Survivalisme et enfants


Le survivalisme est généralement une affaire d'adultes, des red necks diraient même une affaire d'hommes. De vrais hommes!

Question de perceptions car la survie ou la préparation touche chaque personne qui désire affronter les aléas de la vie avec les meilleures chances possibles. Même que les efforts de l'un profitent aux autres membres de la famille.

Il demeure que le survivalisme touche aussi les enfants.

Doit-on les préparer ou les tenir à l'écart de nos préoccupations afin de leur épargner l'angoisse d'évènements hypothétiques?

Tout dépend de plusieurs facteurs font notamment l'âge, les prédispositions à affronter l'adversité et le contexte familial général.

Je suis partisan d'impliquer le plus tôt possible les enfants dans notre démarche. Pas nécessairement comme partie intégrante consciente du grand ensemble de notre plan mais plutôt à des activités ponctuelles, sous forme de jeux, de sorties, d'apprentissages, d'apprentis mêmes.

Par exemple, la personne qui se prépare non seulement à un évènement brisant la normalité mais aussi à des changements permanents de la normalité est généralement près de la Nature ou à tout le moins s'y intéresse car elle y voit le seul moyen de subsister à long terme, une fois les réserves alimentaires épuisées.

Il est fort possible d'intégrer des enfants, même en très bas âge, à nos activités de culture du sol, en leur faisant dépierrer un potager, retourner une petite parcelle de terre, planter leur propre jardin.

Les enfants très jeunes imitent ce que nous faisons et sont capables de comprendre des directives du moment qu'elles leur sont bien expliquées.

Le tout est de savoir comment s'y prendre.

On ne dira pas à une fillette de 3 ans de travailler la terre pour faire pousser des aliments car s'ils ne poussent pas nous mourrons de faim! Ce serait terriblement maladroit et irresponsable: les enfants n'ont pas à gérer des préoccupations d'adultes ni à assumer des responsabilités pour lesquelles ils ne sont physiquement et mentalement pas prêts.

Par contre on peut lui enseigner les gestes à poser, lui dire ce que ça va nous procurer plus tard et surtout dédramatiser si les plantes ne poussent pas bien.

L'important c'est d'intégrer le travail de la terre dans sa normalité, de lui permettre de développer les gestes, le savoir-faire et éventuellement, la compétence et la compréhension.

On peut amener un enfant très jeune à la chasse. Mais attention, cette chasse sera en fait une randonnée dans la forêt ou dans un champ avec un petit paquetage au dos et un fusil de chasse à l'épaule de l'adulte sans cartouche chambrées et avec un magasin vide. Et pendant la marche, on pointe du doigt les oiseaux, on parle de leur comportement, des moyens de le chasser, de la nourriture qu'ils nous procurent, de ce qu'ils mangent. Si on observe des castors ou des marmottes ou d'autres animaux plus gros, on fait de même et on enseigne comment les appâter, comment les piéger, etc.

Il n'est vraiment pas nécessaire de tirer le coup de feu lors de cette activité, même que ça serait contre-productif et imprudent. La présence d'une arme de chasse ne sert qu'aux fins de familiarisation à l'activité de la chasse et à la présence d'une arme à feu et non à chasser.

L'empaquetage ou la préservation des aliments est une excellente occasion d'enseigner aux enfants la prévoyance et la technique elle-même. Nul besoin de dire que c'est pour Ragnarok qu'on prépare ces paquets! Par contre on peut aisément expliquer que c'est pour manger plus tard. Il n'est pas exclu même d'ouvrir dans le courant de l'année un des paquets préparé par l'enfant ou mieux, le lui faire ouvrir! Et toujours, toujours lui manifester notre reconnaissance pour son travail de préparation.

On peut aussi faire oeuvre charitable en préparant des paquets alimentaires pour les démunis, lors de la guignolée annuelle et quand les banques alimentaires ou la Croix-rouge  lancent des appels à tous. C'est un excellent moyen de sensibiliser les enfants aux problèmes alimentaires dans le monde et même dans la société qui nous entoure, de leur expliquer que les aliments ne vont pas de soi et que c'est possible d'en manquer.

Vient un âge où les enfants atteignent l'âge de raison, c'est à dire le moment où leur cerveau a assez maturé pour leur permettre de raisonner, de faire des opérations logiques de base, d'émettre des hypothèses et de leur permettre de trouver des solutions réfléchies.

À ce moment on peut commencer à divulguer un peu plus la nature de nos activités de préparation. C'est le moment de l'initiation au tir, à la chasse, à la prise de responsabilités mineures. On les met aussi en charge de nourrir les animaux domestiques ou les petits animaux d'élevage. On présente le grand ensemble mais toujours en sécurisant l'enfant sur les probabilités d'une crise majeure et en prenant toujours bien soin de dire que nous y sommes préparés.

On ne saurait trop insister sur l'éducation: réussir à l'école, apprendre à bien lire et écrire et compter. Pour nous, survivalistes et preppers, qui sommes par définition des généralistes (potentiellement ou actuellement paysans, chasseurs, trappeurs, pêcheurs, bûcherons, secouristes, instituteurs, commerçants et j'en passe), la capacité à lire et comprendre des textes est essentielle car nous ne pouvons tout savoir mais nous avons pourtant besoin de pouvoir tout savoir. C'est sur Internet, dans des manuels, des encyclopédies, des ouvrages techniques que nous puisons beaucoup de notre savoir et les enfants doivent aussi être en mesure de consulter ces outils.

En effet l'autonomie passe par le savoir et le savoir-faire. Être autodidacte est bien mais il faut avoir un minimum de bases sur lesquels construire. De plus, jusqu'à preuve du contraire, nous vivons dans le siècle, nous avons des emplois ou des entreprises et ce n'est que lorsque (ou si) un événement majeur se produira que nous deviendrons survivalistes à temps complet.

Il est important de communiquer cela à nos enfants!

Ultimement, que voulons nous pour nos enfants? Qu'ils soient heureux, qu'ils soient en santé et qu'ils réussissent dans la vie, peu importe de quoi que cette vie aura l'air sur le plan individuel et collectif. en d'autres termes, nous les voulons autonomes. Et ça, ça commence tôt.

J'ai une fillette de trois ans et quand je cuisine, elle veut m'aider. Elle sait comment faire le pain, avec de l'aide, elle brasse dans mes casseroles, juchée sur une chaise, elle sait où mettre et ne pas mettre ses mains pour éviter les brûlures. Mais d'un autre côté, elle regarde aussi ses émissions télé, elle fait du découpage et du collage, du dessin, elle chante et saute et danse et rit. Bref, elle fait sa vie de fillette heureuse tout en étant initiée progressivement au survivalisme, en respectant ce qu'elle est et ce qu'elle est capable de faire et de comprendre.

Au printemps prochain, je l'amènerai à plusieurs reprises en forêt pour quelques heures, pour "chasser" et commencer à goûter ce qu'est la nature sauvage. Elle apprendra qu'elle peut se nourrir avec ce qu'on trouve mais aussi qu'elle doit demander si tel fruit ou telle plante est comestible. Je lui montrerai que notre environnement n'est ni amical, ni hostile, il est, simplement et c'est à nous de le connaître et de s'y adapter.

Elle sèmera aussi son propre potager et prendra soin de ses plants, toujours sous supervision.

Les enfants veulent apprendre! Et quand c'est réalisé en plus en passant du temps avec leur mère ou leur père, ce sont des moments extraordinaires pour eux. Puisqu'ils sont des éponges alors inculquons leur de bonnes valeurs survivalistes et des bons savoirs. Ils se développeront en personnes heureuses, solides et parfaitement autonomes.  






Commentaires

Anonyme a dit…
En parlant des kids, moi je vis dans le sud profond de la France, quand je me balade en forêt, les tiques et la maladie de Lyme associée m'embêtent. Je crois qu'un vaccin est disponible, mais pas commercialisé, pourquoi ? J'ai pas envie de vaporiser de produits chimiques les gosses à chaque fois...
Victor a dit…
En effet c'est très embêtant ce risque. Ici on n'a pas ça, enfin, il y a de très très rates cas dans le sud du Québec mais ça demeure anecdotique... pour le moment.

On n'a pas de serpents venimeux non plus mais par contre, les ?%*?%$!$?&%?/ de maringouins, les brûlots et les mouches noires peuvent nous empoisonner la vie, rien de plus grave.

Quant au vaccin je n'en ai jamais entendu parler. Si tu as plus d'infos tu pourrais les partager pour le bénéfice de tous?
Anonyme a dit…
J'ai trouvé cet article datant de 2009 je crois :
http://www.doc-dz.com/t3438-la-vaccination-contre-la-maladie-de-lyme-dcc-3
Bonnes balades dans la nature malgré tout !
Loup Espiègle a dit…
Ce commentaire a été supprimé par l'auteur.
Loup Espiègle a dit…
Bonne question que les enfants et la préparation survivaliste !

J'ai ouï dire que la pédagogie Montessori forme des enfants responsables et autonomes, mais ça ne colle pas avec tous. La pédagogie Steiner est aussi intéressante pour rendre les enfants capables, bien plus à mon sens que l'éducation "main stream".

Que penses-tu du homeschooling ?

Pour Anonyme, je cite ton lien : À l'heure actuelle, l'immunisation contre B. burgdorferi n'est pas recommandée pour les enfants âgés de < 15 ans.
Dommage !
Victor a dit…
Le homeschooling je suis pour et j'aimerais bien que moi-même que notre fille soit "homeschoolée" plus tard mais il nous faut malheureusement les deux salaires pour arriver..

Ce qui compte, ce n'est pas tant ce que les parents croient ou pas, c'est de permettre à l'enfant de déployer ses ailes, d'abord dans une cage pour sa sécurité, puis dans une volière, puis à l'air libre.

Quant aux moyens, c'est simple: ceux qui fonctionnent sont bons, ceux qui ne fonctionnent pas sont mauvais, on peut croire ce qu'on veut sur le bien de nos enfants mais il faut toujours les observer, prendre de la distance afin que nos croyances ne prennent pas le pas sur leurs besoins.

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