Les armes du survivaliste expliquées à sa conjointe

D'abord, excusez le titre paternaliste, il vise à provoquer, non insulter.

Cet article touche à beaucoup de sujets aussi j'implore votre indulgence si ça semble aller à hue et à dia...

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Au Québec, il existe un obstacle de taille au survivalisme.

Ce ne sont pas les Lois, elles n'empêchent pas le survivalisme comme mouvement et comme activité.

Ce ne sont pas non plus les médias ou la pression qu'ils pourraient exercer: le thème est quasi-inexistant de leur horizon.

L'obstacle, c'est la perception très négative des armes à feu et de la protection personnelle, une perception véhiculée principalement par (et j'oserais "pour") les femmes.

Un peu d'histoire récente

Mais c'est compréhensible: en 1989 nous avons eu Polytechnique, un évènement qui a marqué l'imaginaire et pour cause: un désespéré a tué des femmes et seulement des femmes car c'étaient des femmes qu'il voulait tuer.

Les hommes étaient exclus et le tueur les a même fait évacuer avant de se livrer à son infâme acte.

Quand on connait la puissance des lobbys féministes Québécois, on comprend l'amalgame qui a été fait entre la possession d'une arme à feu et la violence faite aux femmes.

À la suite de cet évènement qui a même eu un impact législatif important en resserrant la législation canadienne sur les armes à feu (et qui, ironiquement, n'a pas rendu illégale la possession du Ruger Mini-14, l'arme du tueur!) nous avons pu assister à une campagne contre les armes, parce que les propriétaires sont majoritairement masculins.

À cela s'est rajouté une autre fusillade dans une école, le Collège Dawson. "Heureusement" une seule personne est morte, heureusement car ça aurait pu être bien pire. Fusillade suivie encore une fois d'une autre action législative.

Arme à feu = violence sexiste?

Manifestation reliée au drame de Polytechnique
Dans certains milieux, tout homme possédant ou désirant posséder une arme à feu est suspect: c'est un macho, donc un tueur potentiel, d'aucuns diront même que c'est un tueur avéré, il n'est juste pas encore passé à l'acte.

Chez plusieurs femmes, la question n'est même pas discutable, c'est un tabou.

Quant aux rares femmes qui possèdent des armes, on les regarde bizarrement, comme des curiosités.


Pourquoi une femme posséderait une arme à feu?!? Les femmes ne sont pas des tueuses après tout!

On comprend dès lors pourquoi le survivalisme n'a pas bonne presse au Québec, pour le peu de presse qu'il a...

Laissez moi donc vous présenter une autre perspective.

Un peu d'histoire

De tout temps, l'homme a possédé ou porté des armes.

À une certaine époque les armes "nobles" (principalement l'épée) étaient l'apanage d'une élite aristocratique mais la démocratisation de la guerre a aussi démocratisé les armes.

La seule limite aux armements a toujours fonctionnelle et reliée au budget. Les riches ont eu des armes à feu, les pauvres des faux, des piques.

Certains milieux étaient plus armés que d'autres: le Paris du XVIIè siècle avec ses coupe-gorges, ses Halles, sa pauvreté et sa concentration urbaine, était infiniment plus dangereux qu'un petit village côtier de France, loin des circuits commerciaux.

Dans le premier cas les gens armés l'étaient par nécessité et dans l'autre les gens ne l'étaient pas pour cause d'absence de nécessité. La nécessité fait toujours loi.

Les premiers colons de Nouvelle-France ont du s'armer lors des guerres avec quelques unes des Premières Nations et les colons Britanniques plus au Sud.

Un monde dangereux commande l'armement personnel, un monde sécuritaire n'impose plus la nécessité de se défendre.

Pratiquement tous les agriculteurs du Québec ont des armes à feu afin de contrôler la vermine. Bien sûr on ne parle plus de défense contre des humains malintentionnés mais c'est quand même de prise de la vie qu'il s'agit.  

Les armes personnelles sont fonction de la nécessité immédiate ou anticipée et non d'un amour de la violence. Seuls les tueurs en série aiment tuer. 

Mais au delà de tout ça, c'est la construction de l'État à travers les siècles qui a fait le plus reculer la possession d'armes chez les particuliers.

L'État s'est arrogé le monopole de la violence dite "légitime" en échange de quoi il "garantit" la sécurité de ses citoyens. Ce qui est faux car en fait il "garantit" qu'il agira après le fait pour trouver et traduire les criminels devant les tribunaux.

Plus l'État se construit, plus le citoyen se fait désarmer. Une seule exception, qui embarrasse bien des politiciens locaux et leurs commanditaires: les USA, où l'État (Fédéral) est incapable de mener à bien son entreprise de désarmement personnel à cause de la protection constitutionnelle entourant la possession d'armes.

On le voit en France, on l'a vu en URSS et en Allemagne dès l'arrivée au pouvoir du NSDAP, le parti nazi: l'État désarme ses citoyens.

Les armes à feu: un outil d'oppression contre les femmes?

Mythe:

"Si on donne une arme à feu à un homme, c'est lui donner un moyen de plus pour terroriser ou tuer sa femme."

Et pourtant, la nature de l'homme est tellement, tellement différente!

Une preuve, ou sinon un indice? les prévenus et les condamnés étiquetés "batteurs de femmes" doivent être isolés dans les prisons et les pénitenciers parce qu'ils sont à leur tour battus par les codétenus! Les hommes en général ne tolèrent pas que d'autres hommes violentent les femmes.

Dans n'importe quel milieu, on entend souvent dire, avec indignation "il s'en est pris à une femme", et croyez moi c'est avec un ton de réprobation sans mélange, les plus ardents étant plus souvent qu'autrement les hommes.

2011, Égypte, Place Tahrir, des femmes sont protégées par une
cohorte d'hommes suite aux viols multiples de manifestantes
par des policiers et des militaires.
On voit aussi de temps à autre, sur la place publique, des hommes intervenir quand le ton monte très haut entre conjoints qui s'engueulent: les hommes viennent protéger la femme impliquée ou à tout le moins sont aux aguets et tournent autour de l'homme pour lui indiquer qu'ils sont là. J'en ai été témoin plusieurs fois. Et je l'ai fait moi-même.

Avec beaucoup de mauvaise foi, on peut soulever que ça dénote une attitude sexiste car ça sous-entend que la femme doit être protégée.

Peut-être. Auquel cas c'est un sexisme qui est apprécié par celles qui subissent de l'intimidation ou de la violence, croyez-moi!

Et qui plus est, c'est dans la nature de l'homme de jouer aux héros et parfois, hélas, au lâche. Là dessus je vous invite à lire ce témoignage d'une femme paru dans La Presse: Le goût amer de l'indépendance. Cette femme qui témoigne a pointé du doigt des vérités trop souvent occultées sur la nature des rapports homme-femme. Elle affirme: "Le problème de la société d'aujourd'hui, c'est que l'équilibre naturel de la vie n'existe plus."; et

L'homme n'est pas fait pour être un toutou de salon qui fait couler un bain à sa femme en lui massant les pieds. Il est fait pour chasser le mammouth, bûcher du bois et aller au front. Il a la force et l'endurance pour ça, c'est sa part de l'équilibre à lui, arrêtez de vouloir lui enlever et le changer.
Je ne prône pas un retour vers une époque où les femmes restaient à la maison à torcher planchers, mari et enfants. Je crois que si une société s'est construite comme celle que nous connaissons aujourd'hui c'est qu'elle sert certaines nécessités socio-économiques: rien n'arrive pour rien.

De plus l'idée que la Femme ait la possibilité de bien gagner sa vie est en soi un réconfort: nul ne devrait être condamné à la misère à cause d'une prédestination économique quelconque fondée sur l'origine, la couleur, la religion, les opinions, l'orientation sexuelle et le genre sexuel. Ce n'est pas négociable.

Liberté. Liberté en acceptant les attributs de la Nature, mais liberté quand même.

Et le survivalisme là dedans?

Le survivalisme est en contact, parfois très inconsciemment, avec la nature humaine profonde. Ses adeptes savent que tout ce qui "civilise" et pacifie les gens ne sont que des constructions (légales, sociales, socio-économiques) qui exigent un assemblage très sensible de conditions pour pouvoir continuer à exister et ce système nécessite un entretien constant. C'est comme les routes: si elles ne sont pas entretenues, elle se détériorent.

Massacre au Rwanda
Les survivalistes sont des gens qui réfléchissent et envisagent des situations qui remettent en question nos acquis: et si demain la police ne suffisait plus? Et si demain la police n'existait plus? Et si demain ma famille était laissée seule à elle-même? Et si demain c'était le chaos dans les rues?

Los Angeles, Miami, la Nouvelle Orléans, Londres, les Banlieues de Paris, les exemples de l'abandon temporaire par l'État de zones trop turbulentes ne manquent pas.

Le réflexe, c'est de s'armer contre l'Autre qui est hostile et qui veut s'en prendre à nous à notre famille, à nos moyens de survivre. C'est non seulement un réflexe, c'est un devoir.

Les gens ne sont pas fous, ils sentent les choses à défaut de toujours pouvoir les analyser correctement. Ils constatent une détérioration des valeurs morales des Élites, une détérioration des valeurs morales de la population, la destruction progressive du tissu social notamment par l'élimination de la classe moyenne. Certains jouent le jeu du système jusqu'au bout et endossent/profitent de ces détériorations, d'autres s'en indignent et s'en inquiètent, et finalement une poignée se préparent.

Et l'un des aspects de cette préparation ce sont les armes à feu: pour chasser si les choses vont vraiment mal, pour se défendre si les choses vont vraiment très mal.

Pour ma part, je ne vois aucune vertu dans le fait d'être désarmé et à la merci des agresseurs et des criminels.

On peut penser que ça n'arrivera jamais mais l'idée de se préparer à des évènements n'a aucun rapport avec la probabilité de ces évènements. L'idée, c'est d'être prêt si ça arrive. Donc les armes vont dans l'armoire sécurisée et légalement entreposées et on ne les sort que pour leur entretien ou pour la chasse.

On paie des polices d'assurance vie, maison et auto et pourtant personne n'a l'intention de mourir, de subir un incendie ou de se faire voler sa voiture.

Pour les survivalistes, les armes sont une police d'assurance: une assurance contre la disparition des forces de l'ordre, pour se procurer de la viande, contre la vermine qui bouffe nos champs en culture, contre les cas où on doit défendre sa vie, contre les catastrophes, contre des gens qui voudraient nous dépouiller de nos moyens de subsistance dans un monde où une livre de beurre vaudra plus qu'une liasse de monnaie fiat.

Pacifiste ou pacifique?

Le pacifiste, c'est une personne qui croit que tous les conflits peuvent et doivent être résolus sans le recours à la violence.

Le pacifique, c'est une personne qui aime la paix.

Il y a un monde de différence entre les deux. On ne peut pas être survivaliste et pacifiste. Si tel est le cas on est prepper plutôt que survivaliste. En revanche je dirais que non seulement le survivaliste est pacifique mais qu'il doit l'être.

Le survivaliste doit aimer la paix puisqu'il en a besoin pour survivre. Seulement, il n'écarte pas la violence en réponse à la menace ou la violence. C'est dans ce cadre que se situe l'intérêt des survivalistes pour les armes.

Bien sûr, beaucoup de survivalistes fanfaronneront en disant "Kizyviennent"... Boys will always be boys. Oui on aime fanfaronner, on aime jouer les matamores, reste à voir dans la réalité ce que les gens feront. Mais l'essence y est: défendre sa famille, sa peau, ses moyens de subsistance.

Le pacifisme mène à l'échec. Les Puissances Européennes l'ont constaté en 1939.

Et Ghandi, Ghandi n'a triomphé qu'après des dizaines d'années de lutte (30 ans) et uniquement parce que la Grande-Bretagne, exsangue après 6 années de guerre totale, n'avait plus les moyens de faire face aux mesures de lutte économique mises en place par le peuple Indien.

Ce n'est pas le pacifisme et la non-violence qui a fait triompher la cause de Ghandi, c'est... la guerre d'usure économique! Quelle antithèse!

C'est beau tout ça mais...

Mais quoi? Il y a des personnes qui aiment les armes. D'autres n'aiment pas beaucoup les armes et préféreraient s'en passer mais comprennent leur rôle et leur importance dans la planification survivaliste. Enfin, il y en a qui ont des positions idéologiques et irrévocables contre les armes à feu.

Mesdames...

Ce n'est pas un secret, j'ai parlé avec suffisamment de survivalistes pour savoir que l'obstacle majeur aux armes dans une maison, c'est souvent la conjointe.

Les raisons sont multiples mais derrière elles, se cache toujours une certaine peur déraisonnable. Oui il y a les batteurs de femmes, ils sont violents, ils peuvent tuer avec des armes à feu mais aussi avec des couteaux de cuisine. Les gens violents ne devraient pas avoir accès à ce qui peut servir d'arme et ne devraient pas vivre avec d'autres personnes tant qu'ils sont violents.

Mais les autres? Les hommes qui inspirent confiance à leur conjointe, qui sont d'un tempérament respectueux, qui n'agressent jamais verbalement ni physiquement? Sont-ils réellement dangereux?

Ce ne sont pas les armes qui tuent, ce sont les criminels.

Et si on regardait les choses autrement?

Et si on inversait les rôles? Et si, d'un coup, la société, la culture populaire, la tradition, votre famille, vos enfants, considéraient naturel que ce soit la femme qui sortie dehors la nuit avec une batte de baseball quand un membre de sa famille entend un bruit suspect dans la cour?

Et si c'était la femme qui disait à son mari, pendant une émeute très violente dans sa rue "va te cacher, s'ils forcent la porte, je vais les empêcher de venir jusqu'à toi."

Vous aimeriez probablement être dans la peau de la femme sur la photo ci-contre!

Les survivalistes ont cette préoccupation en tête. C'est dans la nature de l'homme que de vouloir protéger sa famille.

Les survivalistes ne veulent pas jouer les matamores. Ils préparent des jours difficiles en stockant de la nourriture, des outils, des vêtements et les armes à feu font simplement partie de l'appareillage de survie quand la normalité est rompue.

Avant d'apposer votre veto à des armes à feu, donnez-vous la chance de comprendre les raisons qu'a votre conjoint pour désirer en posséder dans le cadre d'une démarche survivaliste.

Si vous craignez les armes à feu, apprenez-les! Apprenez à tirer, donnez vous le pouvoir de défendre vos enfants et, pourquoi pas, votre conjoint aussi! Tenez vous côte à côte avec votre conjoint, ni en avant, ni derrière, mais à égalité si un jour vous deviez protéger votre famille. Homme et Femme sont égaux, ils devraient l'être aussi pour la sécurité de la maisonnée.

Si vous lui faites confiance pour tout le reste, faites lui aussi confiance pour ça.


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Commentaires

Loup Espiègle a dit…
Very good point sir !

Les citoyen(ne)s ont eu droit à un lavage de cerveau tellement sévère qu'ils ne savent même pas que l'on peut acheter librement des armes...
Anonyme a dit…
Effectivement, j'ai horreur des armes à feu... mais c'est moi (femme) qui défend le territoire chez moi. Je n'ai pas peur d'être au front pour protéger ma famille. Malheureusement, bon nombre de femmes sont monoparentales, comme moi, et vivent dans la peur car il n'y a pas de conjoint pour seconder.
C'est maintenant une réalité sociale que les femmes doivent endosser le rôle de l'homme dans la maison, le problème c'est que c'est impossible de le faire complètement.
Il y a un profond déséquilibre dans cette société, conséquence d'une éducation et d'une culture religieuse qui a divisé l'homme et la femme, les rendant vulnérables tous les deux. Oui, tous les deux.
L'homme et la femme sont les deux aspects d'une même humanité...
Léandre
Survival Woman a dit…
Je vis seule avec ma mère retraitée ! Comme moi, elle veut qu'on ait nos armes ! Nous prévoyons dans l'année qui vient d'avoir pistolets(1 chacune), 1 carabine 22LR et 1 fusil de chasse, mais je pense aussi des machettes !
Victor a dit…
Je trouve très bien que des femmes s'approprient la responsabilité de leur propre défense! J'avais deux objectifs en rédigeant cet article: le premier c'est de combattre le conditionnement face aux armes à feu et le second, d'encourager hommes ET femmes à développer leur autonomie même en matière de sécurité et de protection personnelle!

Ma conjointe refusait même de tenir mes fusils airsoft (des jouets, au fond!) et progressivement elle a cheminé et a accepté, comme un faveur qu'elle me faisait, de venir au champ de tir et de tirer. Et elle n'a pas trouvé ça désagréable, même qu'elle y a pris un petit plaisir.
Anonyme a dit…
Bonjour,
je réagis sur Gandhi. En Occident et en Inde, la Matrix fait son travail d'enfumage par le mensonge hypnotique.
Gandhi n'avais pas comme programme la non-violence mais la vérité, satyam. Gandhi, a utilisé la violence, jeûnes forcés, séparation des familles, abstinence sexuelle, pour les participants de son expérience d'ashram.
Gandhi a béni ou béni lui-même les premiers avions indiens qui sont allés bombarder le Pakistan.
Gandhi, dont le programme était "vérité" je le rappelle, a demandé l'abstinence sexuelle à sa femme et a eu au moins 5 relations connues. Il a dormi nu avec plus de 20 jeunes filles à peine pubères pour disait-il "tester ses convictions". Il avouera n'avoir pas été à la hauteur. Gandhi avait une bite à la place du cerveau. Il a avoué ne pas cesser de penser au sexe, ce qui est normal pour quelqu'un qui se BAT contre le naturel.
Quand la reine d'Angleterre lui a dit "vous avez gagné, je vous cède la place" il l'a refusé, prétendant être un homme de prière, bafouant ainsi les promesse d'égalité et de redistribution des richesses faites au peuple indien qui ne lui avait rien demandé. Il a donné l'Inde aux 20 familles puissantes qui le manipulait en coulisses et qui contrôlent l'Inde depuis ce jour.
Gandhi est un mythe, un malade mental despotique, Gandhi est un menteur, une merde. Quand on trahi le peuple avec le discours de le sauver par la vérité, on est une merde de mouche à merde, une sous-merde.
Pour les références faites des recherches, sinon je peux documenter.

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