Se maintenir en santé

Un des plus grands soucis des survivalistes, c'est la santé. En tout cas ça devrait l'être.

Quand tout s'est effondré, quand les chemins ne sont plus sécuritaires ou praticables, quand notre alimentation est bouleversée et pas optimale, tomber malade est une des pires choses qui peuvent arriver.

La maladie réduit nos forces, nous empêchant de cultiver nos champs, de chasser, trapper, couper du bois à cause de la faiblesse, diminue considérablement notre vigilance, nos réflexes et notre jugement, éléments si critiques pour faire face à d'éventuelles menaces.

Cela, toute personne intelligente le sait déjà!

Ce qu'on sait moins, et ça n'a rien à voir avec l'intelligence (!), c'est comment fonctionne notre système immunitaire.

Je ne suis pas médecin aussi c'est à ne pas prendre comme étant un avis médical.

Qu'est-ce qu'un système immunitaire?

C'est l'ensemble des mécanismes qui permettent à notre corps de lutter contre les invasions de corps étrangers pathogènes ou reconnus comme tels.

Le corps a différents moyens de protéger son intégrité: élévation de température, sudation, production d'anticorps, de globules blancs, etc.

Cela suppose deux choses essentielles: posséder assez d'énergie pour activer nos défenses et posséder assez de matière première pour fabriquer ce dont on a besoin pour se défendre.

En d'autres termes, il faut être relativement en forme pour bien lutter contre la maladie, ce qui semble à première vue contradictoire.

Mais ça n'est pas contradictoire quand on y regarde de près.

À chaque jour, nous subissons des millions d'agressions sous forme de bactéries, champignons, virus et autres "bébittes" malsaines et répugnantes, tellement répugnantes qu'elles sont invisibles exprès!  

La seule raison pour laquelle nous ne sommes pas constamment malades, c'est parce que notre système immunitaire attaque systématiquement ce qu'il est capable de reconnaître comme étant un agent pathogène.

Notre tâche à nous, comme êtres conscients capables de décisions, c'est de lui fournir le carburant, les matériaux et les conditions optimales pour que ce système immunitaire fasse son boulot correctement.

Les conditions gagnantes

Nous connaissons infiniment mieux la nutrition, la médecine et les maladies infectieuses que nos ancêtres. Chaque décennie qui passe double ou triple les connaissances médicales de sorte que nous avons constamment un meilleur portrait de ce qu'il faut faire et ne pas faire.

Voici quelques éléments importants pour maintenir une santé optimale. Ce n'est pas une liste exhaustive, notez-le.

Je ne cite pas mes sources car ces connaissances sont le résultat de plusieurs années de fouinage et d'errance (!) sur Internet. Par contre ce que je considère comme sérieux et solide (ce que je partage ici quoi), a été l'objet de vérifications auprès de sites spécialisés sérieux ou dans les études elles-mêmes.

Mais, comme je dis toujours, ne prenez jamais rien pour argent comptant (surtout que l'argent qu'on a, c'est du phoney money!). Faites vos propres recherches et vérifiez les affirmations.

Nutrition. 

Une bonne nutrition fournit au corps l'énergie et les nutriments nécessaires à son bon fonctionnement et à sa défense en cas d'agression pathogène.

Il est très difficile d'obtenir une bonne nutrition dans une société industrialisée. Les produits sont transformés, standardisés et moins "riches" que par le passé, à cause de l'intensité de l'agriculture industrielle, de la pression pour des rendements élevés et l'obligation de fertiliser avec des produits chimiques comme l'obligation d'utiliser des insecticides dont on connait peu les effets à long terme. Enfin, le peu qu'on connait fait très peur...

Depuis que nous nourrissons le bétail avec de la moulée, il y a une baisse notable d'omégas-3 et une hausse importante d'omégas-6 dans la viande que nous mangeons. Les omégas-3 sont un acide gras essentiel qui a des propriétés anti-inflammatoires alors que les omégas-6 ont des propriétés... inflammatoires! Pas étonnant que les maladies à composante inflammatoire soient en si grande progression, y compris et surtout le cancer qui se développe toujours sur une inflammation...

Les aliments à privilégier sont les produits frais, peu ou pas transformés et bio. Avec cela on met toutes les chances de notre côté.

Sommeil.

Ça ne fait pas viril et survivaliste mais
il si était mignon ce petit chaton!
Le sommeil est plus important qu'on ne le pense. 

Outre l'effet réparateur, le confort et le bien-être qu'il procure, le système immunitaire fonctionne à son maximum pendant certaines phases du sommeil. 

C'est pendant ces phases que la production d'hormones  réparatrices est à son meilleur, que les blessures sont le plus cicatrisées, que les os se soudent le plus.

Quand nous sommes blessés ou malades, il faut dormir, le plus possible, le mieux possible.

Bannir la colère.

Non ce n'est pas un truc New Age ou ésotérique. 

La colère diminue de moitié l'activité et l'efficacité du système immunitaire pendant une période de 5 à 6 heures! 

Pendant ces 5 à 6 heures, notre exposition aux agents pathogènes nous rend plus à risque de développer une maladie. Comme il est rare que nous nous mettions en colère juste avant le coucher, c'est pendant notre journée active, alors que nous sommes susceptibles de toucher à plein de choses et d'être en contact avec des gens ou des objets infectés (rhume, grippe), que notre système immunitaire sera ralenti.

En contexte de survie, comme dans la vie de tous les jours de la normalité actuelle, nous n'avons pas le luxe de céder à la colère!

Éviter le stress non évacué.

Le stress n'est pas mauvais en soi. C'est une réaction à une situation perçue comme menaçant notre vie, notre intégrité et par projection, notre situation ou nos biens.

Le stress produit des hormones qui aident à faire face à la situation génératrice de stress. Une fois ce pic passé, les hormones sont "rangées" dans leurs lieux de stockage dans le corps. Le problème c'est quand ce stress n'est pas dépensé physiquement. Auquel cas il affecte notre système immunitaire de manière importante.

Pour les anxieux (comme moi?), le remède à cette situation c'est... l'activité physique régulière et un conditionnement ou une éducation à la gestion du stress.


Activité physique.

L'exercice physique est un excellent régulateur de la santé. 

Outre l'augmentation du tonus, de la circulation, de la santé cardiaque comme de la santé mentale, l'activité physique entraîne une production accrue d'endorphines, qui sont plusieurs centaines de fois plus puissantes que la morphine! 

L'endorphine est en quelque sorte l'hormone du bonheur et elle n'est produite qu'en cas de douleur intense, pour compenser ou en cas d'activité physique.

Ensoleillement.

Les troglodytes avaient plus d'heures d'ensoleillement que nous, j'en suis convaincu! Nous avons développé une société d'intérieur et le soleil a un rôle essentiel à jouer dans notre santé: il provoque la production de vitamine D. On dit que 15 minutes d'exposition par jour suffisent. Oui, c'est vrai, 15 minutes suffisent pour atteindre le minimum requis préconisé par les organisations nationales de santé. Mais ce minimum, est-il suffisant?

La vitamine D! Si vous ne deviez prendre qu'un seul supplément toute votre vie (outre des conditions médicales spécifiques), ça devrait être la vitamine D!

Outre ses effets préventifs contre une foule désordres ou de maladies, dont plusieurs types de cancer, la vitamine D est étroitement impliquée dans le travail du système immunitaire. Elle augmente de beaucoup son efficacité.

Facile à trouver et très abordable:
la vitamine D
La vitamine D prise en comprimés coûte trois fois rien, se stocke très aisément et durablement et est trop abordable pour s'en passer.

La dose recommandée généralement en supplément est de 400 UI mais Santé Canada recommande 1000 UI durant les six mois d'hiver. 

Et moi? 

C'est 4000 UI par jour, ce qui constitue la dose maximale sécuritaire, comme de plus en plus d'études le démontrent.

Autres suppléments.

Si on mange bio, en principe, on ne devrait pas avoir besoin de suppléments. Mais comme manger bio coûte cher et que tous les produits ne sont pas nécessairement disponibles, il faut parfois se supplémenter.

Si maintenant vous n'aviez que deux suppléments à prendre dans votre vie (!) outre la vitamine D au premier rang, le second devrait être de l'oméga-3.

L'oméga-3, acide gras essentiel comme je l'ai écrit plus haut, est un des meilleurs gras qui soient pour la construction cellulaire. 

Contrairement à ce qu'on pense, des neurones sont créés chaque jour. Le gras nécessaire à leur création est pris parmi le gras disponible. Si nous avons suffisamment d'oméga-3 dans le corps, ce gras là sera prisé et utilisé avant tout autre, car c'est le meilleur qui soit pour notre corps.

Le gibier contient habituellement des omégas-3, comme la viande bio et certains poissons gras. On en retrouve des précurseurs dans certains végétaux. Mais la source première, la meilleure source d'omégas-3 c'est le gras animal. Désolé pour les végés...

Maintenir une température corporelle adéquate.

Ce n'est pas le froid qui donne le rhume ou la grippe. 

Ce sont les virus! 

Le froid par contre mobilise plus d'énergie dans notre corps et celui-ci peut moins bien lutter contre l'infection.

Si notre corps est traumatisé par le froid et qu'en plus notre masse corporelle ne contient d'avance pas beaucoup de gras et que nous ayons une alimentation faible en calories, c'est la porte ouverte à toutes les infections!

Lorsqu'on affronte le froid, on peut facilement doubler notre dépense calorique. Une activité qui requiert 3000 calories l'été peut en réclamer 6000 quand on combine la lutte au froid, l'effort supplémentaire causé par l'épaisseur et la rigidité de nos vêtements et les déplacements plus difficiles dans la neige ou sur la glace  

Alcool et drogues

L'alcool est un intoxicant. l'effet d'ivresse est causé par l'alcool autant que par la réaction de notre organisme à ce poison. Oui, pour le corps, l'alcool est un poison qui doit être éliminé! Comme en toute chose, les comportements raisonnables priment et la raison a toujours sa place. 

L'alcool doit être consommé modérément car il est utile au survivaliste: préservation de certains aliments, antiseptique topique, ingrédient dans certaines recettes, etc.

Les drogues, y incluses la nicotine et la caféine, perturbent le fonctionnement de notre corps. La nicotine est décidément inutile et seulement nuisible. La caféine est une drogue bénigne dont on peut se passer mais consommée en petite quantité, elle offre des avantages.

Le cannabis est bien connu et son huile essentielle est de plus en plus identifiée comme étant un médicament efficace contre notamment le cancer. Par contre la consommation récréative de cannabis ne devrait pas avoir lieu, elle fausse nos perceptions, ralentis nos réflexes et a un effet dépresseur, comme l'alcool d'ailleurs. Dans un contexte de survie il vaut mieux conserver tous ses moyens intacts.

La santé est primordiale

La santé pour le survivaliste, le prepper ou l'autarciste est une question de première importance car elle affecte directement sa capacité de survivre dans une nouvelle normalité.

Il n'y a pas de compromis à faire à ce sujet, surtout si la brisure de normalité est survenue récemment. Les changements d'habitude ou de mode de vie sont parmi les plus grands stress à vivre et nous l'avons vu, le stress non dépensé physiquement affaiblit le système immunitaire. 

Il faut donc spécialement faire attention lors de l'arrivée d'une crise et dans les semaines qui suivent car c'est là que les risques de tomber malade sont les plus élevés.

Des réserves de médicaments, spécialement d'antibiotiques à large spectre, sont essentielles. Par contre les médicaments ont une durée de vie limitée. Dans certains cas il faudra même apprendre à les manufacturer.

Quant à la vaccination... Je suis personnellement mitigé: certains vaccins sont essentiels (comme celui contre le tétanos mais d'autres m'apparaissent superflus. C'est une question de jugement personnel, finalement.

Mais peu importe les considérations diverses, la chose la plus importante c'est la santé et son maintien. Tomber malade réduit nos chances de survie à court, moyen et long terme.

Et cela, nous ne pouvons pas nous le permettre.

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Commentaires

Anonyme a dit…
Tiens, je te recolle ça, je crois que ça posais la question: Quoi faire avec peu de moyens ?

Je viens de lire ton blog, ultra intéressant, plein de bon sens dont plusieurs choses que j'essaie déjà de faire, MAIS honnêtement ça me stresse royal: il y a longtemps que j'essaie de devenir autonome, de faire divers travaux manuels, de stocker, mais je ne suis encore qu'étudiante, j'ai des dettes (petites en comparaison à d'autres mais quand même), je n'ai qu'un appartement qui est relativement grand mais bien trop petit pour stocker, un immense grenier qui devient si chaud en été que je n'ai aucune idée si stocker de la bouffe là est le moindrement bon, je n'ai sûrement pas accès à "d'autres endroits secrets où cacher ces stocks", pas du tout les moyens d'acheter une terre, j'ai donc un jardin aux yeux et vues de tous; bien que j'essaie je ne suis pas du tout en forme parce que je suis complètement noyée dans la rédaction de mon mémoire...

Honnêtement, les observations que tu fais de la réalité, j'en ai fait beaucoup des pareils, mais je n'ai pas les moyens d'avoir les moyens, si tu vois ce que je veux dire. Bref, on fait quoi dans ce temps là ?
Anonyme a dit…
Salut Anonyme,
Demande toi d'abord si la rédaction de ton mémoire ou plus simplement le choix de ton futur métier te permettrai de survivre dans un monde en chute libre....Si c'est le cas, alors tu peux miser sur les compétences que tu es en train d'acquérir.....
Si ce n'es pas le cas et que tes moyens ne te permettent pas de te préparer convenablement alors tu devrais t'orienter vers un job qui aurait beaucoup d'utilité dans l'avenir....Du genre "médecin" voir même moins long en terme d’études comme "infirmière urgentiste" ou de bloc "opératoire".
Ce ne sont que des exemples !
il y a plein de compétences qui seront recherchées "après" et qui permettront de s'en sortir aussi bien qu'avec une BAD !
Capausoleil
Anonyme a dit…
hahahaha après deux diplômes et aucune compétence en mathématiques ? Je ne serais même pas acceptée. Je reste en mémoire. Je suis trop vieille pour me réorienter.

Je peux me débrouiller pour plein de petits trucs utiles à ma survie, mais mes moyens et mon espace sont restreints.
Anonyme a dit…
Je croix qu'il est nécessaire de faire un bilan de ce qu'on a autour de soi en terme de points de repère (relations, lieux) mais aussi tous nos acquis et expériences de vie.
Il est bien certain qu'il faut partir de là où on est et ne pas se comparer trop vite aux autres. L'espace est restreint? Peut-être est-ce suffisant pour une étudiante. Les moyens sont restreints? Il est possible de faire des échanges ou de se procurer du matériel de survie même dans les magasins d'usagés. J'en sais quelque chose!
Ainsi le réseau d'entraide ne sera pas le même pour chaque personne: réseau de troc, famille élargie ou association d'étudiants engagés peuvent très bien répondre aux besoins de préparation et de communauté.
Léandre

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