dimanche 13 avril 2014

L'affaire Bundy Ranch, une générale pour miliciens et fédéraux

Ces dernières semaines une situation somme toute banale s'est développée au Nevada, US, en une crise sans précédent opposant We, the people, au pouvoir central états-unien, c'est à dire le gouvernement fédéral. Cette crise s'est soldée par la défaite du gouvernement fédéral états-unien qui n'a pas voulu risquer un affrontement qui aurait probablement, littéralement, mis le feu aux poudres.

Mise en contexte

Cliven Bundy
Cliven Bundy (#Bundyranch sur Twitter) est un rancher (éleveur) du Nevada dont la famille habite ce ranch depuis 1870.

Depuis leur établissement sur place en 1870, les Bundy comme bien d'autres familles du Nevada ont utilisées des terres pour faire paître leurs troupeaux devenues éventuellement terres publiques et propriété du gouvernement fédéral états-unien.

Plus de 80% du territoire du Nevada est de nos jours public land. Ces public land sont des parcs nationaux, des parcs publics, des aires protégées et des pâturages pour les éleveurs.

Il existe une très longue tradition d'élevage dans l'Ouest US et de nombreux films ont représenté cette tradition, bien que de manière très folklorique la plupart du temps.

Ces terres publiques sont gérées par le Bureau of Land Management (BLM).

En 1993 le BLM a décidé «de protéger une espèce de tortue», la tortue du désert, en modifiant les règles d'accès aux terres publiques pour les troupeaux. C'était la raison invoquée. Ce n'est probablement pas la vraie raison et nous verrons pourquoi.

Depuis lors les Bundy ont cessé de payer la redevance au BLM pour leur utilisation des terres publiques par leurs troupeaux. Les motifs: ce sont ses ancêtres mormons qui ont développées ces terres et non le gouvernement fédéral et la seule redevance qu'il accepterait de payer, ce serait au Clark County (une juridiction régionale) et non au BLM.

Il ajoute:
“Years ago, I used to have 52 neighboring ranchers,” he said. “I’m the last man standing. How come? Because BLM regulated these people off the land and out of business.”
Traduction: «Il y a bien des années, j'avais 52 voisins ranchers comme moi. Je suis le dernier homme debout. Pourquoi? Parce que le BLM a conduit ces gens à la faillite et et hors de leurs terres».

Les raisons pour refuser de payer la redevance au BLM sont donc politiques. Bundy comme bien d'autres se méfient du Big Government qui règne au loin et qu'ils considèrent étranger. Ce courant de pensée est très répandu dans les États US de l'ouest. Ces gens sont profondément attachés à leur terre mais aussi aux valeurs inscrites dans la Constitution US et celles liées à leur histoire. Ce sont des conservateurs, souvent très religieux, qui sont peu sensibles aux arguties juridiques et qui veulent protéger leur mode de vie. Ce sont des red necks, surnom employé ici de manière descriptive et non péjorative.

Cette redevance, après 20 ans d’arrérages et d'intérêts, se chiffre autour du million de dollars. 

Après des années de débats juridiques et quelques décisions judiciaires rendues contre Cliven Bundy, le BLM a décidé il y a quelque semaines de passer à l'action. Il a fermé l'accès à des zones de terres utilisées par les troupeaux de Bundy et il a saisi 300 têtes, majoritairement les siennes, afin de les revendre pour payer les redevances dues.

Et c'est là que les choses ont commencées à dégénérer.

Mobilisation contre les "feds"

Le fils Bundy attaqué par le chien lâché par les agents
Pour faire court, un convoi du BLM a été bloqué par le fils de Bundy et qui, refusant de laisser passer les camions, a été agressé par un chien policier lâché sur l'homme par un agent. Bundy fils s'est défendu de l'agression en frappant le chien et a été conséquemment tazé  deux fois.

La population locale a commencé à manifester son hostilité à ces "étrangers" et le BLM a évidemment fait venir des renforts, des agents armés jusqu'aux dents et même des blindés et des hélicoptères.

Les fédéraux ont commencé littéralement un siège de la ferme et ont établi un cordon de sécurité autour des lieux.

Dès que la nouvelle a été connue, un mouvement populaire s'est organisé pour venir en aide à la famille Bundy.

La population sympathisante s'est mobilisée pour venir l'appuyer et pas seulement que la population.

Des milices de partout aux USA ont décidées aussi de sortir en tant que milice et d'aller appuyer Bundy sur place, avec armes et bagages.

Aux USA il est légal pour les citoyens de s'organiser en milices de volontaires, de s'entraîner et de disposer d'armes modernes. Ces milices sont généralement très conservatrices et extrêmement méfiantes du gouvernement fédéral.

En haut: Sniper et spotter du BLM tenant en joue
les protestataires
En bas: Sniper et spotter miliciens en position de tir vers les
forces paramilitaires du BLM.
Ces miliciens se sont déployés autour des forces du BLM.

Quand il a été su que des snipers du BLM avaient été déployés pour intimider des protestataires, les miliciens ont aussi déployés les leurs.

Les protestataires ont été regroupés par les agent du BLM dans des "First Amendment Areas", des zones de liberté d'expression. Le  1er Amendement de la Constitution US garantit la liberté d'expression mais ne fait aucune mention de territorialité.

Or, en délimitant une zone dans laquelle les gens pouvaient exercer leurs droits et pas ailleurs, on consacre du même coup l'idée que les droits constitutionnels ne sont pas valides partout et en tout temps sur le territoire US mais seulement aux endroits que les autorités désignent. Cette mesure a été validée par la Cour Suprême des États-Unis...

Hier, 13 avril 2014, devant l'escalade en cours, le BLM a littéralement fait une reddition sans conditions. Il a levé le siège et accepté de rendre tout le bétail.

Le Sheriff du Comté de Clark, Douglas C. Gillespie, a en effet annoncé que le BLM se retirait, remettait tout le bétail saisi à son propriétaire et acceptait même que les bêtes puissent retourner paître comme avant sur les terres en question! Statu quo ante.

Les supporteurs de Bundy se sont alors dirigés vers les agents du BLM afin de libérer les troupeaux captifs, ce que voyant le BLM a fait savoir qu'il allait tirer à vue sur ceux qui tenteraient de libérer les bêtes.

Le Sheriff a calmé le jeu et la tension à baissée.

La crise est terminée. We, The People 1 - Gouvernement fédéral US 0.

Questions en suspend

Pourquoi ce retrait humiliant pour les agents du gouvernement? Officiellement c'était pour rétablir la paix et éviter les pertes civiles. Ce n'est pas du tout dans la ligne de pensée normale de ce gouvernement.

Il court toutes sortes de rumeurs dont l'évincement des fermiers locaux pour faire de la fracturation en vue d'extraire du pétrole du sol (aux USA, les gens sont propriétaires du sous-sol comme de la surface). C'est plus que plausible puisque le BLM vient de récolter 1,27 millions de dollars en redevances de bails de concessions de fracturation hydraulique!

En 2012, la Chine, à travers des prête-noms locaux, voulait installer un réseau de panneaux solaires afin de produire de l'électricité sur ces mêmes terres.

Il semble donc possible et plausible que le BLM ait agi pour le bénéfice d'intérêts privés et au détriment des locaux.

Observations

À propos des USA, on parle beaucoup des milices (toujours qualifiées d'extrême-droite) et du conservatisme des états-uniens du centre du pays. Néanmoins on ne les a jamais vues à l’œuvre dans un affrontement direct et à découvert face aux troupes fédérales, avec un risque élevé de violence.

C'est maintenant chose faite. De très nombreuses milices et de très nombreux miliciens ont répondu à l'appel. Les milices patriotiques ont prouvées qu'elles avaient la volonté et la capacité de mobiliser leurs troupes et de répondre à l'appel.

Bien sûr elles se sont déjà opposées aux forces de l'État, comme à Phoenix pendant les événements d'Occupy:


Mais elles faisaient plutôt de la dissuasion que de l'intervention.

Cette fois-ci c'est différent: on sentait la résolution des citoyens-miliciens de même que celle des citoyens armés et à cheval venus prêter main-forte aux Bundy.

Il n'est pas étonnant que les feds aient reculés et cédé le terrain, malgré la loi qui leur donnait raison et deux jugements de cour qui leur donnaient droit et légitimité, juridiquement parlant, d'agir comme ils ont agi.

Il est plus que probable que des ordres venus d'en haut, de très haut, soient arrivés pour les sommer de se retirer. Cet incident est en effet venu tester la résolution des patriotes états-uniens, c'est à dire les fidèles de la Constitution. Force est de constater que les patriotes et les milices ont tenu le coup en étant prêts à tirer les premiers coups de feu de la 2ème Révolution Américaine.

Le retrait fédéral, sage dans les circonstances, démontre que le gouvernement des États-Unis n'est pas prêt à livrer une guerre civile qui commencerait par un mouvement sécessionniste rapide et brutal après des affrontements armés et sanglants. Il n'y est pas prêt car il n'est pas certain du tout de la gagner et plus encore, une guerre civile viendrait ruiner totalement et le dollar, et les approvisionnements des USA, et son statut de Superpuissance capable de dicter ses volontés sur toute la planète.

N'oublions pas que les États ont des Gardes Nationales, des armées d'État équipées souvent des surplus désuets des forces armées, navales et aériennes US mais composées de patriotes ayant servis dans l'armée US. Ces Gardes Nationales pourraient très bien être mobilisées contre des agents fédéraux qui viendraient régenter d'un peu trop près les affaires intérieures des États.

Une chose est certaine, le 13 avril 2014 est une date importante dans l'histoire US et elle fera tache d'huile, sans l'ombre d'un doute.

MISE À JOUR 2014-04-14:

Il semble qu'au Texas on vive aussi le même genre d'agissements du BLM qu'au Nevada:
http://gopthedailydose.com/2014/04/11/not-just-nevada-blm-land-grabbing-90000-deeded-acres-in-texas-too/

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Récapitulatif des événements par David Knight, correspondant d'InfoWar


Le survivalisme pour les femmes

Note préliminaire

J'ai commencé à écrire cet article il y a plusieurs semaines et avant d'avoir lu Femmes au bord de la crise, de Piero San Giorgio

Voilà bien longtemps que je voulais écrire sur le sujet et la sortie de ce livre m'a incité à finalement me commettre.

Il se peut que je touche des sujets mentionnés dans ce livre, ou l'inverse, que je tienne des propos similaires à ceux qu'on y trouve, ou l'inverse, que j'aie des positions similaires ou opposées.

Connaissant Piero comme auteur et comme ami, je sais qu'il ne fait jamais de travail bâclé et qu'au contraire ses écrits sont toujours extrêmement  bien fouillés et documentés.

Ayez seulement en tête que vous lisez ici un article et par conséquent, ce n'est pas le medium approprié pour faire de longs développements.

Après avoir rédigé cet article je lirai Femmes au bord de la crise et je ferai dans les semaines à venir une revue de ce livre.

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Le survivalisme tel que généralement représenté exerce une très faible attraction sur les femmes. À moins de chercher des informations sur le survivalisme, le homesteading (la vie de Base Autonome Durable ou BAD), la préparation, les informations qui touchent spécifiquement les femmes (la "littérature féminine") n'en parlent pratiquement pas, d'où les faibles possibilités qu'ont les femmes d'entrer en contact avec le survivalisme contemporain. Tout ce qui reste c'est l'idée que les médias mainstream en font: des trucs de red necks du Mid West états-uniens, avec des bunkers et des armes qui débordent des entrepôts.

Dans un tel contexte les femmes ont peu accès à de l'information sur le survivalisme et quand elles y ont accès, elles sont rebutées par l'image qui s'en dégage.

C'est tout à fait normal. Cela tient à nature de la femme comme à celle de l'homme. Attention ici: on aborde des généralités qui, je tiens à le préciser, supportent parfaitement bien des exceptions. 

Postulats

Contrairement à ce qu'on tente de nous faire croire à travers les médias et les groupes de pression, les hommes et les femmes ne sont pas pareils et il existe des sujets, des façons de faire et de penser, des approches qui touchent exclusivement ou principalement les hommes et des sujets, des façons de faire et de penser, des approches qui touchent exclusivement ou principalement les femmes.

Question "philosophique": l'homme et la femme sont-ils égaux? S'il ne sont pas pareils, ils ne sauraient être égaux. Hommes et femmes ont leurs forces et faiblesses respectives. S'ils ne sont pas égaux en revanche ils sont aussi importants l'un que l'autre, et cette importance est, à bon escient, constitutive d'égalité juridique.

Examinons ces inégalités complémentaires.

L'homme est généralement plus visionnaire (donc rêveur) que la femme. Il se projette plus facilement dans des situations fictives et envisage donc plus facilement des choses qui n'existent pas encore, que ce soient des inventions ou des situations.

La femme quant à elle vit davantage dans le concret, dans le réel. Elle est plus tournée vers le bon fonctionnement des choses actuelles réelles.

L'homme "objectivise" les choses, c'est à dire qu'il lui est plus facile de contempler une situation de loin, sans s'inclure alors que la femme les "subjectivise", c'est à dire qu'il lui est plus facile de se situer et de se positionner avec sa réalité dans une situation qu'elle envisage. 

L'homme veut plus, la femme veut mieux. Dans l'achat d'une maison, l'homme regardera plus les potentialités alors que la femme s'attardera à l'état réel des lieux et ce qu'elle peut faire avec cet environnement. La femme a besoin de cohérence donc de stabilité, l'homme de possibilités.

Précisions importantes: on a longtemps présentées les femmes comme étant des êtres irrationnels alors que des deux sexes, ce sont elles qui sont plus axées sur la cohérence! Il serait temps de remettre les pendules à l'heure.
Anciennement l'homme blanc occidental de bonne famille était le cadre de référence et tout ce qui s'en éloignait était médiocre. La femme était conséquemment un homme diminué, donc médiocre. Mais ça c'était avant. Depuis qu'on a compris que l'homme et la femme pensent, ressentent et envisagent les choses différemment, il est enfin possible de disposer de deux échelles de "mesures", ayant chacune ses axes propres, donc de légitimer la pensée masculine ET la pensée féminine.
Le mouvement féministe, surtout chez les radicales, tente d'inverser les choses et d'instaurer une échelle unique de comparaison qui soit féminine. C'est aussi stupide et idéologique que dans les temps anciens où c'était l'homme bien né qui était l'étalon de mesure.

Un couple, une famille qui fonctionne bien, c'est un couple ou une famille qui agit de concert et pour cela, il faut une volonté commune et l'accord des deux. On ne va nulle part quand on ne va pas dans la même direction.

Voilà les bases de ma réflexion, lesquelles sont fondées sur mes observations, mes lectures, mes recherches et mon expérience.

Non la femme n'est pas un petit oiseau qui piaille des choses insignifiantes et non, l'homme n'est pas un adulte immature qui agit comme un enfant qui se croit invincible.

Le faible attrait du survivalisme chez les femmes

Les bases ayant été posées, regardons l'attrait du survivalisme chez les femmes.

Le survivalisme attire traditionnellement moins les femmes au premier abord en ce qu'il est généralement dans la projection (pessimiste) vers l'avenir. On se prépare à une catastrophe naturelle. On se prépare à une crise économique. On se prépare à une épidémie. Tout cela est hypothétique et bien peu en adéquation avec la réalité du moment. Qui plus est ce discours survivaliste très années 1950 ou 1960 ne parle de que compenser la détérioration de nos modes de vie par des expédients. On échange la maison pour un bunker. Pas très attrayant pour les femmes.

On peut être convaincu qu'un jour un astéroïde dévastateur frappera la Terre. Ça s'est déjà vu plusieurs fois dans le passé. Toutefois les probabilités que ça arrive à l'échelle d'une vie humaine sont minimes et pourtant il y a plusieurs survivalistes (très majoritairement hommes!) qui s'y préparent.

Pour la femme qui allaite son bébé par exemple, ça ne soulève absolument aucune passion: elle est davantage préoccupée par son enfant avec qui elle a une relation quasi-fusionnelle que par un gros caillou qui peut-être un jour nous frappera, ou pas. L'enfant est là, dans le présent, et il doit boire, il doit être dans des couches propres et il doit être en santé. Le caillou attendra, la réalité concrète commande.

La femme qui n'a pas encore eu d'enfant envisagera souvent le moment où elle en aura un et se révèle elle aussi généralement assez peu sensible à l'argument de l'astéroïde. Elle préfère appréhender sa vie présente et sa suite immédiate.

Je grossis les traits mais c'est tout de même conforme aux différences de conception de la vie selon les sexes.

Il y a pourtant des femmes survivalistes

Oui! car elles sont tombées sur une définition intelligente du survivalisme, qui allie à la fois projection dans l'avenir et cohérence avec le présent.

Il s'agit du survivalisme comme démarche de développement et de maintien de l'autonomie. Ce survivalisme, parfois appelé prepping ou "néosurvivalisme", allie la projection dans l'avenir et la sécurité du maintenant pour maintenant et plus tard.

Ce survivalisme contemporain met l'accent sur l'adaptation du mode vie afin de réduire la vulnérabilité face aux défaillances des systèmes de support et non la simple mise en place de plans de secours une fois que les situations perturbantes sont arrivées.

Il n'est plus question d'expédients pour "quand ça arrivera". Il est question d'aménager la vie actuelle, son confort, ses facilités, pas de les sacrifier. Car n'oublions pas une chose essentielle: les questions pratiques sont l'apanage des femmes. Si la vie des premiers colons peut faire rêver les hommes, les femmes elles demanderont si la machine à laver est comprise dans la cabane en bois rond au fond des bois, car l'homme n'aura généralement pas d'abord pensé à "des questions aussi superficielles". En survivalisme c'est la même réaction.

Le survivalisme contemporain axé sur l'autonomie prône la vie "survivaliste" c'est à dire le plus autonome possible en tout temps et sans attendre d'événements perturbateurs. Cette vie "survivaliste" ne fait pas abstraction du confort et des facilités d'approvisionnements de toutes sortes, elle les maintient et mieux encore, les sécurise. Un mode de vie prévoyant qui assure le nécessaire pour maintenant et pour demain, voilà aussi qui parle aux femmes.

Plus les années passent plus les gens réalisent la fragilité de nos systèmes. Les femmes n'y font pas exception car elles sont majoritairement les premières à constater la rareté grandissante de la nourriture, les prix plus élevés des denrées, la détérioration de la qualité de aliments, la cherté grandissante de la vie.

Fanfaronnades et vulnérabilités, mais ça c'était avant

Les hommes, c'est connu, aiment crâner. Contrairement à ce qu'on pense, ce n'est pas seulement pour impressionner les filles, c'est aussi pour se définir et surtout s'obliger à agir comme ils s'en vantent quand ils crânent. Un homme qui ne prétend jamais être capable d'affronter un criminel ne se sentira pas obligé de le faire le moment venu. Par contre celui qui le dit, se sentira obligé de passer par dessus sa peur et d'agir pour être en conformité avec ce qu'il dit de lui-même. Ces crâneries sont en fait une construction de l'identité masculine.

D'un autre côté il est de bon ton de nos jours pour une femme de prétendre pouvoir se passer des hommes. En fait, elles ne peuvent le dire que parce que nous vivions dans des environnements sécuritaires et bien approvisionnés. Les femmes sont beaucoup moins portées à la violence brute ou aux affrontements. Que la situation sécuritaire ou économique se détériore et bien des femmes n'oseront plus sortir seules.

L'ancienne forme du survivalisme, la forme originale, mettait beaucoup l'emphase sur "j'ai et je défends". La version contemporaine en revanche est fondée sur bien d'autres facteurs et d'autres valeurs dont la production alimentaire préalable à "la" catastrophe, le réseau social, l'échange des surplus, l'entraide, la coopération et bien évidemment l'autonomie familiale.

Si l'ancienne forme de survivalisme rebutait les femmes la nouvelle au contraire leur parle car elle fait une place importante voire centrale à plusieurs dimensions féminines, dont beaucoup de côtés pratiques et de choses concrètes.

Mais plus que tout ça, elles se sentent à leur place dans le modèle contemporain du survivalisme. Et quand je dis "à leur place", je ne sous-entends pas "à la cuisine". Elles se sentent à leur place dans l'ordre des choses, elles sentent que le survivalisme bien compris s'adresse à elles.

Messieurs

Je reçois à chaque mois une ou plusieurs questions de la part d'hommes survivalistes me demandant des trucs pour amener leur femme, conjointe, petite copine, à s'intéresser au survivalisme et à y investir du temps.

Présentez-leur le survivalisme contemporain!

Ma femme était très réticente face à la Préparation et si elle me laissait aller sans tenter de me décourager, elle n'en voyait pas fondamentalement le besoin. Puis...

"Bon, d'accord, des réserves de nourriture à longue conservation, ce n'est pas du gaspillage puisqu'on va la manger quand même."

"Bon, d'accord, stocker de l'essence ce n'est pas perdu, ça peut servir si on se retrouve encore dans une crise comme celle du verglas".

"Bon d'accord, une arme à feu c'est pas mon truc mais si ça peut lui plaire, c'est un loisir comme un autre". Plus tard: "eh mais c'est cool, en plus je touche ma cible à chaque coup!"

Après toutes ces années, ma femme ne se qualifie toujours pas de survivaliste mais elle ne manque pas une occasion de m'indiquer qu'elle a pensé à quelque chose qui améliorerait notre préparation. Pas survivaliste, ma femme? Ya right!

Elle n'est pas survivaliste comme moi, elle l'est comme elle.

C'est cela qu'il faut retenir.

Nous avons même entre nous notre blague d'initiés: quand je veux acheter du matériel survivaliste un peu onéreux, je lui en parle et elle me répond souvent "d'accord mais ça vaut x paires de chaussures pour moi!". 

J'en profite pour ajouter que même si beaucoup de féministes et de gauchistes épidermiques me méprisent et me haïssent avec la plus grande énergie, m'accusent de vouloir retourner les femmes à la cuisine, voire d'être un phallocrate batteur de femmes, etc., dans les faits, je suis un homme macho tel que défini par Alain Soral soit:
Gros con pitoyable dont on a dit depuis trente ans tout le mal possible, mais aussi : mâle pudique à l'ancienne qui respectait sa mère, protégeait sa femme et se sentait responsable de ses enfants, soit le contraire de la demi-fiotte actuelle, si fragile et toujours à sa propre écoute, dont les femmes avouent avoir de plus en plus de mal à se satisfaire...
Je reconnais être cela et plus: je suis aussi le cuisinier en titre de la maison qui prépare 90% des repas familiaux, ma femme n'a jamais lavé le plancher une seule fois (ou peut-être une fois mais certainement pas deux), je lave mes vêtements moi-même, je ne donne pas le bain à mes enfants mais j'ai initiée mon aînée aux armes à feu quand elle avait quatre ans et demi, sous étroite supervision évidemment mais je veux qu'elle apprenne à se défendre. Quant aux dépenses d'acquisition, je demande toujours à ma femme car nous avons un compte conjoint et que notre argent c'est l'argent de la famille, pas le mien ni le sien propre. Idem pour les grandes décisions familiales qui sont prises conjointement ou pas du tout. C'est la famille qui est impliquée, c'est la famille qui décide, enfin, les personnes en charge de cette famille. Oui j'exerce du leadership dans notre famille, c'est dans mon tempérament et dans ma nature, mais ma femme a un droit de véto. Parce qu'elle est une personne, parce qu'elle partage sa vie avec moi et qu'elle est la mère de mes enfants.

Survivalisme au féminin

Ça n'existe pas, pas plus qu'il n'existe de survivalisme "au masculin". Le survivalisme actuel fait part égale aux besoins et aux préoccupations typiques de l'homme et de la femme et c'est ce qui fait sa force: son équilibre. On voit par ailleurs aux USA une multitude de blogues survivalistes très intéressants et très populaires qui sont tenus par des femmes.
Il est normal pour les hommes de s'intéresser aux aspects du survivalisme qui touchent plus les hommes. Toutefois ce n'est pas ainsi que vous attirerez des femmes dans le survivalisme.

Quant aux femmes qui sont venues au survivalisme d'elles-mêmes malgré les odeurs et les apparences de testostérone, chapeau, vous êtes des visionnaires parce qu'il n'est pas facile de dépasser les apparences. 

Maintenant, répandez vos convictions, les femmes doivent aussi se "survivaliser".


dimanche 6 avril 2014

Équipements furtifs à porter sur soi (EDC)

Beaucoup de gens portent des EDC dans une pochette de ceinture ou encore dans un sac à dos ou même un attaché-case qu'il amènent toujours avec eux. D'autres les laissent dans la voiture.

Cet EDC peut s'avérer crucial dans certaines circonstances, selon sa composition et les circonstances elles-mêmes bien entendu.

Dans le même ordre d'idée beaucoup de survivalistes emportent aussi une lame sur eux, comme élément essentiel de leur EDC. Les bisounours pousseront des cris d’orfraie à l'idée que des gens sortent "armés" mais ce sont des bisounours donc l'ordre des choses est respecté.

Plus prosaïquement, les porteurs de lame sont-ils armés?

Arme ou équipement?

Pour un survivaliste qui se respecte, une "arme" est avant tout un outil. Une hache peut servir à abattre un arbre comme à défoncer un crâne.

Un couteau peut servir à poignarder une personne ou à la secourir. 

Dans la plupart des pays francophones, il est illégal d'être armé. La loi peut proscrire une pièce d'équipement nommément ou proscrire le principe de la défense armée.

Au Québec c'est le droit criminel canadien qui proscrit le port d'une arme quelle qu'elle soit. Et qu'est-ce qu'une arme? C'est un objet dont on a l'intention de se servir contre une autre personne.

Qu'en est-il si je porte un couteau dans le quotidien au Québec, par exemple? 

Cela dépend de l'intention du porteur. Si on porte un objet pour éventuellement se défendre, c'est un port d'arme donc c'est illégal.

En revanche le même couteau porté pour faire face aux aléas de la vie (secours, outil d'ouverture de boites, etc.) ce n'est plus une arme car son porteur n'a pas l'intention de s'en servir comme telle.

Oui c'est con. C'est du droit britannique.

Autre exemple. Le gaz-poivre est une arme prohibée. Point. Par contre il est tout à fait légal d'en porter sur soi si on le porte pour se protéger en ville des chiens ou, en forêt, des ours. Il faut pour cela porter du gaz-poivre sur la bouteille duquel on trouve la mention "protection contre les chiens" ou "contre les ours".

Avec un contenant de gaz-poivre conçu contre les animaux et son porteur qui s'en est procuré pour se défendre contre les attaques d'animaux, il est légal d'en porter sur soi. 

Oui, c'est très con. C'est britannique...

Porter quelque chose

On se retrouve avec trois possibilités : 

1) on porte un objet qui est manifestement un outil, qui est légalement autorisé et qu'il est légitime de porter
2) on porte un objet qui peut être défini comme une arme mais qui peut aussi servir à autre chose, selon l'intention de son porteur
3) On porte un objet qui est manifestement une arme et on viole là loi.

Je recommande en tout temps et en toutes circonstances de respecter la loi: un survivaliste en prison n'est plus autonome et n'aide pas sa famille à maintenir son autonomie, c'est la base de tout.

Évidemment, porter un objet qui peut être reconnu comme une arme est sujet à interprétation. Le couteau Opinel est génial pour trancher un saucisson mais pas trop pour frapper d'estoc. Arme ou pas? Cela dépendra de l'humeur du flic.

Pour éviter ce genre d'emmerdes inutiles, on aura recours à des équipements qui sont furtifs c'est à dire qu'on ne verra pas/trouvera pas facilement ou encore qui ne seront pas reconnus de prime abord comme étant des armes, puisqu'ils n'en sont pas.

Voici donc trois objets: lame de rasoir, lame format carte de crédit et stylo tactique.

Lame de rasoir

Tout le monde sait ce que c'est. C'est une lame très coupante, pas très dure donc s'use rapidement, qu'on utilise dans un rasoir à main.

Ces lames peuvent servir à des coupes de précisions. Par exemple: le pied d'une personne est écrasé et vous devez retirer une chaussure pour arrêter une hémorragie importante. Avec une telle lame vous pouvez découper le contour de la chaussure au lieu de délacer et bouger la chaussure, une manoeuvre qui sera très douloureuse.

Cette lame se glisse aisément dans un portefeuille et comme elle est très mince, elle ne fera pas de bosse et n'attirera pas l'attention.

Coût: environ un dollar (moins d'un euro)

Lame format carte de crédit

C'est une lame repliée et qui une fois dépliée forme un couteau avec un manche très court.

En format replié ce petit couteau a la forme d'une carte de crédit.

Une fois dans le portefeuille si on ne cherche pas spécifiquement une lame on ne trouvera pas, spécialement si le plastique du manche (noir) est peint aux couleurs d'une carte de crédit connue.

Bien que ce soit du plastique et, disons-le, une lame de qualité moyenne, ce petit couteau est tout de même assez robuste.

Coût: d'un à trois dollars (de moins d'un euro à deux euros).

Le stylo tactique

Le stylo tactique est probablement la pièce d'équipement la plus furtive et la moins contestable.

Un stylo est un stylo. Il sert à écrire. Il est tout à fait légitime et normal de porter sur soi un stylo. En ce sens il peut difficilement être qualifié d'arme par destination.

En même temps ce stylo est fait d'un métal dur et épais qui ne se déformera pas suivant un impact et peut donc servir d'arme d'estoc. Si en plus ce style a une extrémité destinée aux impacts nous obtenons un outil du quotidien parfaitement légitime et utile (pour écrire) ET une arme défensive qui permet de frapper.

Un de mes stylos tactiques est le modèle illustré, avec une couronne. Cette couronne sert à plusieurs usages.

Elle est assez dure pour frapper mais elle peut aussi servir à agripper la peau d'un agresseur et si celui-ci se débat et cherche à échapper à la prise, sa peau se déchirera. L'autre extrémité (la pointe à bille du stylo) peut servir aussi bien à écrire qu'à frapper. Bien sûr la cartouche ne survivra pas à l'impact dans ces conditions!

Furtivité

La furtivité s'obtient de deux façons: par dissimulation ou par camouflage.

Dans le cas des deux lames citées plus haut, l'une est furtive par dissimulation (lame de rasoir glissée dans une pochette du portefeuille), l'autre l'est par dissimulation (lame pliable glissée dans une pochette du portefeuille) ou par camouflage (lame pliable glissée dans une fente de carte de crédit), surtout si on peint cette lame aux couleurs d'une carte de crédit.

Quant au stylo tactique, sa furtivité réside dans le camouflage de sa fonction "arme défensive" en un outil d'écriture tout à fait courant.

Armes par nature ou par destination?

Une lame est une lame. Une dague est par nature une arme. Un cutter rétractable n'est pas une arme par nature mais peut en devenir une par destination, c'est à dire en s'en servant d'une manière différente que l'usage auquel il était destiné lors de sa conception ou de son achat.

Un couteau pliant format carte de crédit auquel on n'accède pas rapidement fait-il de son propriétaire un criminel portant une arme prohibée? Pour le Canada, non, du moment qu'il sert d'outil dans l'esprit de son porteur.

Un policier qui vous arrête, s'il trouve ce couteau, pourra tenter de vous coller un port d'arme et il sera facile de lui faire entendre raison ou à tout le moins au juge: si vous portiez une arme pour vous défendre, elle serait plus ergonomique, maniable et surtout accessible rapidement. À la lumière de ces circonstances on peut difficilement dire qu'il s'agit dans votre esprit d'une arme pour vous défendre.

Idem pour la lame de rasoir.

Quant au stylo tactique il est difficile là aussi de parler d'arme prohibée. C'est avant tout un stylo et vous pouvez passer votre vie à écrire avec sans devoir vous en servir une seule fois pour vous défendre.

Porter des outils furtifs?

Selon la législation de votre pays, la réponse peut varier.

Chose certaine si vous portez un outil furtif tranchant avec l'intention de vous en servir comme arme et uniquement comme arme, c'est à mon sens un acte illégal dans tous les pays francophone et je réprouve la violation de la loi, même si cette loi vient nier le droit pour toute personne de pouvoir défendre sa vie.

Certains pays prohibent le port d'une lame, vous savez alors à quoi vous en tenir.

Par contre un stylo tactique est une excellente alternative mais attention si vous commettez un crime avec cet outil car il sera automatiquement... signé (!).