dimanche 23 novembre 2014

Questions du mois de novembre 2014 - Partie 2

Pour ceux qui avaient notés, j'ai déjà fait une série de questions du mois pour novembre 2014 et quand j'ai annoncé les questions du mois sur Facebook, hé hé, je l'avais oublié!

Alors ceux qui aiment les questions des lecteurs, vous êtes gâtés ce mois-ci, pour les autres, désolé!




Défendre le domicile sans armes à feu 



Armes à feu et enfants




Demande conseil de calibre pour la suite des choses



Les semences





















dimanche 16 novembre 2014

Incompatibilités mentales dans le survivalisme

Nous vivons une époque intéressante.

En moins de 200 ans, la pratique, à tout le moins la recherche du salut de l'âme par des paroles et des actions bonnes alignées sur des principes a cédée la place au matérialisme.

Ce faisant, cet abandon du sacré a créé un vide immense dans les populations occidentales, vide que la consommation, phénomène matérialiste par excellence, prétend vainement combler.

C'est ainsi qu'on voit depuis les années 60, décennie marquant le déclin manifeste de la pratique religieuse, émerger une foule de mouvements, de nouvelles religions et d'idéologies qui n'ont pas grand'chose de sacré.

Citons dans les mouvements, religions et idéologies nouveaux l'environnementalisme, le véganisme (en tant qu'idéologie), le country comme mode de vie, y compris chez les urbains, les sectes religieuses diverses, le médiévisme et toutes les passions qui font que certaines de leurs adhérents ne travaillent qu'afin de pouvoir se payer de les vivre leur passion, sans oublier le sujet central de ce blogue: le survivalisme.

Oui, aussi le survivalisme.

Tout cela résulte d'une perte du sens universel des valeurs et le besoin de se sentir "appartenir" à quelque chose. Cela relève donc essentiellement de la recherche de sens.

Attention: tous les environnementalistes, végans, country et survivalistes et cie ne sont pas en recherche de sens et tous ceux qui recherchent un sens n'iront pas nécessairement dans les voies citées.

Cela provoque néanmoins la segmentation de la population. Auparavant nous avions un peuple, une nation, souvent une religions et tous s'y reconnaissaient. Depuis 50 ans, on abandonne ces reconnaissances universelles pour adopter des cottes plus à notre taille, plus personnalisées et plus "ressemblantes" de l'image qu'on a de soi.

Preuve en est les innombrables chaînes spécialisées qui font que les individus les plus en recherche de sens ne regarderont que les émissions sur la chaîne qui les branche et négligeront le reste. Il est désormais possible de nos jours de s'abreuver exclusivement de nos sujets d'intérêts et d'être totalement ignorant de tout le reste, malgré la surmédiatisation de notre époque...

Comme je le disais, on n'y échappe pas non plus dans le survivalisme. 

Notez que ce n'est pas négatif en soi: beaucoup de gens en recherche de sens et d'identité se retrouvent dans le survivalisme. Tant mieux pour eux, je le dis très sincèrement: vivre dans une société sans repères spirituels admis — ils sont même condamnés — c'est difficile et trouver du sens dans une société qui n'en offre pas par design, est un défi important.

Parmi ceux qui se trouvent, il y a ceux qui comprennent; dès lors le survivalisme cesse progressivement d'être un définisseur d'identité pour devenir de plus en plus un outil d'appréhension et de compréhension de la réalité et un moteur d'action vers l'autonomie.

Là où ça pique

Car oui, ça pique, et souvent.

On vient au survivalisme pour trois grandes raisons objectives:

  • On a identifié un danger dans notre environnement et on veut le parer par de la préparation et de l'autonomie et/ou
  • On a compris que notre civilisation post-industrielle nécessiteuse de croissance porte le ferment de sa destruction par l'épuisement des ressources ou autrement et/ou
  • On a compris la grande dépendance dans laquelle la Société nous tient (et nous souhaite) et on veut échapper à la fragilité qu'elle nous impose.
Il existe bien des raisons subjectives mais comme elles sont subjectives, elles sont propres à chacun donc trop variées pour être énumérées.

Peu importe donc la grande raison objective qui nous a conduit vers le survivalisme, ce mouvement présente de nombreux irritants aux néophytes et pour cause: il requiert un changement de paradigme.

Paradigme: Un paradigme est une représentation du monde, une manière de voir les choses, un modèle cohérent de vision du monde qui repose sur une base définie (matrice disciplinaire, modèle théorique ou courant de pensée).
C'est une forme de rail de la pensée dont les lois ne doivent pas être confondues avec celles d'un autre paradigme et qui, le cas échéant, peuvent aussi faire obstacle à l’introduction de nouvelles solutions mieux adaptées.
Je n'aime généralement pas les propositions du type "ou bien / ou" comme: "ou bien tu es avec moi, ou tu es contre moi". Il est cependant des situations où on ne peut faire autrement que d'employer ces propositions. Le paradigme du survivalisme exclut tout autre paradigme qui touche aux mêmes domaines: c'est d'ailleurs propre aux paradigmes de s'exclure mutuellement. 

Par exemple le paradigme post-industriel exclut celui du survivalisme: on ne peut pas entretenir sa dépendance et développer son autonomie simultanément. Il faut à un moment choisir: survivalisme ou pacifisme, survivalisme ou gauchisme/néolibéralisme sociétal, survivalisme ou animalisme, et la liste peut être longue...

Ce choix si difficile...

Une connaissance, découvrant il y a quelques années que j'étais survivaliste (je n'étais pas connu à l'époque) s'est montrée intéressée au survivalisme, sincèrement intéressée car elle avait aussi le sentiment que notre civilisation fonçait vers un mur.

Nous avons discuté longuement du sujet. Et vers la fin, je sentais qu'elle était tiraillée et je l'ai même entendu raisonner tout haut.  En somme, elle a conclu que le survivalisme était un trop gros sacrifice à faire par rapport à ses rêves de jeune professionnelle qui commençait sa carrière et elle a arrêté d'y penser à ce moment même.

Quid de la civilisation qui fonçait dans le mur? Quid des enjeux environnementaux? Quid de la fragilité des approvisionnements et de la raréfaction des ressources? Tout ça a en définitive pesé moins que ses rêves et l'idée qu'elle s'était toujours faite de sa vie "une fois devenue grande".

Vous savez quoi? C'est son choix et je ne le critique pas. Je m'en sers par contre pour illustrer les conflits de paradigmes et le choix qu'on doit un jour faire.

Encore récemment mais aussi très régulièrement, j'ai constaté que le sujet de l'autonomie appliqué à la protection personnelle et familiale pique, et fort!

En gros, le survivalisme oui, l'autonomie oui, youppi! mais pas l'autonomie dans le domaine de la sécurité personnelle et familiale! La police et l'armée sont là pour nous protéger. Même quand ils ne seront plus en mesure de le faire.

Que le survivalisme serve à nous rendre autonomes et capables de vivre en l'absence du Système actuel, soit. Mais bizarrement, ces gens ne semblent pas envisager que le système de répression qu'est la police puisse disparaître ou qu'il perde considérablement de son efficacité. Ni que des gens sans ressources puissent être désespérés et commettre des crimes pour se nourrir, des crimes dont les survivalistes, possesseurs de réserves alimentaires par définition, seront la cible.

La réponse de ces gens, c'est de nourrir les affamés, pas de nous défendre de leurs attaques. Comment, combien, avec la nourriture de qui et qui travaillera à la produire? À ces question trop terre-à-terre pour leur vertu ostentatoire, ils ne répondent pas. L'important c'est d'être virtuellement vertueux, supérieurs aux autres et comme nous ne sommes pas encore dans une situation où des gens désespérés sont en recherche de "phat cats", leur système moral n'est pas mis à l'épreuve.

Bien entendu, en posant les questions "Comment, combien, avec la nourriture de qui et qui travaillera à la produire?" nous sommes automatiquement d'extrême-droite ou raciste ou néonazi parce que nous demandons comment implémenter leur supérieure vertu.

Ce genre de réaction indique une incompatibilité de paradigmes et un choix de continuer à adhérer à des paradigmes non-survivalistes. C'est leur choix, ils en ont la possibilité et peut-être ont-ils raison et nous, tort? L'avenir le dira. Toutefois, le chantage moral dont ils nous abreuvent indique toujours l'absence d'arguments et de raisons qui puissent être évaluées, mesurées et mises en pratique. Qui plus est, ils n'ont aucune idée eux-même quant à ce qu'eux peuvent faire pour améliorer le monde car tout repose sur des changements dans la société, c'est à dire chez les autres. Pratique, quand on veut critiquer sans se mouiller!

Si vouloir loger, nourrir, vêtir et tenir ses enfants au chaud en toutes circonstance, protéger jalousement nos ressources familiales et défendre sa famille des agressions non provoquées est une mentalité d'extrême-droite, alors j'en suis mais n'oubliez pas d'en qualifier aussi vos aïeux et ceux qui les ont précédés car ils faisaient pareil. Et regardez-vous dans le miroir parce que je ne vous vois toujours pas dans la rue en train de distribuer vos biens aux nécessiteux, ni recueillir les SDF dans votre maison et les laisser seuls avec vos enfants.

À la fin y'en a marre de tous ces pères-et-mères-la-Vertu. 

Au lieu de nous condamner en bloc pour ne pas améliorer le monde dans lequel nous vivons, travaillez donc à l'améliorer, pour faire changement. Discuter autour d'une coupe de vin de ce que les autres devraient faire pour que le monde ressemble à l'idée que vous vous en faites n'est définitivement d'aucune utilité pour réaliser ce changement.

En fait vous l'aimez tel qu'il est, ce monde, qui vous offre le luxe d'en parler avec philosophie. À 18 ans ça se comprend, après 30 ans, c'est du boboïsme.

Pssst: des likes sur Facebook, ça ne sert qu'à vous soulager, pas à changer quelque chose.

Le point de bascule

Le point critique de bascule, si j'ose dire, c'est notre représentation du monde.

Si notre représentation du monde n'est pas en harmonie avec nos activités, nos démarches ou nos objectifs, c'est l'échec assuré.

Le survivalisme n'est pas pour tout le monde. Il n'a jamais eu cette prétention d'ailleurs, bien qu'il soit ouvert à tous. Quand on vise à développer notre autonomie, ultimement (en théorie du moins), on vise à la développer au maximum de nos capacités. Cela ne signifie pas d'aller vivre à 200 km de toute habitation en Abitibi ou dans la région Nord du Québec. Par contre ça implique de tendre vers une autonomie complète, sans tout rejeter en bloc et sans se précipiter.

Aussi, je dis aux nouveaux survivalistes de bien s'évaluer avant de se lancer. Si vous vous intéressez au survivalisme afin de vous définir ou pour vous identifier à quelque chose, faites l'exercice de trouver les paradigmes auxquels vous vous rattachez et demandez-vous s'ils sont compatibles avec le survivalisme.

Ce que je vous dit là semble hautement théorique. Je parle néanmoins d'expérience car j'ai dû moi aussi faire tout cet exercice et j'ai dû me forcer à réévaluer mes certitudes morales. J'ai changé quelques axes de réflexions et de valeurs, j'en ai renforcés d'autres.

Beaucoup de nouveaux survivalistes finissent par abandonner leur démarche à cause de ce conflit de paradigmes dont ils ne sont même pas conscients.

J'ai pris l'exemple de l'autonomie dans la protection personnelle car c'est de loin le sujet le plus polémique mais c'est vrai pour bien d'autres aspects du survivalisme.

Avec cet article, je ne vous aurai pas donné les outils pour résoudre vos conflits de paradigmes et de valeurs mais au moins, vous pourrez les conscientiser. Après, tout est entre vos mains.

dimanche 9 novembre 2014

Day trip to Williston, Vermont, USA.

Chose promise chose due, j'ai amené ma famille manger au Texas Roadhouse de Williston, Vermont, USA.

Bien entendu, ce n'était pas qu'un voyage d'agrément: je trouve toujours moyen de joindre l'utile à l'agréable. J'en ai profité pour observer davantage la situation des USA à travers une petite ville banale.

Prologue

Lors du dernier séjour de Piero San Giorgio au Québec, mon ami Éric G. et moi sommes allés le reconduire à Boston où il allait assister à un événement familial.

En route nous nous sommes arrêtés au Powerhorn Gun Shop de Williston, Vermont. Trois survivalistes, avec deux jours à tuer, ça visite notamment des magasins d'armes!

Juste en face se trouvait le Texas Roadhouse et comme nous avions faim...

Bref, j'ai bien aimé et je me suis promis d'y amener manger Mme Victor, Mlle Chouette et Monsieur Sourire dans les semaines à venir. Voilà.

Williston, Vt.

Petite ville de 7000 à 8000 habitants sise en banlieue de Burlington, VT, Williston ressemble à beaucoup d'autres petites villes états-uniennes. Sa chance est de se trouver à moins d'une heure de la frontière canadienne et d'y recevoir les week-ends de nombreux québécois venus faire des achats. Cela dynamise l'économie locale mais évidemment on parle d'emplois dans le domaine du service donc des emplois de basse qualité.

Les nouveaux emplois créés aux USA sont
majoritairement de qualité médiocre

Bien qu'il y ait des poches de plus grande prospérité, les USA ne sont plus ce qu'ils étaient il y a cinquante ans. 

Ce pays a perdu une bonne partie de sa base industrielle donc des emplois bien payés. Cela résulte de la financiarisation de l'économie US dès les années 1980, financiarisation qui garantissait plus de profits sans devoir produire de biens donc sans devoir employer beaucoup de gens.

Les biens consommés aux USA, et ils s'en consomme des masses, sont désormais fabriqués en Chine où la main d'oeuvre ne coûte pas grand'chose. 

Certains secteurs comme la Sécurité, la Santé, l'Armement militaire et la Finance évidemment, se portent bien. Ainsi que les gun shops: plus on parle de restreindre l'accès aux armes à feu, plus de gens s'en procurent!

De plus en plus se manifeste un net clivage entre riches et pauvres: la classe moyenne étant en voie de disparition accélérée et on ne peut plus le nier.

Williston en est l'illustration parfaite: sur-représentation des grandes chaines de magasin (Walmart, Best Buy et cie) employant beaucoup de gens à petits salaires et à temps partiel, de moins en moins de petits commerces locaux, quelques banques aux allures austères et des restaurants qui emploient des jeunes.

Néanmoins beaucoup de locaux commerciaux sont vacants dans cette ville même si elle est un carrefour commercial important. 

La détérioration du tissu économique

La détérioration du tissu économique engendre toujours une détérioration du tissus social, du sentiment général de sécurité, de l'espoir et des rêves des gens.

Les états-uniens sont des rêveurs. Des rêveurs mais des rêveurs travaillants. Ils ont tous crus dans le passé au American Dream mais celui-ci s'efface et les gens le savent, désormais. C'était du flan et ceux qui ne croient pas encore que c'était du flan, ne croient plus possible de s'élever économiquement et socialement par la seule force de son travail "comme autrefois".

Le Vermont est un État rural avec une longue tradition d'autonomie et de débrouillardise. Ils sont les voisins et héritiers du New Hamphire, une des treize colonies originelles dont la devise est Live free or die: vivre libre ou mourir. Il ne fait pas de doute qu'un tel État soit résiliant dans un contexte de détérioration puisque les gens auront toujours besoin de manger et que le Vermont est producteur d'aliments.

Oui mais les autres...

Des (possibles) remèdes inadministrables

Les états-uniens sont en général allergiques aux impôts et aux taxes et à la trop grande taille de l'État.

Or, dans la situation actuelle se pose un énorme dilemme. La création d'emplois relève des investissements. Quand on parle d'investissements, on parle d'accumulation du capital. Celui-ci est de plus en plus contrôlé par quelques mains de moins en moins nombreuses

Ces gens qui possèdent les leviers économiques ne voient pas l'intérêt d'investir massivement leurs capitaux dans des entreprises de production industrielle aux USA car ils peuvent obtenir de meilleurs rendements ailleurs. Ou alors leurs avoirs sont placés dans le monde financier, qui donne de bien meilleurs rendements mais ne créent pas d'emplois. On l'a vu avec la "reprise" qui fait péter des records en bourse sans changer le taux d'inactivité de la population.

Les grands projets structurants ne peuvent donc pas voir le jour du fait de leur initiative.

Les gouvernements, Fédéral et d'États, n'ont pas de marge de manoeuvre financière et n'ont pas non plus la volonté de jouer un rôle structurant dans la relance de l'économie, très souvent pour des raisons idéologiques.

Peu importe nos orientations idéologiques, on doit regarder du côté de l'Allemagne honnie des années 1930, plus particulièrement sous la direction de l'infâme Chancelier Adolf Hitler.

En appliquant le contraire de ce que préconisent les théoriciens et idéologues US, appuyés par leur population à l'idéologie similaire, Hitler a transformé dès 1933 une Allemagne exsangue et en a fait, en quelques années seulement, un havre de prospérité qui profitait à tout le monde. Y compris aux juifs allemands!

Je ne dis pas que l'économie nationale-socialiste soit la solution aux problèmes économiques structurels des USA. J'affirme en revanche que leur modèle économique n'est plus en adéquation avec leurs paradigmes économiques et qu'à moins de changer de paradigmes, les USA ne s'en sortiront jamais. Ce que Monsieur Hitler a fait dans son pays, c'était un changement de paradigme et ce changement a sorti son pays de la misère dans laquelle il croupissait depuis 1919.

Il semble donc que peu importe les exemples du passé, les états-uniens soient enfoncés dans des paradigmes qui excluent d'emblée toute mesure de relance globale qui ne soit pas issue du privé. De toutes manières les mesures fédérales, l'Assouplissement Quantitatif (la planche à billets), ne profitait qu'à la Finance, ce qui n'a fait qu'accroitre la méfiance face aux mesures gouvernementales. L'AQ n'a donc que renforcé le paradigme idéologique économique des états-uniens!

Comme les états-uniens s'appauvrissent, démarrer une entreprise est de plus en plus difficile et l'accumulation de capital requise pour lancer des entreprises de production qui pourraient concurrencer la Chine est simplement inaccessible aux petites gens. On voit mal comment ils vont s'en sortir...

On voit ici les limites qu'une idéologie dominante impose aux populations qui l'ont intégrée.

Juste un petit mot en passant: c'est pareil pour les individus...

Bref... laissons de côté ces sujets graves et allons-y avec un peu de légèreté: ma vidéo sur ma visite à Williston, Vt!