Applications pratiques - 1


Je me promettais sans cesse d'être plus terre à terre et pratique dans mes chroniques mais les évènements ont quelque peu bousculé mes plans.

Alors voici, aujourd'hui, deux choses: les Trois Soeurs et les palettes.

Les Trois Sœurs 

Les Trois Soeurs, j'en ai déjà parlé plusieurs fois: Blé d'inde (au Québec le maïs est appelé ainsi), courge et haricot.

Pour résumer en peu de mots, c'est une forme de culture du sol qui a permis aux Iroquois d'être la seule nation autochtone d'être quasi-sédentaire et de développer une culture civilisationnelle, ma foi, assez intéressante. L'alimentation des Iroquois était équilibrée, même avec le regard des nutritionnistes de 2012, grâce aux Trois Soeurs, la cueillette et la chasse.

Eh bien cette année, Mme Joséphine et moi avons mis le concept en application.

Nous avons triplée notre surface en culture dans la cour arrière et nous avons notamment semées les Trois Sœurs.

Nos graines sont bios et pour deux des trois végétaux impliqués dans la culture des Trois Sœurs, nous avons mis la main sur les variétés authentiques qu'utilisaient les Iroquois, c'est à dire des graines indigènes, non hybrides, non altérées et faites pour vivre et croître sur notre partie de terre d'Amérique.

Le principe des Trois Sœurs est très simple: chacune des plantes semées protège ou nourrit l'une ou l'autre ou les deux autres plantes. 

Les feuilles larges des courges font de l'ombre qui conserve l'humidité dans le sol et elles empêchent les indésirables de pousser. 

Les plants d'haricots se servent des tiges hautes et solides du maïs comme tuteur et créent des obstacles contre les insectes. Finalement l'une fixe l'azote dans le sol pendant que l'autre en est friande.

C'est un début de permaculture! Un début puisque la permaculture est bien plus complexe que ça. 

On fait un "tapon" de terre (un amoncellement, pour nos amis français) dans lequel on plante le maïs. Deux semaines après ce sont les haricots et les courges, puis on laisse monter!

Plants de blé d'inde deux semaines après semailles
Haricots et courges n'ont pas encore été semés.
Au premier plan, des courges semées à part. 
Palettes 

Les palettes sont omniprésentes dans notre environnement même si on n'y fait pas trop attention. On les voit dans les supermarchés de type entrepôt si on regarde au sol sous la marchandise, on les aperçoit aussi distraitement dans les cours des entreprises manufacturières et à bien d'autres endroits

Ces palettes sont fabriquées de bois franc. Elles sont donc très résistantes. Toutes résistantes qu'elles soient elles finissent quand même par s'user. Elles sont donc jetées et souvent les entrepreneurs doivent payer pour les faire ramasser.

Toutefois, un survivaliste avisé peut faire très bon usage de palettes de bois franc, qu'elles soient brisées ou en bon état. Et cela gratuitement! Ici au Québec quand les palettes sont jetées au rebut les responsables seront trop heureux de vous donner la permission de les en débarrasser car ils doivent payer des gens pour les ramasser. Autant que ça soit vous et gratuitement: tout le monde y gagne. Demandez toutefois la permission avant sans quoi ce sera du vol.

1) Chauffage. Le bois franc est le meilleur bois de chauffage. Il brûle longtemps et dégage beaucoup de chaleur. 

Oui, il y a des clous dans les palettes. Vous n'allez quand pas vous en plaindre! Ces clous, vous les laissez dans le bois et quand il a complètement brûlé vous vous retrouvez avec des clous réutilisables ou si vous préférez, avec une bonne réserve de courtes tiges d'aciers pour besoins ultérieurs. Posséder des métaux utilisables, c'est aussi une richesse.

2) Matériau de récupération pour travaux. On peut fabriquer des marches d'escalier avec les planches récupérées, des planchers de balcon extérieur, des murs, des cabanes, des bacs composteurs et j'en passe. Voyez la vidéo:


Pour ma part je vais fabriquer un bac composteur et me constituer des réserves de bois à brûler. Et de clous!

Bien sûr il faut travailler un peu pour découper et déclouer le bois mais nous voilà avec du bois gratuit, de bonne qualité, apte au chauffage ou à la récupération pour construire ou réparer des choses.

Des preuves que je joins le geste à la parole? Voici ma récolte d'aujourd'hui:



Une fois défaites les palettes occupent beaucoup moins de volume. L'air de rien, avec cette quantité de bois je peux chauffer une maison pour environ 24h par -15 ou -20 degrés. C'est du bois qui allait au rebut et qui se serait décomposé lentement sans servir une dernière fois avant sa destruction.

C'est ce qui s'appelle joindre l'utile à l'économie à l'écologie et à la survie!

Commentaires

M@ck_B a dit…
Salut,

Désolé de te contredire par rapport au bois de chauffage, mais c'est vraiment pas sa destination...
Je "connais" des gens qui n'utilisent que cela pour se chauffer et résultat, ils ont 3-4 feux de cheminé par an...
Anonyme a dit…
Dans la meme ligne, je crois que le bois de palette est traité chimiquement pour resister a l eau (en France en tout cas) et si on le brûle les fumées en sont toxique.....pour les voisins de la sortie de cheminée.
Victor a dit…
Le bois traité ne doit jamais être brûlé, c'est une évidence.

Je parle de bois de palette "ordinaire", du bon bois franc bien normal non traité. Au Québec c'est la norme, le bois est si peu cher...

Il doit être cependant séché encore un peu puisqu'il a souvent reposé sur des sols humides ou a été exposé aux intempéries.

Je connais des gens qui ne se chauffent qu'avec ça et qui n'ont eu aucun problème.
LeFouDuRoi a dit…
Je confirme qu'en Europe, les palettes sont bien souvent traitées... d'où l'importante fumée noire qui s'en dégage lorsqu'elles sont brulées...
Du coup, il faut bien réfléchir aussi avant de les utiliser dans le potager...
Victor a dit…
@LeFouDuRoi, tu vois je ne connais pas le détail de la situation en Europe.

Ici, le bois coûte vraiment peu, au point où le traiter coûterait plus cher que le remplacer.

Alors je crois les européens qui disent que ça engorge la cheminée et génère des feux de cheminée. Au Québec, c'est du bois très sain et comme je le disais, je connais quelqu'un qui ne se chauffe qu'au bois de palette.
LeFouDuRoi a dit…
Comme quoi, d'un pays ou continent à l'autre, ça change pas mal. Ici, les palettes sont souvent cautionnées, et du coup, il n'est pas toujours évident d'en trouver.
Mais j'ai déjà fait des abris pour outils avec des palettes... c'est un peu fastidieux,mais au prix du bois neuf, on prend le temps...


Pour ce qui est des 3 soeurs, c'est un bon principe que j'essayerai au plus tard l'année prochaine. Mais j'ai un copain qui essaye sur sa parcelle cette année déjà et je vais donc voir comment ça évolue.
Cette année, la météo en Belgique est vraiment dure et le potager souffre beaucoup. Il n'y a que les parcelles en permaculture qui souffrent un peu moins de l'excès d'eau (mais plus du manque de chaleur car la terre recouverte se réchauffe moins vite...)

Tous les ans, ça deviens plus difficile de faire sa propre nourriture... malgré les années d'expérience...
J'encourage vraiment les preper et survivalistes, à faire un maximum d'expérience agricole avant de devoir en vivre... parce que ce ne sera pas aussi facile qu'ils le pensent souvent...

"Toute les cases vides ne sont pas sures... Les pièces de l'adversaire sont bien protégées... Mais ne pas jouer c'est abandonner..." LeFouDuRoi...

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