Parfois on ne peut rien faire...

Lac Mégantic, Québec,
6 juillet 2013

Je ne sais pas comment aborder ce sujet car au moment d'écrire ces lignes (dimanche 7 juillet 2013) certains foyers d'incendie n'étaient toujours pas éteints.

Lac Mégantic est une petite municipalité québécoise comptant 6000 habitants, située près de la frontière US avec le Vermont.

Source: http://maps.google.com
Chef-lieu mais néanmoins gros village, Lac Mégantic a connu une tragédie terrible le 6 juillet 2013, très tôt le matin. 

Un convoi ferroviaire de pétrole, arrêté près de Nantes, à quelques centaines de mètres du centre-ville de Lac Mégantic, a dévalé "seul" la pente descendante et a déraillé et/ou explosé dans la courbe située au coeur du secteur commercial de la ville.


Scènes prises durant la nuit, quelques
minutes après le début des événements.


Le centre ville de Lac Mégantic est parti en fumée et des dizaines de personnes sont toujours portées disparues 36 heures après le drame.




Mise à part l'échelle et l'étendue des dégâts on se croirait aisément à Hiroshima tellement les infrastructures ont été réduites en cendres.



Ce qu'on sait à ce moment


Peu avant les explosions à Lac Mégantic, le convoi s'était arrêté à Nantes, village situé à quelques kilomètres de là. L'opérateur du train y était descendu pour y passer la nuit, comme de coutume. 

Quand les trains sont arrêtés, au moins une locomotive demeure toujours en marche afin de maintenir le système de freins en action.

Il semble que quelques minutes avant les événements une des cinq locomotives du convoi ait pris feu. Le chef des pompiers de Nantes a rapporté sur les ondes du 98,5 FM que des flammes sortaient de la cheminée. Suivant le strict protocole établi, ils ont éteint le moteur de la locomotive et ont éteint le feu. Le tout a duré 45 minutes et les responsables de la compagnie ferroviaire ont été avisés.

Selon un témoin, 15 minutes après le départ des pompiers, le train est passé devant lui, ne faisant pas le bruit habituel d'un train en marche. 

Entre Nantes et Lac Mégantic, il y a un léger dénivelé. Le train a dévalé cette pente et a déraillé au centre de la municipalité de Lac Mégantic. Les cafés étaient pleins, dont le Musi-Café, une institution dans cette municipalité.

Selon des témoins qui s'en sont sortis in extremis, une rivière de pétrole enflammé a déferlé dans les rues. Selon ces témoins, ceux qui ne sont pas sortis dès qu'ils ont entendu l'explosion n'avaient aucune chance.

Des familles ont été décimées. Dans une petite ville de 6000 habitants, tout le monde a perdu quelqu'un.

Réponse des autorités

Les autorités étaient bien présentes et en "contrôle"
Bien entendu, les pompiers de Lac Mégantic et des municipalité avoisinantes ont été mobilisés, la Sûreté du Québec aussi, la Croix-Rouge était sur place dans les heures suivant le drame, une école a été réquisitionnée pour héberger les gens qui n'avaient plus de toit ou dont la maison était située dans le périmètre évacué.

Il y avait même des guichets bancaires automatisés qui ont été déployés, reliés par ondes cellulaires vers les serveurs bancaires.

D'un point de vue logistique, cette crise n'était pas d'une grande difficulté. Un feu de 13000 tonnes de pétrole, c'est pas banal, mais c'est somme toute un feu localisé qui a détruit une partie d'une petite ville. Ce n'était pas un énorme défi techniquement parlant.

Cela n'enlève rien à la douleur profonde du drame: vraisemblablement, une cinquantaine de personnes ont perdu la vie dans des circonstances atroces. La chaleur était tellement intense que les corps se sont probablement volatilisés. 

En effet si on examine les photos du secteur incendié (plus haut), on remarque qu'il ne reste plus grand chose debout. 

Des risques inconnus



La plupart des municipalités québécoises en région sont traversées par des chemins de fer. Au 19è siècle et pendant la première partie du XXè siècle, le Québec a connu un essor économique grâce au chemin de fer qui rompait l'isolement des zones de production par un moyen de transport massif et économique.

Depuis quelques années cependant, le transport du pétrole par chemin de fer a crû de... 28000 pourcent!


Denis Allard, expert ferroviaire
Monsieur Denis Allard, un expert ferroviaire, estime que les infrastructures ferroviaires ne sont pas toujours sécuritaires, surtout quand il est question de lignes secondaires et d'entreprises de transport "à rabais".

La multiplication du transport par train de matières dangereuses augmente considérablement le risque subi par les résidents des villes de région traversées par des rails.


On l'a vu à Lac Mégantic...

Constats pour survivalistes et prévoyants



Parfois, certaines situations échappent complètement à notre contrôle. On a beau se préparer à tout, ça ne garantit pas contre tout.

Selon ma compréhension des événements, s'il se trouvaient des survivalistes dans le secteur enflammé, ils n'auraient pas pu sauver leurs vies... Un torrent de flammes qui dévale une rue brûle tout sur son passage. Même un bunker n'aurait pas protégé la vie de ses occupants.

Les seuls qui ont pu sauver leur vie sont ceux qui ont fui les lieux dès l'explosion et sans se poser de questions. Un des survivants a raconté sur les ondes du 98,5 FM que son frère a attendu sa femme qui hésitait à quitter le Musi-Café et il y est resté. C'était une question de secondes. Ce même témoin a eu le dos brûlé par la chaleur de la rivière de pétrole enflammé qu'il fuyait.

Il n'y avait rien d'autre à faire pour ceux qui pouvaient faire quelque chose.

Si des survivalistes vivaient dans les zones évacuées, ils auraient pu attraper leur EDC ou leur BOB avant de quitter en vitesse. Et c'est tout...

Malgré toute la préparation, les meilleurs équipements, les entraînements intensifs, il arrive parfois qu'on ne puisse rien faire. Rien.

Sinon prévoir en amont quels sont les risques que nous courons. 

Lors du choix d'une maison ou d'une BAD, nous devons examiner soigneusement l'environnement afin de déceler les risques potentiels: chemins de fer mais aussi usines employant des matières dangereuses, centrales thermiques ou nucléaires, bassins de sédimentation industrielle, barrages situés en amont, gestion mécanique du niveau des eaux, centre de détention, base militaire (pour les produits toxiques enfouis sur place...) et bien d'autres facteurs de risque.

Le risque zéro n'existe pas et il faut constamment avoir cette notion en tête. Notre action, comme survivalistes, consiste aussi à gérer les risques présents, qu'ils soient actuels ou potentiels, afin de les minimiser.


Cette fois-ci, c'était un accident industriel. Si les wagons avaient transporté des produits chimiques, nous aurions pu assister à un drame comme celui de Bhopal. Cela n'est pas à exclure, même dans un pays industrialisé avec des normes de sécurité plus élevées qu'en Inde: qu'on se souvienne du déraillement de Mississauga, Ontario, Canada, où 218000 personnes avaient été évacuées pendant plusieurs jours; heureusement il n'y a pas eu de victimes cette fois-là.




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Toutes mes condoléances aux proches des victimes de la tragédie de Lac Mégantic et à ceux qui en sont affectés. Le Québec pleure avec vous.












 

Commentaires

Anonyme a dit…
je présente mes condoléances aux victimes de ce terrible drame qui ne passe qu en fin de journal en Belgique et en France....ce drame est une des suites logiques de notre monde ultra technicien ou l énergie polluante salissante et dangereuse est nécessaire a son fonctionnement ce qui laisse a penser qu il suivra malheureusement d autres catastrophes identiques et meme plus meurtrieres. en tant que survivalistes nous devons faire de la prévention avec nos bobs, nos réseaux, et surtout notre mode de vie car nous, nous ne sommes pas aveugles comme le reste des populations, nous avons un devoir par rapport a nos enfants, vivre maintenant de manière plus raisonnée par rapport a la consommation exessive que nous faisons de ces produits , par une décroissance qui va de limitée a totale pour ceux qui le peuvent. bien a vous.
Stéphane a dit…
Bonjour Vic,

Petite correction bien amicale sur le 28 000 %.

Le transport du pétrole par chemin de fer est 28 fois plus élevé.

Ce chiffre a été corrigé ce matin par Claude Villeneuve, de la Chaire en écoconseil du l'UQAC.

C'est quand même beaucoup!

À +

Stéphane
Vic Survivaliste a dit…
C'est bon Stéphane, je me fie aux sources. Au fait tu as la source?
Vic Survivaliste a dit…
Stéphane, ça a l'air que la statistique était bonne, finalement.

"Les cargaisons ferroviaires de pétrole brut sont passées de 500 en 2009 à près de 140 000 en 2013."

Multuplication de 280 fois le trafic, soit 28,000%.

http://www.ledevoir.com/societe/ethique-et-religion/383424/d-autres-catastrophes-sont-previsibles

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