dimanche 19 octobre 2014

Guide pratique: Équipements de protection personnelle contre Ebola

Je commence une série d'au moins trois articles sur la protection contre Ebola en cas d'épidémie et si on doit sortir de son habitation et par conséquent, s'exposer.

Le premier (celui-ci) parle des sorties en milieu infectieux, le second parlera d'une protection de base, le troisième de la décontamination après la sortie.

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Ebola cogne à la porte de l'Occident et si nos conditions sanitaires sont généralement bien supérieures à celles des zones africaines frappées par ce virus, en revanche nous avons des faiblesses à savoir: nos populations connaissent une bien plus grande mobilité associée à une grande promiscuité, spécialement dans les centre commerciaux et en milieu de travail. De sorte qu'il est tout à fait envisageable qu'une seule personne infectée contamine toute une rame de métro, un avion, un édifice à bureau dans deux ou trois foyers à des dizaines voire des centaines de km de distance, la même journée.

La crise d'Ebola à l'Hôpital Presbytérien de Dallas où le Libérien décédé d'Ebola a contaminé du personnel indique des lacunes très graves, frisant l'incompétence, dans les services médicaux. Cela c'est sans parler des cas en Espagne.

Il devient donc

Face au risque d'une épidémie ravageuse, il convient de se préparer, notamment par des mesures de protection de base et, si nous devons quitter notre abri sécuritaire, c'est à dire notre domicile, par équipements de protection personnelle.

Rappel: le meilleur comportement possible

Dans Guide pratique pour crise épidémique, j'indique en étape 3 quoi faire: 

  • Quarantaine obligatoire et stricte de la famille à l'intérieur du logis.

Si vous appliquez cette seule directive, vous êtes à l'abri de toute contamination. Cela implique:

  • Des réserves alimentaires
  • Un approvisionnement d'eau saine
  • L'autonomie énergétique
  • Le tout pour quelques mois
Un bémol: si vous vivez dans un édifice avec climatisation centrale qui touche tous les logements, vous ne seriez pas à l'abri dans un tel environnement puisque si la maladie se déclare dans un des logements, le système d'aération pourra véhiculer les agents pathogènes dans tout l'immeuble.

Les portes d'entrées pour les infections

Les virus sont les plus petits agents pathogènes qui soient. Ils peuvent passer là où les bactéries ne passent pas. La peau humaine est parsemée de microlésions qui sont invisibles à l'oeil nu mais qui sont néanmoins des portes d'entrées pour les maladies.

Il convient donc de couvrir toute la peau afin d'éviter l'entrée de virus dans notre organisme. Rappelons qu'il suffit d'un à dix virions d'Ebola pour infecter une personne. 

La couverture de la peau doit être hermétique, ce qui signifie que des vêtements ordinaires sont nettement insuffisants.

Qui plus est, il ne doit pas y avoir d'air qui entre ou qui sorte du vêtement de protection puisque les ouvertures sont des appels et des sorties d'air. 

Une combinaison de pompier, par exemple, sert à protéger son porteur contre la chaleur et l'eau. 

Le tissu est certes hermétique mais les points de jonction des vêtements ne le sont pas: le besoin du pompier est un besoin de couverture, pas d'isolation hermétique. 

Cette tenue ne conviendrait pas pour se protéger des virus. Idem pour les imperméables communs, surtout ceux qui "respirent".

En matière de protection virale, il faut des vêtements et des équipement conçus aux fins spécifiques de protéger contre les virus.


Sortir

Une fois en mode Bug-In, c'est à dire enfermé chez soi, on ne devrait pas sortir afin d'éviter de s'exposer.

Si toutefois on devait sortir, voici des exemples de ce que nous devrions porter comme protection contre l'infection contagieuse.

Les équipements recommandés par le Center for Disease Control (USA)

Le CDC recommande une tenue "standard" mais qui apparait insuffisante.

À gauche sur la photo c'est l'équipement standard, à droite c'est l'équipement révisé qui comporte comme changement essentiel une tenue Tychem QC ®.

Cette tenue est certifiée à l'épreuve des virus, couvre tout le corps de la tête aux pieds et est résistante.

Toutefois des indices laissent penser que le virus Ebola peut être transmis de manière aérienne et les masques chirurgicaux n'offriraient pas de protection suffisante pour les poumons et les muqueuses buccales.

Les équipements de protection optimale ont ces attributs:

  • Résistance aux perçages et aux déchirures
  • Isolation de l'environnement (le corps est complètement isolé de l'environnement)
  • Source autonome d'oxygène ou filtration d'air assistée par moteur électrique
  • Surpression dans la combinaison (si un trou est fait dans la combinaison, l'air sortira au lieu d'entrer)
  • Masque couvrant tout le visage et doté de sa propre filtration, assistée ou non
  • Un seul joint de fermeture de la combinaison
  • Gants et bottes
C'est la fameuse combinaison HazMat qu'on voit dans les films de catastrophes bactériologiques ou virales.

Une tenue HazMat optimale peut coûter plus de 1500$ (1000 euros) et ce n'est pas à la portée de toutes les bourses.

Les équipements de protection minimale ont ces attributs:

  • Résistance aux perçages et aux déchirures
  • Vêtement Tychem C ou QC ® ou équivalent (vêtement Tyvek ® recouvert de polypropylène)
  • Filtration d'air par respirateur ou masque avec filtre N95/P100 (filtration des vapeurs organiques)

 

  • Lunette de protection si respirateur

  • Visière de protection couvrant le visage si respirateur

  • Gants (deux paires couvrant l'avant-bras portées une par dessus l'autre)


  • Bottes hermétiques

  • Ruban adhésif hermétique spécialisé ou Duct tape sur les joints


Cet équipement protégerait adéquatement contre la transmission d'Ebola.

Ceux qui opteraient pour un respirateur qui ne couvre pas totalement le visage pourront couvrir les parties exposées du visage avec du duct tape ou du ruban adhésif spécialisé, auquel cas la visière ne serait plus nécessaire.

TOUS LES JOINTS doivent être scellés avec de l'adhésif afin d'assurer une protection adéquate. 

Décontamination et protocole post-sortie

La décontamination et le protocole post-sortie seront abordés dans un prochain article et ils sont aussi critiques que les équipements de protection.

Overkill?

Certains trouveront exagérées — voire paranoïaques — tant de précautions. 

Comme je l'indiquais, il vaut mieux ne pas sortir de chez soi en cas d'épidémie galopante. Si vous deviez toutefois le faire pour des raisons impérieuses alors il vaut mieux être protégé adéquatement et s'assurer ne pas ramener cette saloperie à la maison.

SI vous choisissez de vous équiper, vous savez maintenant quoi vous procurer.

Où, quoi, comment?

Vers le 10-11 octobre j'ai commencé à regarder les magasins en ligne vendant les équipements de protection que je désirais acheter. Vers le 16-17 octobre, les sites comme Amazon.ca ou Uline.ca n'avaient plus ou pratiquement plus de vêtements Tychem QC. 

Il faut aller du côté des magasins spécialisés en sécurité industrielle ou médicale/biologique pour en trouver et il est probable que ces vêtements soient vendus à la caisse et non à l'unité.

Comme les combinaisons Tychem QC sont jetables après usage, en disposer de douze plutôt qu'une est une bonne option.  

Je ne donne pas d'adresse de ces magasins puisque ça me générera une quantité astronomique de courriels à gérer: "y'a-t-il moins cher ailleurs et où?", "je n'en trouve pas à cette adresse", "tu m'as dit qu'on en trouverait à xyz.com et je ne trouve pas de Tichem là-bas" [erreur d'orthographe], etc.

C'est donc à vous de faire vos recherches de fournisseur. Je ne répondrai pas aux demandes d'adresses.

On peut trouver des gants de protection, des bottes convenables (genre caoutchouc) lunettes de protection, des visières et des respirateurs demi-visage dans les quincailleries et certaines grandes surfaces, veillez à choisir des respirateurs avec la norme NIOSH et des filtres N95/P100 pour les vapeurs organiques.

Mais faites vite. Il y a définitivement une grande demande pour ces produits chez le public et évidemment chez les agences gouvernementales. Quand des cas avérés d'Ebola se produiront dans votre région, la demande augmentera radicalement pour les équipements et les vêtements de protection. Quand des cas de transmission locale surviendront, vous ne pourrez probablement plus trouver de vêtements anti-viraux adéquats en moins de 24 heures.

C'est maintenant qu'il faut acheter les vêtements Tychem QC et les combinaisons HazMat. Maintenant.



lundi 13 octobre 2014

Questions du mois d'octobre 2014

Conservation des fromages
ou
Je me suis planté!!!


Salut Vic
Depuis quelques temps je te lis.
(vidéo sur youtube, puis ton blog)
et, en réaction à certains propos dont : Comme chacun sait le parmesan ne se conserve pas 25 ans dans du mylar... (in la soupe survivaliste) ou à l'absence de parmesan en stockage longue durée chez la plupart des survivalistes,
je voulais te donner une info :
(citation)
"Notez enfin qu'il existe des fromages très secs qui se conservent indéfiniment. On a trouvé des parmesans et des sbrintz de plusieurs siècles qui avaient conservé (encore qu'un peu durcis) tout leur goût - et leur principes nutritifs."
Source : Pierre ANDROUET, Guide du Fromage, Editions STOCK - 1971, p533.
Le même auteur (petit-fils et fils de "maître" fromager et affineur, lui-même fromager et affineur de grande notoriété) rappelle aussi que bien souvent les meilleurs fromages de l'été étaient conservés dans de l'huile (avec des arômates), et que ces bonnes vieilles habitudes de nos grands-mères sont en train de se perdre.
On trouve d'ailleurs d'excellents petit chèvres (en vieille France) ayant trois ans d'affinage, et qu'on peu plonger dans l'huile, et conserver encore de nombreuses années...
Je suis sûr qu'avec ça tu va faire évoluer la dimension arômatique et protéique de tes réserves de secours.
Au plaisir de te lire encore.
Cordialement,


Questions sur mon autonomie et les armes 

Bonjour, J'ai beaucoup appréciés vos réponses à mes questions (questions des lecteurs du mois de mai). Ce que vous dîtes de la permaculture me donne espoire de pouvoir atteindre un bon niveau d'autonomie d'une façon qui s'intègre à mon mode de vie.
J'ai encore quelques questions à ce sujet et au sujet de la défense.
Est-ce que vous produisez un grande proportion de ce que vous mangez présentement? Est-ce qu'on est obligé de déjà produire pratiquement toute sa nourriture pour arriver à le faire en situation de perturbations majeures? Je vais bientôt avoir mon PPA et je veux m'acheter une carabine qui sera bonne pour le tir à la cible, la chasse et la défense. Je pense spécéfiquement à la norinco m305. Il y a des chargeur de 10 balles pour la m305 qui sont légaux et disponibles (chargeur concu et fabriqué pour une arme à verroue mais compatible avec la m305/m1a/m14) http://www.youtube.com/watch?v=QJqp1NtFFt8
Que pensez-vous de cette arme et quel est votre expérience avec celle-ci?
Comment un civile peut s'entrainer pour devenir efficace avec son arme? Est-ce qu'il y a des formations que vous recommandez? Est-ce que les lances flammes sont légaux ainsi que la napalm. Je me dis que ça peut donner un appuie lourd à courte portée en plus de divertir et amuser les grands enfants... Une version statique peut offir une portée de 150m... http://www.youtube.com/watch?v=8pRihxvk4YY
On organise nos défenses pour pouvoir s'en servir sans mettre le feu à nos installations et ça viendrait remplacer (et même dépasser) des armes capables de tir en automatique à courte portée.
Merci.



Survivalisme: mode d'emploi

salut vic
j'aimerais savoir sur quel pied dancer en ce qui concerne le survivalisme car cela ne me parait pas très clair pour l'instant
pourrait tu faire une video ou tu donnerait une base clair sur le survivalisme avec quelques conseils concrets pour des gens comme moi qui sommes débutant
merci d'avance
Cordialement,


Avenir

Salut Vic Je viens de terminer une vidéo de Pierre Hillard et Michel Drac.
Comme j'ai cru comprendre nous filons vers un chaos contrôlé et ensuite un chaos non contrôlé.
Que va-t-il nous arriver à nous le peuple ?
Comment vois-tu l'avenir ?
J'ai l'impression de vivre le livre que je lisais étant enfant c'est à dire 1984 de Orwell.
Cordialement, 


dimanche 5 octobre 2014

Une affaire de famille

Le survivalisme durable, c'est une affaire de famille.

On ne peut concevoir de durer dans le temps et de vivre jusqu'à sa mort naturelle sans une famille, donc des enfants qui seront plus tard aussi un soutien pour les parents.

C'est tout à fait normal par ailleurs. Mais le monde moderne a dévoyé la normalité naturelle...

Les DINK

Les DINK sont les personnes qui sont matériellement récompensées de leurs choix dans le système économique actuel. Ils sont un pur produit de la société post-industrielle occidentale et de la financiarisation de l'économie.

Qu'est-ce que les DINK? C'est l'acronyme de « Double Income, No Kid », en français « Double revenu, aucun enfant ».

Ce sont des couples ou des paires qui n'ont pas et n'auront jamais d'enfants, qui accumulent de l'argent et s'enrichissent du fait de leurs revenus élevés, de leurs carrières et de l'absence de charges économiques que génèrent des enfants.

La société occidentale actuelle a valorisé l'enrichissement personnel depuis plusieurs décennies, promettant à toute une génération de Baby Boomers un avenir radieux et à l'abri du besoin s'ils accumulaient de l'argent (fiat donc garanti par des dettes) au lieu de le dépenser en donnant naissance à des enfants et les éduquant.

Le résultat, on le connait tous: chute de la natalité, donc indirectement de la croissance économique, déséquilibre démographique et nécessité (alléguée) de faire venir massivement des immigrants pour combler les besoins de main d’œuvre, en fait surtout maintenir les salaires bas.

L'argent accumulé avec les années par les DINK — et ça peut atteindre quelques millions pour les couples et les paires de professionnels habiles et favorisés — garantira dans leurs vieux jours l'achat de soins par ces gens fortunés, leur vie dans des appartements de luxe avec toute une équipe de gens chargés de leur organiser des divertissements et de leur dispenser des soins.

D'une société où on prenait soin de ses vieux parents jusqu'à leur mort sans considération autre que le respect dû à nos aînés, la décence et la morale, on en est arrivé à une société où des gens qui ont choisi de ne pas avoir d'enfants se sont immensément enrichis de leur choix souvent égoïste. Qui plus est, ce sont les enfants qu'ils n'ont pas eus et que leurs contemporains ont choisis d'avoir qui assument financièrement leurs choix par le biais des mutuelles ou des régimes collectifs d'assurance-santé et d'assurance-médicaments.

Dans les temps anciens

Je ne sais pas pour l'Europe mais au Québec, anciennement, le parent survivant (souvent la femme) décidait un jour de « casser maison » et de remettre l'ensemble de son bien à un des enfants qui en échange prenait soin de ce père ou de cette mère jusqu'à sa mort. C'était l'équivalent d'une mort civile, avant la mort physique. Ce vieux ou cette vieille se retirait de la vie active et déléguait même son statut de chef de famille à l'enfant qui le recueillait.

Qu'est-ce que ça impliquait? En premier lieu, le vieux parent qui se retirait avait du bien, bien qu'il accumulait et conservait pour ses vieux jours. Ce bien ce n'était pas de l'argent de papier, c'était de l'immobilier, du mobilier (au sens large du terme) et parfois de l'or accumulé.

En cédant l'usage de son patrimoine à un de ses enfants, celui de l'enfant augmentait évidemment mais avec lui, les charges qu'il avait. Il y avait gain ou pas? Ce qui comptait, c'était que sa mère ou son père puisse finir ses jours dignement et entouré de ses proches.

Généralement, les choses se passaient bien. On avait à l'époque immensément de respect pour les aînés qui étaient perçus comme étant une richesse en soi et pas seulement un poids. Cet aîné, il était le rappel de la mémoire des ancêtres mais aussi le rappel de l'amélioration des conditions de vie de l'enfant qui en prenait soin. Il était source d'expertise et de savoir faire.

Quand ce parent n'était pas malade ou handicapé, il aidait aux tâches de la maison, ne serait-ce que transmettre la Mémoire aux enfants ou participer aux tâches ménagères.

Il y avait souvent, pas toujours, gain économique mais sur fond de respect pour les vieux, de même qu'un engagement sérieux de subvenir aux besoins de l'aïeul jusqu'à son dernier souffle.

Évidemment, le curé du village qui avait ses entrées dans chaque famille de sa cure assurait une sorte de surveillance morale quant au traitement qui était fait à ces vieux « morts civilement » et il n'hésitait pas à prendre des mesures discrètes et si elles étaient infructueuses, publiques, pour assurer que l'aïeul de telle famille soit traité honorablement. Car des enfants indignes, ça existait à cette époque aussi.

Sans idéaliser

On ne doit pas idéaliser le passé et systématiquement condamner le présent, ce serait une vision idéologique aveugle, semblable à celle du féminisme et tous les mouvements progressistes revendicateurs qui condamnent systématiquement le passé et louent le présent, surtout l'avenir.

Toutefois on doit constater derechef que la structure socio-familiale du passé était intégrée, naturelle, humainement écologique et économiquement logique.

Oh oui, il y avait un intérêt économique à avoir des enfants, afin de s'assurer une vie décente dans ses vieux jours, si on se rendait jusque là. C'est d'ailleurs le problème des pays en voies de développement où les progrès de la médecine dans la lutte contre les maladies infantiles ont provoqué un déséquilibre démographique donc au final plus de problèmes. Mais cette approche de la famille n'était pas qu'économique, elle faisait partie de l'Ordre Naturel et répondait à une certaine morale.

Toutes les sociétés: catholiques, protestantes mais aussi musulmanes, animistes, bouddhistes, shintoïste, hindoues, taoïstes, faisaient une grande place aux aînés et les plaçaient au centre de chaque famille, souvent à titre de personne la plus respectée et importante.

De nos jours, les aînés sont des rebuts, des charges, des visites pénibles à faire dans des centre d'hébergement une fois par mois ou lors des grandes fêtes.

Normal, ils ne rapportent plus. On fait quoi des rebuts? On les jette.

S'ils ont de l'argent par contre, surtout s'ils vont en léguer malgré les coûts de leur hébergement, là ils peuvent être plus, disons, courtisés donc « utiles ».

Vision survivaliste de la chose

J'ai beaucoup, beaucoup de questions qui me sont posées, sur la manière de joindre un groupe ou une communauté survivaliste, tant du public que de mes clients. Je le dis à chaque mois qu'on ne joint pas un groupe comme ça et qu'il faut en fonder un, si on veut en faire partie mais ces questions reviennent quand même.

Ceux qui me parlent de fonder un groupe, la première question que je leur adresse est toujours « avez-vous des enfants? » ou « comptez-vous avoir des enfants? ».

Cette question est primordiale car elle détermine la capacité de durer. Jusqu'à 60-70 ans, et à condition d'être en forme et en parfaite santé, on peut se suffire à soi-même.

Après, la réalité de la vieillesse et de la dégénérescence du corps humain fait qu'on a besoin d'aide, puis d'être pris en charge quand le corps ne peut plus travailler.

Au sein d'une communauté survivaliste, un couple ou une paire dans la cinquantaine et sans enfants, a intérêt à se trouver des familles avec enfants qui accepteront de s'occuper d'eux dans vingt ou trente ans.

Ces enfants devenus adultes auront eux-mêmes des enfants dont ils devront s'occuper, en plus de leurs propres parents. Accepteront-ils d'être liés par l'engagement de leurs parents de s'occuper d'étrangers qui n'auront pas eu d'enfants? C'est à voir.

À moins d'avoir été très présents et d'avoir constitué avec les années un crédit de reconnaissance chez les jeunes d'une communauté survivaliste, les couples et les paires sans enfants auront de la difficulté à trouver des gens qui s'occuperont d'eux, outre l'intérêt financier.

Si ces couples ou ces paires ont eu la bonne idée de convertir leurs valeurs fiduciaires en or et en argent physiques ou en immobilier agricole, ils trouveront peut-être des gens pour les supporter adéquatement contre espèces. Sinon ils seront condamnés à la charité et à la pitié.

La réalité qui fait mal

Les fonds de retraite, papiers qui attestent de la possession d'argent fiduciaire ou de valeurs fiduciaires, ne vaudront pas leur poids en papier après un Effondrement. Avoir des revenus en argent ne garantira pas la capacité de subvenir à ses besoins, encore moins de s'acheter de la main d’œuvre qui travaillera à nous torcher, nous nourrir et nous divertir, si cet argent ne vaut rien.

Pierre-Yves Rougeyron, président du Cercle Aristote
Déjà on parle de plus en plus de la chute du dollar et du remplacement de la monnaie de réserve internationale soit par le Bancor, ce qui ne nous avancerait guère, soit par un panier de valeurs composé de métaux précieux, de devises et de commodités comme le pétrole ou le blé, tel que le suggère Pierre-Yves Rougeyron, président du Cercle Aristote, un jeune homme admirable et ma foi très brillant et les pieds bien sur terre.

Dans tous les cas les valeurs fiduciaires accumulées fondront comme neige au soleil dans un Effondrement économique planétaire.

Outre plus Christine Lagarde, patronne du FMI, a annoncé un Big Reset de la finance dans une communication assez surréaliste. On attend d'en voir les effets mais, #justsaying, tous les pays occidentaux se sont dotés de lois qui permettent le renflouement des banques à même les épargnes des gens et à même les fonds de pension, comme en Grèce, à Chypre et en Espagne.

Big Reset, coût sans cesse grandissant des ressources et des aliments, crise économique anticipée d'une ampleur jamais vue, Effondrement, tensions politico-militaires au Moyen Orient et au Caucase...

Dans ces conditions, ne compteront que le travail réalisé dans le présent et un peu le travail passé et accumulé sous forme de biens réels ou d'espèces sonnantes et trébuchantes.

Le modèle occidental, destructeur de la fonction économique de la famille, qui a fait de la famille un poids économique empêchant la Jouissance, est condamné à mourir par ses propres contradictions. Soit notre civilisation disparaîtra, soit elle reviendra à des fondements plus traditionnels où la famille occupera de nouveau une place centrale.

J'entends déjà les discours sur la surpopulation. Il n'y a pas de surpopulation en Occident, encore moins au Québec. Il y a sur-concentration de population dans les villes et dans certaines régions, certes, mais pas de surpopulation en général en Occident.

Une telle image réjouit beaucoup de femmes parce
qu'elle rejoint leurs fantasmes. Une image où
un homme humilierait une femme provoquerait un tollé.
D'où vient cette tolérance à deux vitesses?
Qui la permet?
J'entends aussi les féministes pester contre cette perspective, celles qui croient que la femme est un homme comme les autres et qui se refusent à leurs attributs si uniques et si précieux: ceux qui leur permettent de donner la vie et de nourrir les bébés. Mais il y a des limites à l'artificialité des choses et un jour ou l'autre la Nature reprend sa place. Mieux vaut s'y préparer.

Si vous croyez à la surpopulation, ne faites pas d'enfants, c'est tout. Mais ne demandez pas aux enfants des autres de prendre soin de vous quand tout partira en couille et que votre chèque de pension du gouvernement ne vous permettra de manger que pendant trois jours... Demandez aux Ukrainiens, Grecs, Chypriotes et Espagnols âgés ce qu'ils pensent des coupures de pension et de l'explosion des prix...

Une famille: une maman, un papa, des enfants

La pérennité c'est durer dans le temps. Ce ne sont pas des stocks qui font durer mais leur renouvellement périodique.

En matière humaine c'est la même chose: le renouvellement passe par notre disparition éventuelle et notre remplacement par nos enfants.

Un couple se forme, ils s'unit, a des enfants. Les parents de cet homme et de cette femme sont encore actifs. Puis les enfants deviennent grands et autonomes, ils s'établissent à leur tour. Leurs parents vieillissent puis se retirent et après un certain nombre d'années, perdent de l'autonomie. Le couple les recueille jusqu'à leur mort, et cet homme et cette femme vivent leur vie jusqu'à ce qu'ils se retirent à leur tour et finissent aussi par perdre leur autonomie, puis sont recueillis à leur tour par leurs enfants.

C'est ça la vie humaine. À l'échelle individuelle, c'est une ligne droite. À l'échelle de l'Espèce c'est un cycle. Nous ne sommes pas des individus libres, sans charges et sans responsabilités comme trop de gens le croient, nous sommes avant toute chose les enfants d'un homme et d'une femme, envers qui nous avons des devoirs. Et nous sommes aussi les parents de nos enfants, envers qui nous avons des devoirs.

L'équilibre c'est tenir compte de nos besoins et envies comme de tenir compte de nos devoirs envers nos ascendants, nos descendants et l'Espèce elle-même.

Nous nous inscrivons dans une continuité qui remonte à la nuit des temps et que l'exception civilisationnelle nous a fait perdre de vue. L'Effondrement ou les catastrophes humaines qui accompagneront la fin de la croissance et des ressources abordables nous ramènera forcément à des bases plus saines et plus naturelles, celles qui ont toujours prévalues tout au long de l'histoire de l'humanité.

Et l'une de ces bases, c'est l'importance primordiale de la famille.

On l'a attaquée et pratiquement détruite mais elle reviendra car c'est la seule base sociologique et économique de résilience qui permet de durer, qui a en plus l'avantage d'être en harmonie avec la Nature tout comme notre histoire.


C'est la famille qui assurera notre résilience dans les grands comme les petits événements ou alors notre civilisation disparaîtra.