou pas, cela ne contribue en rien au développement du survivalisme et encore moins au comportement tribal dont nous avons besoin.

Tribalisme pratique en survivalisme


Agir de manière tribale ne formera pas pour autant un tribu formelle avec ses institutions, ne nous leurrons pas. Ça ne vous donnera pas un clan ni même ne vous fera de facto appartenir à un groupe de survivalistes.

En revanche les bénéfices à en retirer sont énormes. La "préférence tribale" nous permettra de faire des affaires entre nous, développera notre réseau de contacts, créera davantage de liens et partant, de solidarité, favorisera les regroupements et créera éventuellement une forme de pouvoir collectif. Pour cela, il faut accepter la notion même de tribu, changer nos mentalités et surtout cesser d'assujettir nos plans survivalistes à des idéologies qui lui sont contraires.

Si vous adhérez à ce mode de fonctionnement et ne savez pas comment le mettre en pratique, je vous dirais de vous reporter aux exemples que j'ai donnés: cherchez à faire affaire avec d'autres survivalistes, pour commencer. Vous craignez de vous faire avoir par un arnaqueur? Il se peut. Mais le milieu survivaliste est bien petit et celui qui voudrait en profiter serait ostracisé rapidement. Plus le comportement tribal se développera, meilleurs seront les services que nous nous échangerons car le jugement de nos pairs comptera plus que tout. Mais au delà des intérêts personnels immédiats qu'il y a à faire affaire avec nos semblables, nous développerons le réflexe de préférence des nôtres, la solidarité et la force du nombre.

Le tribalisme, c'est mauvais pour un pays au sens moderne du terme. Puisque les tribus sont néanmoins là et bien portantes merci et qu'elles minent, voire parasitent le peuple majoritaire, aussi bien pour ce peuple de fonctionner de la même manière. Et dans notre cas, survivalistes, mieux vaut faire corps entre nous que d'être isolé dans notre coin.


mercredi 20 janvier 2016

Catégories de préparation survivaliste

Catégories de préparation survivaliste

L'une des grandes erreurs de préparation que je peux constater régulièrement auprès de ceux qui me posent des questions et des clients qui me consultent, c'est la faiblesse de la vision d'ensemble. À cela se joint aussi une mauvaise compréhension des macro-mécanismes qui affectent nos conditions de vie et la société en général.

C'est ainsi que parfois les gens se préparent mal en fonction de leurs objectifs.

On parle souvent de niveau de préparation et bien que ça puisse décrire une réalité de progression pour ceux qui veulent se rendre tout en haut de l'échelle, cela traduit mal la réalité tout court des gens qui se préparent: certains ne croient pas aux perturbation majeures, globales et permanentes, certains au contraire ne croient qu'à cela et rien d'autre, comme une sorte de "tout ou rien".

C'est pour ça qu'on doit parler de catégories, car il n'y a pas de hiérarchie en cette matière, juste une anticipation et une réponse à cette anticipation.

Les catégories de préparation


Il y a les "évacuateurs", les "préparateurs à court terme" ou de courte durée et les "préparateurs à long terme" ou de longue durée. Cela couvre l'ensemble des survivalistes.

Les évacuateurs


Sont des évacuateurs les gens dont le seul plan de préparation consiste à évacuer au moindre indice de dégradation insupportable de la stabilité normale.

Normalement les évacuateurs auront soigneusement préparé un kit prêt à emporter en moins d'une minute. De plus, et c'est probablement le plus important: ils auront préparé d'avance un point de chute sécuritaire, que ce soit un chalet isolé en montagne, la ferme de Tonton Ignace ou la maison de campagne de la belle-sœur.

L'évacuation est une approche foncièrement axée sur la courte durée des perturbations et leur caractère par essence temporaire. La préparation du kit ainsi que du point de chute et de ses réserves, permettra généralement de tenir quelques semaines, voire quelques mois. En effet il est inutile de préparer des années de réserves quand on croit que les problèmes ne dureront que quelques semaines.
 

Les évacuateurs précoces

Les évacuateurs qui n'ont préparé qu'un kit et rien d'autre ne sont pas à mon sens des survivalistes. Je les surnomme des "évacuateurs précoces" (en référence à ...) en ce sens qu'ils ne complètent pas bien la démarche normale qui consiste à développer et maintenir l'autonomie. Un 72 heures sur le dos, ça dure 72 heures. Après, c'est la nourriture d'opportunité s'il s'en présente ou celle des camps de réfugiés, si entretemps les évacuateurs précoces ne sont pas tombés, victimes des bêtes, des intempéries, des pillards, des autres évacuateurs réfugiés dans la même forêt où personne ne pensera aller, ou des autorités.

Les préparateurs à court terme


Ce sont des gens qui n'envisagent pas l'évacuation systématique (bien qu'ils y soient préparés) mais qui croient, comme les évacuateurs, que les perturbations envisagées seront toutes de courte ou de moyenne durée. Ils ont choisi de se maintenir dans leurs lieux de vie et s'y sont préparés en conséquence.

Certains d'entre eux ne verront pratiquement pas de différence en terme de qualité de vie s'ils déploient leurs plans en raison des circonstances car ils ont palliés aux déficiences des approvisionnements: par des réserves de carburant, par une alimentation électrique renouvelable, par des réserves de combustible, d'aliments, de médicaments, d'armes et de munitions pour la défense familiale et des petites douceurs qui rendent la vie agréable.

Même s'ils envisagent des perturbations de courte ou de moyenne durée, ces personnes peuvent parfois durer fort longtemps dans leur environnement, parce qu'ils ont prévu très largement.

Peuvent-ils durer indéfiniment? Non car ils n'ont aucun moyen de renouveler leurs stocks par eux-mêmes. Un jour, les réserves s'épuiseront. 

Les préparateurs à long terme


Ce sont des gens qui envisagent des changement structurels et permanents qui changeront l'équilibre socio-économique et les moyens de production comme ceux des approvisionnements.

Si en général les préparateurs à long terme ne connaîtront pas le même niveau de confort que les préparateurs à court terme, en revanche ils sont les seuls réellement autonomes au sens premier du terme: ils peuvent se nourrir, se chauffer, s'éclairer par des moyens renouvelables, c'est à dire du bois récolté sur leur terre, de l'huile alimentaire produite à partir des récoltes, des panneaux et des éoliennes, une source d'eau en propre, de la force motrice animale, et ainsi de suite.

Hiérarchie?


C'est une erreur de hiérarchiser ces catégories, sauf dans un cas bien précis. En effet, les préparations des gens sont tributaires de deux facteurs: le degré d'autonomie désiré en fonction des situations appréhendées et les moyens pour le réaliser.

On peut parler de niveau de préparation quand l'appartenance à une catégorie est transitoire, c'est à dire temporaire "en attendant plus" ou "mieux". Il est normal de commencer à se préparer avec peu, le choix le plus populaire (et pas nécessairement le plus avisé) étant le kit d'évacuation. Puis le temps et les moyens aidant, les gens adaptent leur plan survivaliste à une certaine sédentarisation puis évoluent progressivement vers la pérennisation de leur situation.
 
Dans tous les autres cas, la catégorie choisie correspond parfaitement aux besoins des gens, à savoir ce qu'ils appréhendent et la manière avec laquelle ils entendent y faire face.