dimanche 22 mars 2015

Faire son pain: du bon survivalisme

Pourquoi faire son pain alors que les commerçants se fendent le c.. à nous en vendre déjà fait, sans se salir les mains et sans devoir laver des bols et des tasses à mesurer?

Pour plusieurs raisons toutes aussi importantes les unes que les autres.

Cet article ne vous enseignera pas à faire du pain. Une petite recherche sur Google avec le descripteur "faire son pain" vous apportera 1,2 millions de résultats. Si vous tapez "recette de pain", c'est plus de 8 millions de hits que Google vous sortira.

Ça serait donc assez insignifiant de rajouter une huit millions unième recette.

Il est beaucoup plus intéressant par contre d'inciter les gens qui me lisent à se mettre à la fabrication de leur pain en vertu des immenses bénéfices retirés en termes d'autonomie et d'économie. C'est le but de cet article, cela et vous indiquer les possibilités.

Aliment de base, aliment civilisationnel

La civilisation occidentale s'est érigée autour du blé et du pain, aliment de base de toutes les populations européennes pendant des siècles.

Si de nos jours le pain est souvent devenu un accompagnement du plat principal, dans un passé récent il était l'aliment central du repas, les viandes et légumes étant souvent un accessoire.

Même si nous ne mangeons plus comme nos ancêtres il demeure que le pain a une résonance spéciale à nos oreilles. "Gagner son pain", "Donnez-nous aujourd'hui notre pain quotidien", "rompre le pain", "travailler pour une bouchée de pain", "mettre du beurre sur son pain", "Compagnon" (du latin cum panem, avec qui on partage le pain), sont toutes des expressions qui dénotent l'importance alimentaire mais aussi culturelle du pain.

Le pain est un repère culturel mais aussi psychologique pour l'écrasante majorité des occidentaux. À ce titre, sa disponibilité en toutes circonstances constitue une sécurité alimentaire et affective dans les temps de perturbation et quand la Distribution n'est plus en mesure d'assurer nos approvisionnements. Nous éprouvons tous un grand plaisir et un confort certain quand on mange du pain chaud à peine sorti du four et sur lequel on fait fondre du beurre salé.

Pour sécuriser cet approvisionnement important, il n'y a qu'une seule solution: faire soi-même son pain, dès maintenant. Car le pain est important.

Pourquoi le faire dès maintenant

Beaucoup de gens ne consomment que très peu de farine, de deux à quatre kilos par année. 

Pour ces personnes, si demain matin les approvisionnements étaient rompus et qu'ils devaient eux-même faire du pain, ils ne disposeraient que d'environ 3 à 6 pains de 750 gr. et après, ce serait terminé pour le pain.

De plus, la farine blanche commence à se détériorer après un an et après deux ans, elle a perdu beaucoup de ses qualités. Pour la farine de blé entier bio, c'est après quelques semaines seulement qu'elle perd ses propriétés. La farine de blé entier non bio se conserve en revanche au moins six mois. 

Si vous êtes un puriste, vous stockerez alors des grains de blé. Ceux-ci se conservent facilement 25 ans tels quels, sans traitement, s'ils sont entreposés au frais et au sec et à l'abri de la vermine.

Chez ceux qui consomment peu de farine, il est courant que leur farine dépasse la limite de conservation optimale. Cette farine change de goût et perd ses qualités nutritives, cela quand les vers à farine n'ont pas commencé à y faire la fête.

J'ai testé la conservation de la farine de blé entier dans du mylar et sans oxygène. Cette farine est restée entreposée une trentaine de mois et je n'ai pas vu de différence de goût. Je ne peux évidemment pas mesurer les qualités nutritives de cette farine. L'absence d'oxygène toutefois allonge définitivement la conservation. Attention: cette farine doit être aérée avant d'être mesurée car elle est comprimée par la pression négative d'air dans le sac.

En revanche ceux qui font leur pain achètent régulièrement leur farine à coup de 10 kg, voire plus. 

Chez nous, ce sont des sacs de 20 kilos que nous achetons, en farine blanche et de blé entier.

En tout temps, nous avons au minimum 30 kg de farine à la maison, de quoi faire jusqu'à 54 pains de 750 gr.. 30 kg, c'est le seuil minimal en deçà duquel on ne descend jamais. 30 kg, c'est le signal qu'il faut combler nos réserves avec 80 kg de farine supplémentaire.

Notre autonomie en pain est de ce fait considérablement supérieure à ceux qui achètent leur pain au supermarché. À pleine capacité, nous avons entre 100 et 120 kg de farine. Cela nous procure de 180 à 215 pains.

Puisque nous faisons tout le pain que nous mangeons, nos farine n'ont pas le temps de rancir. 

Enfin, dernier avantage à mentionner: vous pouvez faire les types de pain que vous voulez.

Faire son pain, c'est faire des réserves

Faire son pain, c'est faire des réserves abondantes de farine. Si vous stockez en tout temps 40 kg de farine, c'est 40 fois 3300 à 3400 calories, ce qui équivaut à 40 jours de travail physique pour une personne ou jusqu'à 80 jours pour des personnes oisives.

C'est 40 jours d'alimentation supplémentaire pour une personne, donc 40 jours d'autonomie de plus, qui s'additionnent aux réserves alimentaire déjà stockées.

C'est aussi disposer d'un aliment facile à préparer, qui réchauffe le cœur et qui a une saveur unique.

Farine - sel - eau

La recette est simple et ultimement, dans sa plus grande simplicité, il ne faut que trois ingrédients: de la farine, du sel et de l'eau. Ce sont trois choses qui se stockent aisément.

Il est toutefois plus courant d'y ajouter du sucre (stockable) et parfois de l'huile (stockable) ou des œufs (pas stockables mais "pondables" ^^).

Vous ne ferez pas lever de pâte avec seulement ces trois ingrédients de base mais deux entre eux combinés et laissés à l'air libre vous permettront de fabriquer du levain.


En mélangeant de la farine et de l'eau vous formerez une pâte que vous laisserez travailler pendant quelque jours à l'air. Cette pâte sera "contaminée" par des levures naturelles présentes dans l'air et après quelques jours et quelques ajouts de farine et d'eau, vous aurez un levain. C'est la méthode la plus simple mais il en existe d'autres. Source

Ensuite, vous mélangerez votre farine, une partie de votre levain, de l'eau et du sel pour faire votre pâte à pain.

Évidemment il est possible d'utiliser des levures sèches du marché (stockables). Quand on achète en grande quantité (à la livre ou au kilo), on en trouve pour environ 5$ et on en a pour très longtemps. Toutefois en cas d'indisponibilité des levures du commerce, vous savez que vous pouvez faire votre levain vous-même, donc votre pain.

La fabrication du pain est un travail physique qui demande du temps. La pâte soit être pétrie suffisamment longtemps afin de la rendre élastique et de lui permettre de mieux gonfler. Il existe aussi des recettes de pain sans pétrissage.

Pour ceux qui ont besoin de faire un pain à chaque jour, cette tâche peut devenir fastidieuse.

Pour les fainéants

Heureusement, nous vivons dans un monde technologique et énergétique et il existe des solutions pour les gens qui, comme moi, sont paresseux.

Si on peut faire le pain à la main au prix de temps et d'efforts physiques, on peut aussi utiliser des machines pour faire le plus gros du boulot. 

Pourquoi dépendre de machines? Si vous savez faire le pain à la main et que vous pourriez en faire demain matin, il n'y a pas de mal à utiliser des machines qui vous libéreront du temps et de la dépense d'énergie corporelle pour faire le même travail. Utiliser des machines ne constitue alors plus de la dépendance mais plutôt ce qu'on qualifierait comme des "multiplicateurs de capacité".

Nous vivons en temps de normalité, soyons normaux tout en nous assurant que nous avons les capacités et le savoir-faire requis quand cette normalité sera perturbée.


  • Le mélangeur à socle. Il existe des mélangeurs d'aliments secs avec un embout de pétrissage.

    Ces appareils font très bien le boulot.

    Après pétrissage, il suffit de laisser gonfler, repétrir et verser la pâte dans notre moule à pain et d'enfourner.


  • Le robot-boulanger. Le robot-boulanger est une invention géniale: il suffit de verser les ingrédients dans le moule, de sélectionner le type de pain (ou de pâte ou même de confitures!) que nous voulons et de lancer la fabrication.

    C'est la solution la plus rapide: une minute pour sortir les ingrédients; deux minute pour les mesurer et les verser dans le moule; une minute pour ranger les ingrédients et nettoyer le comptoir.

Peu importe comment vous fabriquez votre pain, retenez une chose: si vous le faites vous-même, vous allez forcément stocker de grandes quantités de farine que vous utiliserez avant qu'elle ne se détériore et vous augmentez de ce fait vos réserves par un aliment-repère.

Cuisson du pain

Le pain se cuit au four.

Si vous n'avez plus d'électricité ou de gaz pour cuire le pain dans votre four et qu'il ne vous reste, disons, que le feu à l'extérieur, il existe des alternatives.

  • Vous pouvez faire cuire votre pain à la vapeur dans une grande casserole. Cela donnera du pain sans croute mais tout de même du pain.

  • Vous pouvez faire cuire votre pain au poêlon à feu doux. Sa croute sera très épaisse mais c'est néanmoins du pain.

  • Vous pouvez faire du pain naan, en utilisant du lait en poudre (stockable) que vous aurez reconstitué. Là encore le poêlon pourra être utilisé.

  • Vous pouvez aussi faire du pain pita au poêlon, ou encore des tortillas avec la farine que vous avez.

  • Enfin, si vous avez un Dutch Oven, vous pourrez faire cuire votre pain comme si vous aviez un four mais en n'utilisant que des braises!

Conséquemment, même en l'absence d'électricité ou de gaz, même sans four, vous pouvez toujours faire du pain. Si toutefois vous ne pouvez pas en faire, votre farine peut se transformer en crêpes ou encore, en soupe à la farine. Ce n'est pas de la haute gastronomie mais l'important est de se nourrir.

Dans tous les cas, votre farine vous nourrira et plus vous en aurez en réserve, plus vous pourrez vous nourrir longtemps.

Un mot sur les mesures

Il existe deux approches quant aux mesures en alimentation. Le poids et le volume.  

De nos jours la pesée des aliments est vastement utilisée puisqu'elles nous assure une précision que les mesures de volumes ne peuvent pas approcher. Un litre d'eau pèse toujours un kilo et sur un pèse-aliment, on peut arriver à une précision de l'ordre du milligramme.

Toutefois, les pèse-aliments pratiques sont tous électroniques. En temps de perturbation, on risque fort de ne pas pouvoir les remplacer s'ils brisent ou encore si on n'a plus de piles adéquates, voire même si une puissante impulsion électromagnétique d'origine humaine ou naturelle a bousillé toute l'électronique...


C'est pourquoi j'ai décidé de cuisiner mon pain en mesurant des volumes

Les tasses à mesurer ne tombent pas en panne, jamais.

Attention toutefois car la farine se compacte avec le temps. 

Il faut l'aérer et quand on la puise avec une tasse à mesurer, on doit faire attention à ne pas la comprimer.

Bénéfices économiques immédiats

Chaque pain que je fais coûte un peu plus d'un dollar en comptant tout (ingrédients et électricité). Mon coût de revient est de deux fois inférieur à ce que je paierais dans le commerce pour un pain bas de gamme et trois à quatre fois inférieur à ce que je paierais pour du pain de qualité équivalente à celui que je fais.

Je paie ma farine blanche 14$ pour 20 kg (1,40$ / kg) et ma farine entière 17$ pour 20 kg (1,70$ / kg). Mes pains contiennent moitié farine blanche, moitié farine de blé entier et j'utilise un 550 gr. de farine par pain, soit 0,85$ de farine. Ajoutons le prix des autres ingrédients et l'électricité de mon robot-boulanger et nous arrivons à environ 1,15$ pour chaque pain.

En 2015 le prix de détail moyen du pain de 675 grammes au Canada est de 2,83$ (source). On sait que Statistiques Canada fait des substitutions de produits pour masquer les réelles augmentations et que ce prix est probablement sous-estimé et ne vise de toutes manières que les pains de moins bonne qualité.

Ce prix moyen du commerce ramené au poids du pain que je fais est de 3,16$. Acheter 750 gr. de pain coûterait donc 3,16$

Chaque pain que je fabrique me fait économiser 2,01$ et me coûte moins de cinq minutes de mon temps. Ajoutons trois autres minutes pour laver le moule et voilà 2,01$ d'économisés.

Après 40 à 50 pains, j'ai amorti le prix d'achat de mon robot-boulanger. Le reste, c'est 2,01$ d'économie pour chaque pain que je fais (3 à 4 par semaine, 365$ par année).


Épilogue

Pain produit par mon robot-boulanger, avec cadavre de
conserve de 540 ml. de sirop d'érable pour donner une idée de
l'échelle.



Faire son pain soi-même est une excellente pratique survivaliste sous quatre aspects: 

  • Elle augmente notre autonomie en savoir-faire alimentaire et nous assure un approvisionnement en un aliment important dans notre culture culinaire; 

  • Elle nous incite à stocker des farines en plus grande quantité, qui augmenteront notre capacité à nous procurer des calories saines et abondantes.


  • Les bénéfices économiques sont importants et immédiats.

  • Enfin, nous contrôlons totalement les aliments que nous mangeons.


Autonomie accrue, meilleure qualité d'aliments et économies d'argent: quelqu'un a quelque chose à dire contre ça?

Faites votre pain!




dimanche 15 mars 2015

Survivalisme en zone de conflit

La guerre en Ukraine ravive la crainte d'un affrontement entre l'OTAN et la Russie.

Cet affrontement qui déploierait probablement la plus grande puissance de feu jamais vue par l'être humain, mettrait à feu et à sang la planète entière car il est quasi certain qu'on utilisera l'arme Atomique.

Qui plus est, cette perspective ramène à notre mémoire prophéties de Jugement Dernier, d'Apocalypse ou d'Affrontement Final, qu'elles soient d'origines chrétiennes, musulmanes ou même juives. La majorité des commentateurs sur le sujet sont en plus persuadés que c'est pour notre époque.

Pour le moment, l'OTAN (les USA) semblent faire monter le ton et la tension alors que de son côté la Russie semble vouloir calmer le jeu.

Des accusations mensongères liées à la présence de troupes russes sont proférées par la Junte de Kiev et reprises par quelques généraux US alors que les services de renseignements allemands et français affirment quant à eux le contraire, à savoir que l'armée russe n'est pas présente en Ukraine.

[Entre vous et moi, je crois qu'on peut s'entendre pour dire que si l'Armée Russe intervenait, il suffirait de quelques jours pour que le drapeau russe flotte sur la Rada à Kiev.]

Ce qui est certain, c'est que le conflit en Ukraine a fait plus de 5000 morts, que le moral des troupes ukrainiennes n'est pas très élevé, pas plus que leur combativité, l'exact inverse de la situation chez les novorossiens.  Encore plus certain: les centaines de milliers de civils qui doivent vivre sous les bombes, l'occupation de troupes amies ou hostiles, les privations et l'incertitude quant à demain.

Quoiqu'il en soit, un conflit de basse à moyenne intensité comme celui qu'on constate en Ukraine produit des effets certains voire catastrophiques sur les populations civiles. Beaucoup de gens qui sont mort dans cette guerre sont des civils et tous sont affectés à divers niveaux par les combats et leurs conséquences sur les approvisionnements.

Quoi faire en cas de conflit de basse à moyenne intensité

Les conflits de basse ou de moyenne intensité font parties des hypothèses que nous envisageons lorsque vient le temps de planifier notre préparation.

On peut y penser rapidement et passer par dessus ou au contraire y accorder une place importante.

Quoiqu'il en soit les survivalistes équilibrés auront envisagé le scénario d'un conflit, même si au moment de développer leur plan survivaliste, les probabilités qu'il survienne étaient faibles.

Il n'y a pas beaucoup de choses à changer dans de tels préparatifs mais le peu à adapter est critique et sera déterminant quant aux chances de survie.

Voici quelques éléments à considérer.

Sortir d'une zone appréhendée de combats ou d'occupation

Voilà enfin un cas où l'évacuation est justifiée et recommandée!

Les conflits ne naissent pas du jour au lendemain. Ils se préparent, on voit la tension monter, et un jour ils éclatent en "guerre chaude".

Cela laisse toujours un certain temps où des préparatifs actifs peuvent être réalisés. Le plus important est évidemment de trouver un point de chute où on sera à l'abri, où on pourra vivre et gagner sa vie (c'est à dire pourvoir aux besoins de sa famille).

C'est le moment de déménager les biens meubles qu'on veut conserver et de liquider les biens meubles dont on veut se passer ainsi que les immeubles qu'on possède dans la zone de conflit.

Le liquide obtenu devra être converti en métaux précieux, en monnaie forte et partiellement en devise locale. La devise d'un pays qui connait la guerre voit toujours son pouvoir d'achat diminué par dévaluation, et/ou inflation/hyperinflation. C'est une constante. La devise forte sera prisée sur le marché noir voire même dans les commerces réguliers et l'or, l'or prend beaucoup de pouvoir d'achat quand tout manque.

Je sais que beaucoup de survivalistes jettent un regard dédaigneux sur les métaux précieux, alléguant avec raison que ça ne se mange pas. Une hache non plus ne se mange pas et personne n'aurait l'idée de s'en passer.

L'Histoire démontre que quand tout est dégradé, l'or est toujours, toujours accepté, désiré et recherché.

Si on n'a pas pu quitter la zone avant les combats

Alors il faut prendre des mesures de mitigation.

Évacuer? Il est souvent trop tard: les routes sont remplies de checkpoints de soldats parfois désœuvrés et nerveux, si tant est que les civils soient autorisés à évacuer.

Prendre les bois, c'est risquer de tomber sur une patrouille qui ouvrira le feu sans sommation car une fuite en évitant des checkpoints est fatalement hostile ou criminelle.

Quant à rester, alors il faut impérativement aménager notre habitat pour l'adapter aux circonstances. 

Logement

  • Trouver un logement avec accès au sol et qui ne soit pas d'importance tactique pour des belligérants. 
L'importance tactique peut prendre différentes formes: sur une rue principale avec vue sur l'ensemble, un immeuble élevé, une maison isolée entre deux villages ou deux routes, une hauteur, etc.

  • Prendre entente avec des gens dans un autre lieu pour s'y réfugier si des combats se déroulent dans les environs de votre logis (et être prêt à recueillir ces personnes si ce sont eux qui subissent des combats).
C'est en quelque sorte une forme de "traité" d'assistance mutuelle: ils vous recueillent et vous les recueillez.

  • Aménager une pièce renforcée pour se protéger des explosions et des éclats. 
Vous ne pourrez pas vous protéger de tout à moins de posséder un bunker et encore. Toutefois, une cave à plafond renforcé peut vous sauver la vie, sous la maison voire même dans la cour arrière.
Dans les régions qui connaissent des hivers rigoureux, la glace est un des meilleurs matériaux pour résister aux impacts.

  • Aménager une cache pour notre matériel (nourriture, armes et munitions,  objets précieux, eau). 
En effet il arrive souvent que la soldatesque fouille les maisons pour y trouver des armes, qui seront saisies, et de la nourriture, qui sera confisquée et accumulée en entrepôts.
En prenant les moyens de dissimuler tout ce qui peut être saisi, on diminue nos risques de pertes.

  • Aménager enfin une cachette pour les membres facilement ciblés de notre famille, c'est à dire spécifiquement les femmes et les filles.
La cachette pour les gens est primordiale. Parfois, en plus des armes et des vivres, les soldats cherchent des femmes et des filles... 
« La population civile féminine a été régulièrement victime de violences sexuelles. Des prisonniers de guerre britanniques en ont témoigné après leur retour dans la zone occupée britannique de l'Allemagne : « Dans le secteur autour de notre camp d'internement, […], des soldats soviétiques violaient, au cours des premières semaines après la conquête, chaque femme et chaque fille entre 12 et 60 ans. […] Des pères et des maris, qui voulaient les protéger, ont été tués, et des filles qui montraient beaucoup de résistance ont également été assassinées. Source
Et cela ne se borne pas aux soldats "ennemis" mais concerne aussi les soldats "amis"...
« Selon l'historien américain J Robert Lilly, il y aurait eu 3 500 viols commis par des soldats américains en France entre juin 1944 et la fin de la guerre. Le nombre de viols est difficile à établir car de nombreuses victimes de viol ne rapportèrent jamais les faits auprès de la police. Les troupes américaines engagées ont commis 208 viols et une trentaine de meurtres dans le département de la Manche. Pour le seul mois de juin 1944, en Normandie, 175 soldats américains seront accusés de viols »  Source

Inutile d'élaborer là dessus.


Comportement: ostentatoire!

On devra afficher un dénuement manifeste. 

  • Ceux qui comme moi portent trop de kilos devront en perdre pour ne pas éveiller de soupçons sur des réserves alimentaires cachées. Nul besoin de devenir émacié mais prendre ou maintenir du poids quand tout le monde en perd, c'est louche...

  • Simulez la recherche de nourriture, vendez des objets sans importance sur la place publique, n'entretenez pas votre propriété comme avant, portez de vieux vêtements. 

  • Si vous tombez malade et que vous avez des médicaments pour vous soigner, ne vous montrez pas: les gens verraient que vous prenez du mieux rapidement. Restez chez vous le temps de la guérison et au delà et quand vous vous montrerez, ayez l'air faible.

  • Mesdames, ne vous maquillez plus progressivement, au même rythme d'épuisement du maquillage des femmes de votre environnement. Le maquillage est un luxe et qui peut se payer du luxe peut se payer de la nourriture. 

  • Idem pour les désodorisants: quand les gens commencent à sentir la transpiration, faites comme eux.

  • Si vous devez afficher moins de dénuement par la force des choses, comme par exemple vous devez absolument vous déplacer en voiture alors que le carburant est rare et cher, tentez de trouver une activité qui justifie l'usage de votre véhicule et votre capacité de payer ce carburant et autant que possible, servez de taxi payant dans vos déplacements. Les gens ne questionneront pas vos entrées d'argent puisque vous en demandez pour véhiculer les gens.

  • Partagez rapidement et complètement vos connaissance sur le DIY, Do It Yourself, ("faites-le vous-même"). Si cela contribue à améliorer les conditions de vie de vos voisins, ils seront moins démunis donc moins enclins à chercher à s'approprier vos biens. De plus, cela justifiera les avantages que vous avez sur les autres, avantages que vous vous serez officiellement donnés pendant la crise alors qu'en fait vous les aurez stockés et préparés préalablement. On pense notamment aux éoliennes artisanales mais aussi aux potagers et à l'art de les rendre productifs.
Comportement: prudent et avisé
  • Si vous devez sortir, sortez en groupes: groupes de voisins, groupes de membre de votre famille élargie.

  • Mesdames, restez à la maison et gardez-y vos enfants... Messieurs, ne quittez votre domicile que sous grande nécessité. Dans les temps désespérés, les gens deviennent désespérés et des femmes ou des filles seules dans la rue sont des cibles tentantes.

  • Si votre secteur est régulièrement visité par des pillards, organisez des gardes, des patrouilles, même sans armes à feu apparentes (voir plus bas) et des checkpoints avec les gens des environs.

  • Si quelqu'un de votre voisinage représente un danger, organisez son expulsion mais veillez auparavant à vous assurer qu'il n'est pas appuyé par une bande ou un groupe.

En résumé, il ne faut pas se distinguer des autres de crainte d'attirer l'attention de vos voisins sur vos ressources ou encore de faire naître des rumeurs sur les sources de vos avantages. Dans ces temps où tout le monde est à l'affut, posséder suscite des jalousies et en vertu de cela, un sourire à l'occupant peut faire rapidement de nous un collabo qui sera lynché quand le conflit sera terminé.

Il faut avoir l'air comme tout le monde en prenant soin toutefois de ne pas s'exposer autant que tout le monde.

Il est dangereux d'exercer un leadership direct mais en même temps, si vous êtes le seul survivaliste du voisinage, vous devrez "former" les gens autour de vous en enseignant ce que vous savez. Il serait avisé de trouver un leader naturel que vous conseillerez discrètement.

La sécurité

Alors qu'en survivalisme on prône en général une prise en main totale de sa sécurité et de celle de sa famille par le biais de moyens dissuasifs et de moyens de défense, quand des forces armées, régulières ou irrégulières, occupent un territoire il convient plutôt de ne jamais apparaître comme une menace.

En zone de conflit, le Droit, la Justice, la Moralité ne tiennent plus. Seule compte la Loi du plus fort.

Les soldats qui reviennent de combat ne sont plus des gens normaux en situation normale. Ils ont perdu un ami, ils ont failli périr, ils ont été mal dirigés ou au contraire ont triomphé des ennemis mais au prix d'un carnage traumatisant aussi les vainqueurs. 

Ils manquent de sommeil, sont mal nourris, ont vécu des chocs, sont parfois sous l'effet de substance intoxicantes pour supporter les épreuves ou pour oublier. Ces soldats, de ces faits, n'ont plus les mêmes repères de moralité qu'avant; leur notion de bien et de mal peut avoir considérablement changée, les inhibitions qui retiennent chacun d'entre nous de commettre des actes anti-sociaux ou criminels n'opèrent plus. 

Ces soldats sont des bombes à retardement et quand j'écris ça, ce n'est pas un jugement moral que je porte sur eux, c'est une description. N'importe quel groupe d'humains mis dans les mêmes conditions qu'eux se comporterait comme eux car n'oublions pas qu'ils ne sont pas que des soldats mais aussi des êtres humains qui ont des limites quant à ce qu'ils peuvent supporter sans en être psychologiquement affectés. 


Visages de soldats avant, pendant et après la guerre...


Revenons à nos moutons. Si des soldats d'une unité sont abattus ou même simplement mis en joue par un civil qui défendait sa femme et ses filles contre un viol collectif, cette légitime défense sera quant à elle perçue par le commandant de ces soldats comme une rébellion armée. 

La dernière chose à souhaiter pour un commandant de secteur militaire, ce sont des civils qui se donnent le droit d'interférer avec ses opérations et qui constituent un "ennemi" à l'intérieur de ses lignes. Ces "rebelles" seront donc éliminés et leurs familles en paieront le prix en représailles, comme il est coutumier dans certains pays...

Alors que dans des situations dégradées il est recommandé voire obligatoire (par la force des choses) d'assurer sa sécurité par tous les moyens possible, quand on se trouve en zone de conflit, faire la même chose relève du suicide. Ce ne sera pas un soldat que vous tuerez ou menacerez, ce sera une armée entière que vous agresserez. Vous n'avez que des armes légères et vous ne vous battez qu'en deux dimensions, eux disposent d'armements lourds, de très longue portée et peuvent porter la destruction par des moyens utilisant la troisième dimension (l'aviation)... Le tout sans risquer un seul homme.

La meilleure sécurité dans ces conditions, c'est de ne pas susciter de violence, d'envie ou de prétextes.

Si on ne trouve rien à voler chez vous, on ne volera pas. 

Si on ne trouve personne à violer chez vous, on ne violera pas. 

Si on n'interfère pas, on ne subira pas d'interférence inutile de la part des belligérants, sauf leurs nécessités tactiques évidemment, qu'on ne peut contrôler. 

Tout cela cependant ne fait que réduire les risques, cela ne les élimine pas. 

Soyons en conscient: ayons l'air inoffensif...

Résistance armée

Il y a des cas cependant où la résistance armée est non seulement justifiée mais souhaitable et obligatoire.

C'est le cas où une population meurt à petit feu, est persécutée systématiquement ou est menacée d'extermination ou d'exactions terribles et systématiques ou encore est victime de châtiments collectifs. Dans ces conditions, puisqu'on finira par mourir, autant mourir en tentant de se libérer...

Dans ce cas toutefois on quitte le domaine du survivalisme et je ne m'étendrai donc pas sur le sujet.

Paradigme de la vie sous contrôle

On l'entend souvent dire: "arrêtez de vous plaindre des autres et prenez votre vie en main". Ou encore l'autre variante à la mode: "on a les gouvernants qu'on mérite", "vous êtes 100% responsable de votre vie et de ce qui vous arrive", "c'est vous qui avez voté pour x, y, z; assumez vos choix", le reste à l'avenant.

Cette mystique aux racines tant néolibérales que New Age est mensongère dans son fondement.

Quand une bombe tombe sur notre maison, on ne l'a pas voulu. Quand l'économie se porte si mal que les entreprises ferment, le chômage augmente et les gens n'ont plus d'argent, il est difficile de gagner un salaire ou de maintenir une entreprise, encore moins d'en démarrer une.

Parfois, souvent même, on subît des aléas économiques, politiques ou géopolitiques. On ne les veut pas, on ne les choisit pas mais ils sont là et s'imposent à nous.

Notre responsabilité en revanche c'est d'anticiper ces aléas, de composer avec eux et de naviguer à travers les écueils tout en étant conscient que malgré la meilleure volonté du monde, il se peut qu'on s'échoue et qu'on coule.

Le survivalisme comme démarche et comme état d'esprit nous permet d'envisager ces événements ou ces états de faits et de nous y préparer. Cela ne nous met pas à l'abri des manœuvres des Puissants comme la spéculation bancaire sur les aliments ou les événements de portée géostratégique qui ont été planifiés et déployés en Ukraine. 

Il faut le savoir mais en même temps, un homme averti en vaut deux...


dimanche 8 mars 2015

Mythe 5: antibiotiques et autonomie survivaliste




Note: cet article a été révisé par un pharmacien d'expérience. Cela ne vous dispense pas de vérifier par vous-même.


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Beaucoup de survivalistes me demandent comment se procurer des antibiotiques car ils sentent que leur lacune se situe dans la lutte aux infections.

Quand on me pose la question je réponds toujours invariablement que ce sont des marchandises réglementées et disponibles uniquement sur ordonnance.
Je ne disais pas tout.
Il est possible d'obtenir des antibiotiques sans ordonnance comme beaucoup d'entre vous le savent. Vous avez plusieurs choix : antibiotiques pour poissons, achat en ligne, etc.
Ça c'est la partie facile.
La partie difficile c'est de les utiliser.

Nombreux sont ceux qui croient que la possession d'antibiotiques les sauvera. 

C'est un mythe et une fausse sécurité. 
En temps normal
On a une infection, on va voir le médecin, il soupçonne ou diagnostique une infection bactérienne, peut-être demandera-t-il une culture pour préciser son diagnostic puis il nous questionne sur nos allergies et ce qui peut affecter le médicament ou être affecté par la prise du médicament et enfin rédige une ordonnance.


On sort du cabinet puis on va à la pharmacie pour obtenir nos antibiotiques. Le tour est joué, on suit la posologie et on devrait normalement être guéri après le traitement.
En K2KK, cela peut être radicalement différent et vos antibiotiques stockés pourraient facilement être dommageables et causer des problèmes importants, voire même n'avoir aucun effet curatif et vous laisser mourir d'une infection bactérienne...
Note : Les infections virales ne sont pas traitées ou traitables par des antibiotiques. Il est inutile et quelquefois néfaste d'en prendre si on a un virus.
Les bactéries
La bactérie est un organisme vivant autonome qui se reproduit quand il se trouve dans un milieu favorable. Nos muqueuses, nos voies aériennes, nos organes digestifs sont des milieux qui peuvent recueillir différents types de bactéries.
Nous sommes littéralement colonisés par des milliards de bactéries. Nous en avons sur la peau, dans la bouche, partout.


La grande majorité des bactéries qui nous colonisent sont bénéfiques, elles ont une action positive. Par exemple nous ne pourrions pas digérer les aliments comme nous le faisons si nous n'avions pas des bactéries qui nous y aident.
Certains types n'ont pas une action positive en elles-mêmes mais elles offrent un bénéfice important: là où sont ces bonnes bactéries, les bactéries néfastes ne peuvent se loger. En d'autres termes, certaines bactéries nous protègent, par leur présence, des infections par les mauvaises bactéries.
Les effets positifs des bactéries sur l'organisme humain sont innombrables mais les détailler serait inutile dans le cadre de cet article.
Ce qui nous intéresse, c'est la lutte contre les bactéries pathogènes.
Les infections
Les infections bactériennes sont courantes et la médecine moderne est parvenue à lutter contre elles par le moyen des antibiotiques.
Les antibiotiques tuent les bactéries. Y compris, dans certains cas, les bonnes et les neutres.
Les résistances aux antibiotiques
Toutefois avec les années les bactéries développent une résistance aux antibiotiques. C'est la raison pour laquelle ils ne sont pas en vente libre. En effet le cycle de reproduction des bactéries est très rapide et les mutations le sont tout autant. Une génération humaine est d'environ 25 ans et théoriquement chez un être humain, une mutation demande donc 25 ans avant d'être reproduite chez un descendant. 


Chez les bactéries, une génération, c'est environ 20 minutes. Pendant que passe une génération chez l'humain, la bactérie en connait  657,450... Cela explique la rapidité avec laquelle les bactéries s'adaptent et développent une résistance. Dans ces conditions, l'usage des antibiotiques est délicat car une erreur de dosage ne tuera que les plus faibles et laissera les plus fortes se propager, nécessitant de plus fortes doses et parfois une autre catégorie d'antibiotiques.
Les antibiotiques
L'antibiotique universel n'existe pas car les bactéries sont de différents spectres. À chaque spectre correspond une catégorie d'antibiotiques.
Certains antibiotiques ont une action à large spectre et permettent de lutter contre différents types d'infections mais ce n'est pas la panacée.
Il est donc primordial de pouvoir identifier le meilleur antibiotique qui soit et de suivre le traitement recommandé.
Cela exclut d'emblée l'automédication pour les gens qui désireraient se soigner eux-mêmes sans passer par un médecin.
Conséquences d'une automédication déficiente
Si vous n'utilisez pas le bon antibiotique ou si vous utilisez le bon antibiotique mais au mauvais dosage, voici à quoi vous vous exposez. Ces conséquences peuvent être cumulatives...   
  • Trop faible dose :
   Aucun effet curatif : l'infection demeure et/ou progresse.

  Diminution voire disparition des symptômes de l'infection mais vous n'avez pas tuées les plus résistantes : l'infection demeure et progresse.
  • Trop forte dose :


       De bonnes bactéries qui vous protègent sont tuées et cela peut causer une seconde infection ou des effets indésirables comme de la diarrhée.  
  • Bon dosage mais pas administré assez longtemps :
   Diminution voire disparition des symptômes de l'infection mais vous n'avez pas tuées les plus résistantes : l'infection demeure et progresse.
   De bonnes bactéries qui vous protègent sont tuées et laissent plus de place à l'infection.
   De bonnes bactéries qui vous protègent sont tuées et permettent à une seconde infection bactérienne de se développer.
  • Bon dosage mais antibiotique non optimal ou mal ciblé :
   Aucun effet curatif : l'infection demeure et/ou progresse.
   Diminution voire disparition des symptômes de l'infection mais vous n'avez pas tuées les plus résistantes : l'infection demeure et progresse.
   De bonnes bactéries qui vous protègent sont tuées et laissent plus de place à l'infection.
   De bonnes bactéries qui vous protègent sont tuées et permettent à une seconde infection bactérienne de se développer.
  • Mauvais antibiotique :

       ◦    Aucun effet curatif : l'infection demeure et/ou progresse. 
    De bonnes bactéries qui vous protègent sont tuées et permettent à une seconde infection bactérienne de se développer. 
 
Antibiotiques à stocker
Il existe une grande variété d'antibiotiques, certains sont généraux, d'autres sont spécialisés.
Dans les faits, on peut se restreindre à quatre types principaux qui couvrent pratiquement la totalité des infections courantes que vous pourriez, avec des connaissances suffisamment développées et si vous n'avez pas accès à un médecin, identifier et traiter avec le bon médicament.
  • Amoxicilinne/pénicilline
  • Nitroimidazole
  • Clarithromycine
  • Ciproflaxine
Un dernier mot sur le stockage
Les antibiotiques ne sont pas éternels. Ils ont une date de péremption qui, comme pour les aliments, n'est pas à prendre à la lettre. En effet, date de péremption et date de fin de vie utile sont deux choses différentes.
Un antibiotique périmé est un antibiotique qui demeure efficace à 100% s'il a été stocké dans les bonnes conditions.
Un antibiotique mal stocké ou ayant dépassé suffisamment sa vie utile sera dangereux en ce qu'il n'aura pas l'effet escompté. Les restes d'action antibiotique de la substance ne feront qu'éliminer les bactéries fragiles en ne laissant se reproduire que les plus fortes. Vous connaissez la suite...
Pour stocker des antibiotiques, trois règles à respecter : faible humidité, noirceur et fraîcheur. L'usage de dessicants est recommandé pour contrôler l'humidité. Quant à la fraîcheur, on parle de 10-15 degrés C. Le congélateur détériorera le produit et la chaleur le fera vieillir prématurément, jusqu'à le rendre inopérant donc foncièrement inefficace.
Combien de temps peut-on stocker les antibiotiques? Cela varie selon le type d'antibiotique :
  • Pour la nitroimidazole (antibiotique contre les infections à bactéries anaérobiques), 3 ans après la date d'expiration.
  • Pour l'amoxicilinne et les dérivés de la pénicilline ainsi que la clarithromycine, 5 ans  après la date d'expiration.
  • Pour la ciproflaxine, 10 ans après la date d'expiration
En pratique la durée de conservation peut-être beaucoup plus longue si les conditions de conservation sont optimales mais au delà des périodes indiquées on nage en territoire inconnu.

Épilogue
Encore une fois, je vais avoir l'air de sermonner mais je ne le répéterai jamais assez : le matériel sans le savoir et le savoir-faire ne permet pas de se sortir de situations périlleuses.
Posséder des antibiotiques (« le matériel ») en pensant qu'il suffit de le posséder est juste... con.
Oh bien sûr, si vous avez un abcès dentaire, vous saurez probablement que la prise d'Amoxil ™ le « guérira »... Tout le monde connaît quelqu'un qui a eu un abcès dentaire et ceux qui ont reçus des antibiotiques pourront vous dire lesquels prendre. Ça tombe bien, vous en avez stocké des masses, en bon survivaliste avisé! Votre problème est réglé…
Si c'est ce que vous croyez, vous allez au devant de complications beaucoup plus graves que l'abcès lui-même. L'antibiotique prescrit pour les abcès dentaires vise la surinfection et pas l'abcès lui-même. Pour régler le problème de la dent infectée, il faut soit une extraction soit un traitement de canal. À défaut, il y aura donc risque d'une seconde surinfection et peut-être que l'Amoxil ™ ne suffira plus cette fois-là. Mais ça, vous ne le saurez pas.
Le matériel sans le savoir et le savoir-faire est insuffisant. La confiance que sa possession suscite est même source de risques parfois sérieux. Si vous ne savez pas ce qu'il faut savoir dans les cas d'infections et de traitement, vous serez soit chanceux et guérirez, soit un confiant stupide gravement malade et peut-être même condamné.
 La prudence élémentaire consiste en ce domaine à développer ses connaissances médicales, se procurer des livres sur les infections et surtout, vous abstenir de vous auto-médicamenter sans avoir consulté un médecin.
Malgré ces mises en garde, posséder des antibiotiques est une bonne chose parce que ça vous permet de disposer des médicaments nécessaires quand vous en avez besoin et quand ils ne sont pas disponibles. Par contre, les utiliser sans un avis médical ou à tout le moins sans une excellente connaissance des infections, c'est prendre un risque considérable quant à vos capacités de survie.
Parfois, trop d'autonomie tue l'autonomie. Spécialement quand elle s'appuie sur une tonne de matos, des croyances populaires erronées et peu de savoir...