Armes à feu: les fondamentaux

Cet article fait partie de la série "Armes à feu" qui vise à expliquer les types et le fonctionnement des armes à feu.

Article 1: Les fondamentaux


Article 2: Fusil et carabine

Article 3: Les armes à chargement mécanique par action manuelle

Article 4: Les armes à chargement automatique
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Je commence une série d'articles sur les armes à feu. Ces objets sont méconnus car on croit les connaître tellement on en a vu au cinéma et en images. Cela crée de la confusion sur les capacités réelles de ces armes, particulièrement quand vient le temps d'en choisir une première après l'obtention du permis.

Je vais donc présenter différents types d'armes à feu et tenter de faire la lumière sur leur mode d'opération, leurs forces et leurs faiblesses et leurs particularités.

Attention: il n'est pas question de vanter un modèle plutôt qu'un autre mais bien d'expliquer comment ces armes fonctionnent. 

Ci-bas vous trouverez des définitions, arides mais indispensables pour comprendre de quoi il s'agit.

Qu'est-ce qu'une arme à feu?

Une arme à feu est un système qui permet de propulser un projectile dans un tube appelé canon, à l'aide d'une explosion ou d'une combustion produisant des gaz sous haute pression.



On dit "arme à feu" parce que le tir avec ces armes produit des flammes à la sortie du canon.

Propulsion

Les armes antiques (canons à main, arquebuses, mousquets et maintenant les "poudre noire") ont recours à une poudre explosive, qui produit donc une explosion générant beaucoup de fumée et des gaz incandescents.


Les armes modernes (fusils, carabines, pistolets, revolvers, fusils d'assaut) utilisent quand à eux une poudre propulsive, qui n'explose pas mais se consume très rapidement en produisant peu de fumée et des gaz incandescents.

Ogive

L'ogive est ce qui est propulsé par l'arme à feu. Certains utilisent le mot "boulet" mais ce terme réfère trop, à mon avis, aux projectiles sphériques des mousquets.

L'ogive est presque toujours composée de plomb, recouvert totalement ou partiellement ou pas du tout de cuivre.


Lorsque l'ogive est recouverte de cuivre, on dit qu'elle est chemisée. De là l'expression "metal jacket" ou, dans le cas des ogives complètement recouvertes, "full metal jacket".

Cette ogive est de poids variable, selon les calibres.

Calibre

Le calibre d'une arme à feu désigne généralement le diamètre d'une ogive ou encore le diamètre intérieur du canon.

Le calibre est mesuré en millimètres ou en en centième oou en millième de pouce (mesure anglo-saxonne). On trouve donc du 9 mm comme du ".45" (centième de pouce) ou du ".357".


Dans le cas des fusils on croit les désigner par leur calibre mais en fait ils sont mesurés par le poids standard de l'ogive. Le fameux "calibre 12" est en fait du "12 gauge", soit une ogive d'un douzième de livre de plomb. Le 16 gauge tire donc un seizième de livre (une once) de plomb. On trouve aussi des 1 ou 2 gauge, généralement appelés des canardières.

Bien sûr tout a été standardisé de nos jours et toutes les balles de fusil respectent les mêmes formats. Mais l'appellation en fonction du poids de l'ogive demeure.


Il existe des exceptions comme le fusil .410 qui n'est pas mesuré au poids de son ogive mais au diamètre de sa cartouche (la première à gauche).

Cartouche

La cartouche, ou la "balle", désigne le dispositif comprenant l'ogive (1), la douille ou l'étui (2), la charge de poudre (3), le culot (4) et l'amorce (5).


L'amorce, une fois percutée, produit des étincelles très chaudes et très véloces qui vont allumer la poudre, laquelle produira des gaz à très haute pression qui propulseront l'ogive. L'amorce est située à l'arrière de la cartouche, le devant était l'ogive.

La chambre

La chambre est l'endroit dans l'arme à feu où la cartouche sera mise à feu. Cette chambre se trouve toujours à la base du canon et est généralement renforcée par une plus grande épaisseur d'acier. Cette chambre est d'un diamètre légèrement plus grand que celui de la cartouche afin de permettre une insertion facile.


La cartouche est glissée dans la chambre, la culasse vient derrière la sceller de manière à ce qu'elle soit tenue en place et que la seule voie de sortie pour l'ogive et les gaz incandescents soit la bouche du canon.

La culasse

La culasse est la partie mobile d'une arme à verrou, d'une arme semi-automatique, d'une arme automatique, d'une arme à pompe ou d'une arme à verrou, qui accomplit plusieurs fonctions:

1) Elle pousse la cartouche dans la chambre

2) Elle détonne la cartouche à l'aide du percuteur

3) Elle extrait la cartouche utilisée de la chambre et l'éjecte de l'arme.


La culasse est toujours située, par nature, derrière le canon et elle vient au contact de la chambre.

Sauf pour les armes à pompe, à bascule et à levier, il y a toujours un levier de culasse qui permet de la déverrouiller et de la reculer ou de simplement la reculer.

Le percuteur

Le percuteur est une tige située à l'intérieur de la culasse et qui vient frapper, lorsque actionné, l'amorce située à l'arrière de la cartouche.


Ce percuteur est généralement, mais pas toujours, une pièce mobile. Ainsi on peut refermer la culasse sur l'ogive sans que le percuteur ne touche à l'amorce. Certains modèles d'armes à feu ont un percuteur fixe, de sorte que quand la culasse se referme vers la chambre et touche l'amorce, elle déclenche l'amorce et le tir.

Certaines armes n'ont pas de percuteur mais uniquement un chien.

Les culasses possèdent un levier de culasse qui permet au tireur de bouger la culasse vers l'arrière et ainsi de vider la chambre comme de chambrer une balle. Exception: armes à levier, armes à pompe.

Le chien

Le chien est une partie visible du mécanisme de percussion. On le voit surtout sur les revolvers mais parfois aussi sur des pistolets et des armes longues. C'est un mécanisme mobile situé à l'arrière de la chambre et qu'on peut actionner avec le pouce. Le chien est retenu à l'arrière jusqu'à ce qu'on le relâche pour provoquer le tir.


La gachette

Banissez ce mot de votre vocabulaire. Il est impossible d'appuyer sur la gachette. Cette pièce fait partie du mécanisme interne et il est impossible de la toucher sans un démontage complet.

La détente

La détente est la petite pièce incurvée sur laquelle le doigt appuie pour déclencher le tir.


Une fois appuyée la détente va actionner la gachette qui va soit relâcher le chien, soit relâcher le marteau qui va actionner à son tour le percuteur et déclencher le tir, soit relâcher la culasse dans le cas d'un percuteur fixe.

Le cran de sûreté

Le cran de sûreté est un petit mécanisme qui empêche le tir, soit par blocage de la détente ou, encore plus sécuritaire, par blocage du percuteur.


Contrairement à son nom, le cran de sûreté n'est pas une sûreté mais simplement une mesure qui "peut" protéger contre les tirs accidentels. "Peut" car la meilleure sécurité, c'est la manipulation sécuritaire d'une arme à feu.

Chargeur et magasin

Le chargeur est un contenant amovible qui reçoit les balles (cartouches) et qui, un fois inséré dans l'arme, en rend une disponible après chaque mouvement de culasse. Une fois vidé on peut le retirer et en insérer un autre rempli.


Le magasin est un contenant non-amovible donc fixé à perpétuelle demeure sur l'arme et qui accomplit le même rôle que le chargeur, excepté qu'on doit le remplir après l'avoir vidé et qu'on ne peut pas le changer.


Les organes de visée




La hausse 


La hausse (arrière) et le guidon (avant) sont les deux extrémités du système de mires.

La hausse sert notamment à ajuster l'angle vertical du canon au moment du tir en changeant son angle d'attaque, en fonction de la portée désirée.

Certaines mires sont ouvertes, d'autres fermées.

On trouve aussi des armes à feu sans mire comme certains fusils de chasse, et certaines carabines de tir à longue portée, ces dernières utilisant une lunette grossissante pour effectuer la visée.

Le guidon 



Le guidon est l'autre extrémité du système de mire, habituellement à l'extrémité du canon. 

L'alignement parfait de la hausse et du guidon produira un tir très précis.

La monture de l'arme

La crosse (partie arrière) et le fut (partie avant) composent la monture de l'arme, c'est à dire la partie de l'arme qui reçoit le canon et la culasse et qui lui permet d'être préhensible.


Voilà les éléments de base énoncés.

Tous les composants de base d'une arme à feu ont été présentés. L'idée n'est pas d'aller nommer chaque pièce d'une arme à feu mais de comprendre à quoi chaque pièce sert et de quoi on parle quand on la nomme.

La vidéo ne sera pas technique mais expliquera en quoi l'arme à feu est l'outil de défense personnelle par excellence.


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Commentaires

Anonyme a dit…
J'attends la suite avec impatience !
Vic Survivaliste a dit…
Pour la suite nous irons dans le matériel, avec des illustrations de mes propos par vidéo.
Anonyme a dit…
Cher monsieur,
c'est toujours un plaisir de vous lire. Cet article sur la nomenclature des armes nous montre bien votre sérieux; universitaire êtes vous? Vos cours doivent être fort plaisants. Nous ne retrouvons pas votre ton, mais les définitions sont les définitions.
Toute la difficulté en étant survivaliste est de ne pas devenir homme des bois. Je crois que ce qui peut nous éviter cet ecceuil est la culture.
Marbot durant la retraite de Russie de Napoléon a ramené ses hommes et ses chevaux car durant l'été il a exigé de ses hommes qu'ils prennent des peaux de mouton , installées à l'arrière de leur selle. Il avait constaté qu'il y en avait dans toutes les fermes. Il était "preper"? Bien sûr.
Ceux qui se sont levés tôt pour traverser la Bérésinat ont trouvé un pont vide. Ceux qui ont fait la grace-matinée l'ont payé de leur vie ce jour là, trop de monde, la bousculade les a tués.
Mes meilleurs souvenirs de votre coté de l'Atlantique. Un fidèle lecteur.

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