dimanche 1 mars 2015

Questions du mois de février 2015


Sur l'effet Dumas et les énergies libres:




Sur la conférence conjointe avec Martin Prescott de Moneymakeredge.ca le 18 avril 2015 prochain:



Sur mon projet de maison isolée de paille:



Sur les conséquences des faillites bancaires sur nos hypothèques:



dimanche 22 février 2015

Survivalisme et maladie mentale: nos voisins médicamentés...

Sans nécessairement le savoir, nous sommes entourés de gens dont l'humeur ou l'équilibre, voire la notion de bien et de mal, est stabilisée de manière médicamenteuse.

Voici un portrait de la situation française:

  • Les anxiolytiques ou calmants (17,4 % de la population a eu au moins une prescription dans l'année précédente) ;
  • Les antidépresseurs (9,7 %) ;
  • Les hypnotiques ou somnifères (8,8 %) ;
  • Les neuroleptiques (antipsychotiques) (2,7 %)
  • Les médicaments de la dépendance alcoolique (0,5 %) ;
  • Le lithium (0,1 %). 
Source: http://www.doctissimo.fr/html/psychologie/mag_2003/mag1121/ps_7222_psychotropes_consommation_francais.htm

Bien que ces chiffres s'appliquent à la France qui serait un peu plus médicamentée que les autres pays occidentaux, il demeure quand même que la situation est similaire dans les pays dits "riches".

La question n'est pas de savoir si c'est grave ou pas. Ni de savoir comment on en est arrivé là, c'est la faute de qui et comment ces gens auraient pu faire pour ne pas dépendre des médicaments.

Ceux qui n'ont jamais connu d'épisode de dépression ou de maladie mentale ne peuvent pas comprendre et encore moins porter un jugement éclairé sur l'état des gens qui en souffrent. Pour avoir fait quelques dépressions dans le passé, j'en ai retenu une chose: vous ne comprenez pas. Seuls ceux qui en ont vécu une comprennent.

Non, la question la plus importante qu'on est en droit de se poser si on pense survivalisme, c'est la suivante: que feront-ils quand les médicaments ne seront plus accessibles?

Gravité de la situation

Les dépressions sont un mal répandu et elles peuvent provoquer une variété de comportements, spécialement si la personne qui en souffre se voit forcée d'interrompre son traitement. Cela va du suicide à l'agression sur autrui. Beaucoup de "suicides by cops" (suicide par policier) sont le fait de gens désespérés et dépressifs.

À part l'encadrement familial et une forme d'hygiène mentale accompagnée de traitements de médecine naturelle et d'activité, il y a peu à faire et les gens qui en souffrent et qui sont privés de médicaments ne représentent pas réellement un danger, à moins d'entrer dans un état de crise et cela dans un contexte bien spécifique.

De plus, il y a fort à parier que si nous vivons dans une société elle-même en crise grave et que la santé voire la vie des gens est en jeu, mon avis personnel est que les dépressions nerveuses et les surmenages seront vite effacés par les nécessités du moment. Il est patent que les sociétés moins riches et technologiques que les nôtres et aux prises avec de réelles questions de survie connaissent peu ou pas de dépression.

Dans le cas des psychoses et des schizophrénies, là on à affaire à d'autres catégories de maladies mentales potentiellement plus dangereuses.

À chaque année on entend parler d'une histoire d'un enfant adulte ou adolescent, psychotique ou schizophrène, qui tue ses parents pendant une crise. Ou d'une telle personne abattue par la police pour son comportement erratique et agressif.

Une personne sur trente-sept consomme des médicaments antipsychotiques selon les chiffres que j'ai cité. Cela signifie qu'une partie d'entre elles (pas toutes, loin de là) est susceptible de perdre le contact avec la réalité ou la notion du bien et du mal si elle est privée de médicament.

Du trouble de voisinage à la tuerie

Des gens souffrant de maladie mentale grave en manque de médicaments, on peut en voir souvent dans la rue ou, hélas, aux infos du soir.

Ils sont cause de problèmes variés, allant du trouble de voisinage à la tuerie familiale ou, dans de rares cas, la tuerie de masse. Même quand ils ne sont pas en sevrage médicamenteux.

Bien qu'ils éprouvent de grandes souffrances, il convient de se placer dans la peau de leurs victimes potentielles, c'est à dire vous, votre famille, vos enfants.

Oh, je sais, on rétorquera qu'ils ont droit à une vie normale et le droit de ne pas être stigmatisés par leur maladie. Je nie ce droit (qui ne peut être réalisé par qui que ce soit) mais je ne nie pas le respect dû à chaque individu. De là à exposer mes enfants à des sévices... Même s'ils ne sont pas volontaires ou malicieux, les actes d'une personne en état de crise peuvent néanmoins laisser des séquelles chez mes enfants s'ils en sont victime. Vous comprendrez qu'entre le respect aux gens malades et la sécurité de mes enfants...

Événements hors de notre contrôle

Dans une société ayant subi un grand bouleversement, l'état mental de chacun en sera affecté. La perte des habitudes cause de grands stress et les tensions nerveuses sont encore plus élevées quand on ne sait pas si on pourra se nourrir ou s'hydrater dans une semaine ou dans un mois.

Rajoutez à cela les sevrages forcés de gens médicamentés et dont l'humeur ou l'équilibre dépend de ces médicaments...

Pour cela, il convient de prendre des précautions.

En premier lieu, identifiez les gens de votre entourage potentiellement affectés par une coupure des approvisionnements en médicaments antidépresseurs ou antipsychotiques. Puis, si vous êtes a l'aise, incitez les à constituer des réserves, pour leur propre bien.

En second lieu, faites-vous à l'idée que le comportement de ces personnes changera le jour où ils seront en sevrage forcé. Dès lors, prenez les moyens pour isoler votre famille, au besoin, de ces personnes.

La bonne nouvelle dans le cas des personnes dépressives, c'est que je crois qu'après une semaine à trois mois de bouleversements, l'instinct de survie prendra le dessus et la dépression, sans être à strictement parler guérie, sera reléguée au second plan.

Dans le cas des personnes qui souffrent de psychose ou de schizophrénie par contre, les nouvelles sont moins bonnes. N'étant plus stabilisées par des médicaments, elles risquent fort d'être dangereuses pour elles-mêmes et pour les autres. Outre la mise en isolation de ces gens ou la mise en isolation volontaire de leur voisinage, je ne vois pas trop ce qu'il serait possible de faire. Ces personnes étaient, dans le passé, internées et retirées de la société. Si la société ne peut plus les stabiliser par médicaments ni les interner, je crains des conséquences terribles pour bien des gens.

C'est Piero San Giorgio qui avait fait remarquer un jour dans un conférence ou une interview qu'il avait remarqué qu'en Afrique Noire, il n'y avait pas de personnes handicapées... sous-entendu: elles meurent jeune. Je crois que ce sera aussi applicable aux personnes qui ne sont plus dans la même réalité que nous, quand ils manqueront de médicaments et si leur situation est assez grave...

Il faudra se faire à l'idée: on ne peut pas tout régler...



dimanche 15 février 2015

Le bon sens en survivalisme

Qu'on parle de survivalisme et de changements structurels majeurs dans nos sociétés et nos modes de vie ne devrait pas nous dispenser d'y retrouver du bon sens. Malheureusement il semble souvent être optionnel.

C'est la raison pour laquelle la majorité des survivalistes amateurs seront presque aussi à risque que les "mondains".

Après toutes ces années en recherche, préparation et études de toutes sortes, tout en étant au centre de multiples confidences, questions et hypothèses de la part de centaines de personnes (et je les remercie tous de leur confiance), je suis obligé de constater qu'être survivaliste et "se préparer" ne garantit rien et ne procure, en général, au mieux de la durée temporaire et au pire rien de plus et dans la majorité des cas uniquement pour des situations ponctuelles.

La faute n'est pas à attribuer au survivalisme en soi, qui n'est ni une personne, ni une organisation, ni même une idéologie (et tant mieux!). La faute est à attribuer d'abord aux gens eux-mêmes, ensuite à l'idée qu'ils développent sur le survivalisme par les interventions des commentateurs et amateurs sur le sujet.

C'est compréhensible mais en même temps c'est très malheureux.

La réalité et l'idée qu'on s'en fait

Si je prends l'exemple de la Redoute Américaine de Rawles (American Redoubt), il y a tellement d'idéologies et de présupposés qui n'ont rien à voir avec le survivalisme mais qui ont pourtant lourdement influencés les thèses qu'il prône.

Sommairement, la American Redoubt consiste à s'établir dans quelques états montagneux des USA (Montana, Idaho, une partie des États de Washington et d'Oregon).

La masse critique de survivalistes autonomes aidant, les populations deviendront résilientes et quand arriveront les coups durs, cette région pourra s'isoler du reste et ainsi maintenir sa sécurité et son autonomie. Ne sont souhaités que les chrétiens et juifs pratiquants, et libertariens, les musulmans n'y sont pas bienvenus. L'idée est que des gens qui craignent Dieu se comporteront bien quand aucune Autorité n'assurera l'Ordre. Une note au passage: Islam signifie pourtant "soumission" [à Allah] alors il m'apparait plutôt qu'ils seraient les meilleurs candidats mais bon...

Comme ces lieux sont dans les montagnes, il sera facile de les "verrouiller".

Le tout est mis de l'avant comme étant l'Idéal des Idéaux alors qu'aucun territoire rencontrant ces conditions sociologiques n'a jamais existé ni fonctionné de cette manière, à plus forte raison pendant un effondrement civilisationnel.

Et il se trouve des gens qui, obéissant à ces préceptes et à cette idéologie, suivent les recommandations de Rawles et construisent tout leur avenir sur des idées et des hypothèses.

Combien de survivalistes font de même, que ce soit sur les idées de Rawles ou de qui que ce soit d'autre?

Le gros ennui avec ce plan, c'est la localisation des bases de lancement d'ICBM nucléaires US! L'une des trois plus grosses concentrations de silos se trouve... au Montana!
Tous les silos d'ICBM US font partie des cibles des ICBM Russes et Chinois de première frappe et vice versa. S'il est un endroit qu'on voudrait éviter compte tenu de cette assurance de destruction nucléaire et de retombées, c'est bien la zone de la Redoubt...
Comme on le voit depuis un an avec la crise Ukrainienne, la perspective d'une guerre nucléaire est revenue nous hanter.

La vérité est qu'on ne sait pas de quoi sera fait l'avenir. Y aura-t-il un effondrement ou pas? Selon le modèle économique actuel, assurément. Maintenant, quand se produira-t-il, dans un an ou dans quinze ans? Sera-t-il violent et subit ou lent et imperceptible? Ne touchera-t-il que les pays industrialisés, i.e. énergivores, ou sera-t-il planétaire? L'Effondrement sera-il précédé d'un sursaut des pays puissants afin de mettre la main sur les ressources énergétiques de la planète, en privant ainsi les autres et en se donnant les moyens de durer plus longtemps? Comme... font les USA depuis 10 ou 15 ans, par exemple?

On ne peut le savoir. On peut le croire, on peut l'anticiper mais on ne peut le savoir.

Tout miser sur un concept idéologique survivaliste est une erreur d'appréciation considérable. Y plaquer des solutions correspondant à cette idéologie est simplement... con.

La réalité qu'on aménage, ou la redéfinition de l'Homme

Il est un fait dont on ne tient jamais compte: l'environnement modèle la civilisation et l'économie tout comme la technologie qui en découle.

En d'autres termes, on ne définit pas la réalité qu'on souhaite et on ne modèle pas la réalité afin de maintenir quelque chose. On la constate, on s'y adapte et on fait avec. C'est la "réalité" qui modèle notre mode de vie et non l'inverse.

L'environnement immédiat est le facteur déterminant des capacités locales de production, de transformation et de culture du sol. C'est la technologie moderne et surtout la disponibilité de grandes quantités d'énergie qui rendent possible la vie en des endroits qui naturellement ne pourraient pas la supporter. De là nos 7 milliards d'habitants de 2015 comparativement au milliard de 1800.

La question n'est pas de savoir si une chose peut être conçue comme étant possible. La question est de savoir si une chose peut être réellement faite; si les matériaux existent, si on peut les transformer ou les utiliser, si on possède le savoir-faire pour ces transformations et à la base, si on a la capacité d'y penser et la volonté d'entreprendre alors là on peut faire. Sinon c'est de la rhétorique inutile.

En définitive, on ne maintient pas une "réalité" qui nous plait. On la subit, qu'elle plaise ou pas. À nous de faire avec, en puisant dedans ce qu'il y a à puiser et en aménageant notre environnement pour que lui, nous plaise.

Conséquemment, toutes les idéologies ou les croyances qui visent à fabriquer un "homme nouveau" ou "un mode de vie plus éthique" relèvent non seulement du marxisme sociétal mais sont en plus des fumisteries. Sans parler du danger pour la liberté qu'il y a à définir un idéal humain et à prendre les moyens appropriés pour que tout le monde s'y conforme... Et dans tous les cas, qu'on définisse l'Homme comme on veut, ce sera la réalité, les conditions économiques et la disponibilité des ressources qui définiront nos modes de vie et même nos valeurs.

Actions à prendre

Afin d'éviter ces pièges contemporains, voici quelques précautions à prendre.

En tout premier lieu, débarrasser les plans survivalistes de toutes idéologies. Le survivalisme n'a pas à avoir un "agenda" idéologique.

Beaucoup de gens poussent en douce un "survivalisme libertarien", sans le dire. Bien qu'un libertarien va quasi fatalement devenir survivaliste en raison de ses inclinaisons personnelles, le survivalisme ne peut et ne doit pas devenir un projet de société libertarienne, ou un projet de société tout court, c'est un contresens conceptuel. On ne peut forcer les gens à faire, pour leur bien, des choses qu'ils ne veulent pas faire, en particulier quand on est libertarien.

Qu'un plan survivaliste servent à implémenter une vision idéologique, soit, du moment que ce plan n'est pas assujetti à des conditions idéologiques qui lui sont incompatibles. Autrement dit, si le survivalisme vous sert à vivre votre idéologie, tant mieux. Si votre idéologie vous empêche de développer un plan survivaliste qui ne serve que les fins survivalistes et rien d'autre, là vous avez un problème, car le survivalisme vise le maintien des capacités de vivre et l'autonomie en toutes circonstances.

En second lieu, ne pas élaborer un plan survivaliste sur un idéal mais bien au contraire sur un possible.

L'exemple le plus ridicule serait de vouloir construire une BAD agricole en milieu urbain sur des terres contaminées. Même avec la meilleure volonté du monde, vous ne pourrez pas obtenir des aliments sains dans un milieu qui ne l'est pas.
De même. ceux qui rêvent à un domaine sans posséder un sou vaillant devraient revisiter leur projet et lui donner une portée plus accessible, par le moyen de partenariats par exemple. Car tel quel, leur projet est irréalisable.

En troisième lieu, ne comptez pas sur la Main Invisible de quelque chose pour arranger vos affaires.

Dans le projet American Redoubt de Rawles, qui va défendre les Marches de la Redoute? Si vous vivez dans les Marches et que votre BAD est en fait la frontière entre la Redoute et le monde extérieur, est-ce que la Main Invisible de la Redoute enverra des troupes et des gardiens qui pour combattre les intrusions, qui pour surveiller vos champs contre les rapines des zombies venant de l'extérieur?
Et ceux qui viendront de l'Intérieur de la Redoute pour défendre ceux qui vivent en périphérie n'en auront-ils pas marre de devoir défendre quelqu'un alors qu'eux aussi ont des terres à cultiver?

En quatrième et dernier lieu, le mieux est l'ennemi du bien. N'attendez pas les "conditions gagnantes" pour commencer un plan survivaliste. Identifiez des objectifs raisonnables et travaillez-y dès maintenant.

Et quand bien même vous êtes loin d'avoir les 5000 ou 6000 dollars ou pour acheter un petit lopin de terre, utilisez en attendant votre argent à des choses utiles comme la réduction de votre endettement ou convertissez-le en des métaux précieux pour protéger vos valeurs. On n'est pas en informatique où on ne trouve que des 0 ou des 1, ce n'est jamais tout ou rien et il y a toujours un petit quelque chose qu'on peut faire.

Il y a toujours quelque chose à faire. L'important est d'y mettre une dose de bon sens.

Le bon sens en survivalisme repose sur une conscience éclairée de sa situation et des capacités de support de son environnement, une évaluation juste et neutre des risques et des dangers et une immersion contrôlée et équilibrée dans la réalisation de nos plans d'action. Pas sur la définition d'un monde idéal ou sur la nécessité d'existence d'un être humain "amélioré".