Chasse aux poules

Quand on parle survie ou préparation, on parle de chasse, inévitablement.

Manquant cruellement d'expérience en ce domaine, après plusieurs journées de chasse infructueuse à l'orignal, j'ai été invité par un ami à l'accompagner un week-end à son camp de chasse dans la région de La Tuque.

Gélinotte huppée
Plus précisément à la chasse à la perdrix, ou aux poules comme on le dit souvent ici.

C'est peut être une des chasses les plus faciles: on voit la bête, on l'aligne, on tire. Le plus difficile est de la voir mais un œil entraîné y réussit presque à tout coup.

Même si cette chasse est la plus facile, elle n'est pas facile dans l'absolu.

J'avais la chance d'accompagner un chasseur chevronné, M., sur son terrain rempli de sentiers entretenus par des être humains, dans un des plus giboyeux secteurs de chasse du Québec.

Donc nous allions donc à deux chasses: petit gibier (moi) et chevreuil (M.). Ce n'est pas l'idéal puisque pour le chevreuil les oreilles sont le principal organe de détection du gibier alors que pour la perdrix et le petit gibier c'est l'oeil.

Notre attention était donc partagée en deux, cherchant les poules et cherchant le chevreuil.

J'avais comme arme un Baïkal MP18 20 ga.. Le calibre 20 gauge est un bon compromis entre un 12 gauge qui peut littéralement vaporiser une poule et un .410 qui demande plus de précision dans le tir et qui délivre peu de plombs sur la cible.

Quant au MP18, c'est un fusil de chasse rudimentaire, fabriqué en Russie, à un coup.

Baïkal MP18, belle arme, bonne prise en main, très agréable à tirer.

Petit aparté: le camp de chasse de M. était une authentique cabane en rondins, assemblée sans un clou (sauf pour le plancher et le toit)! Cela fera rêver les lecteurs Européens (et aussi Québécois, puisque nous perdons de plus en plus nos racines coloniales et ancestrales).



Le lendemain de notre arrivée, à peine 10 minutes après avoir commencé à chasser, BANG! Ma première perdrix à vie!


 
Bilan du week-end: quatre poules et un lièvre (la 4è perdrix a été tuée à 5 minutes de la fin du week-end de chasse et n'est donc pas photographiée ici).

Deuxième aparté: toutes mes bêtes abattues l'ont été par des headshots, des tirs ne touchant que la tête, préservant ainsi toute leur viande. Cela indique une certaine habileté au tir de la part votre humble serviteur, cela d'autant plus que je n'avais tiré avant ce jour qu'une vingtaine de cartouches, surtout pour voir l'étendue des plombs à différentes distance. Pas mal quand même, non?



Nos journées de chasse étaient tout ce qu'il y a de plus relaxe: lever vers 7h30 ou 8h00, départ à 9h00, retour au camp vers 16h00.

Ce qu'un novice (moi) a appris

Sur 16 heures de chasse, nous avons ramené 5 prises au total. Il faut dire que comme nous chassions deux types de gibiers différents, à la chasse fine, les résultats ne pouvaient pas être optimaux. D'autant plus que le chevreuil n'avait pas été "préparé": pas de blocs de sel, pas d'urine, pas d’appâts. Bref, nous chassions presque dans des conditions de survivalisme.

N'empêche, considérant la dépense calorique pour ce que nous avons pris, si nous avions dépendu de cette viande pour disons nourrir ma famille (2 adulte et un enfant en bas âge), nous aurions probablement été en déficit calorique.

La chasse est une activité aux résultats aléatoires. Avec le temps nécessaire et l'expérience, on peut nourrir sa famille mais si le territoire de chasse est occupé par d'autres chasseurs affamés, les résultats deviendront assez rapidement nuls.

Les oiseaux ou le petit gibier comme le lièvre se préparent somme toute assez rapidement. Il faut moins de 5 minutes pour plumer une perdrix et en extraire la viande. Si la viande d'une perdrix est utilisée comme met d'appoint lors d'un repas, une perdrix pourrait suffire pour nourrir ma famille de trois.

Les oiseaux sont donc un excellent gibier: relativement facile à tuer, abondant, rapide à préparer.

Maintenant, il n'y a pas que la chasse et si nous avons réussi à abattre un lièvre, c'était par chance car je tirais au des plombs de grosseur 7 1/2 alors qu'il aurait au moins fallu du 6 (plus gros) voire même du 5 ou 4. De plus, comme je marchais avec mon canon basculant ouvert, il a fallu que je le referme, que j'élève mon fusil, vise et tire. Le lièvre aurait pu s'enfuir plusieurs fois et nous l'aurions perdu. D'ailleurs, nous avons aperçu un autre lièvre qui s'est sauvé rapidement avant qu'on n'ait le temps de réagir.

Bref, plus que jamais je considère que la chasse n'est pas la panacée. Les premiers colons le savaient puisqu'ils élevaient des animaux de boucherie.

Le survivaliste que je suis considère la chasse comme étant un extra. Mais en attendant Ragnarok, quelle agréable activité!

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