Végés et faim du monde

Avertissement. Ceux qui me suivent savent que je suis omnivore. Je parle dans cet article de viande et de végétarisme et je porte un jugement survivaliste sur ces deux approches alimentaires. Si j'examine les approches avec une perspective survivaliste, j'aimerais préciser que ce sont les approches que j'évalue et non les individus ou leurs choix que je juge.

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Depuis plusieurs décennies, le nombre de végétariens/végétaliens augmente en Occident. Cela fait trop longtemps que le phénomène existe pour qu'on puisse encore parler de mode. Le terme plus exact serait "approche" et pour plusieurs "végés" ("végés" désigne les végétariens et les végétaliens, ce diminutif a été adopté pour alléger le texte et pas de manière péjorative), il est loisible de parler de "mouvement" et dans des cas de plus en plus fréquents, de "militantisme".

Le choix du végétarisme pour un individu repose en général sur une de ces deux grandes considérations et parfois sur les deux simultanément: la santé et un choix éthique personnel.

Il se trouve beaucoup de végétariens et de végétaliens qui sont très militants pour ce qui représente à leurs yeux LA plus importante cause au monde: les "droits" des animaux. Chaque défenseur d'une cause la juge toujours LA plus importante, c'est tout à fait légitime. 

Il est donc autorisé de penser que la volonté de ne pas maltraiter ou même simplement affecter d'animaux soit un des facteurs importants dans le choix du végétarisme/végétalisme.

Les plus radicaux traiteront les mangeurs de viande de spécistes, c'est à dire de racistes quant à l'espèce, l'humain étant placé au dessus des animaux et les animaux agréables à regarder comme les chats et les chiens, au dessus des animaux qu'on n'élève que pour leur viande. 

L'antispéciste au contraire placera chiens, chats, humains, vaches, sur le même pied et refusera donc de les exploiter de quelque manière que ce soit et voudra du même coup interdire à qui que ce soit de les exploiter. D'autres, plus rares, considéreront humains et animaux comme totalement égaux.

Évidemment on trouve aussi des survivalistes et des prévoyants qui sont aussi végétariens/végétaliens. Je n'ai personnellement aucun problème avec ça. J'en connais même personnellement que je compte parmi mes amis, ce sont des gens que j'estime et avec qui j'ai des discussions notamment sur ce sujet, pas des engueulades, des discussions et des échanges respectueux et civilisés.

Les bases étant posées, continuons. Quel rapport y a-t-il entre survivalisme et végétarisme/végétalisme? Pourquoi de plus en plus de gens se sont mis au végétarisme/végétalisme en Occident? Et finalement, quelles sont les conséquence du choix végétarien/végétalien dans une cadre survivaliste projeté à long terme?

Végétarisme et végétalisme en Occident

Pourquoi, alors que la planète entière veut manger plus de viande, des occidentaux délaissent la nourriture carnée ou issue d'animaux? Difficile d'y répondre d'un point de vue sociétal mais certains, des omnivores, y voient le Syndrome de Bambi, une approche simpliste mais une explication défendable. On entends après tout souvent des végés dire "je ne mange pas mes amis".

Les végés eux parlent plutôt d'une éthique alimentaire et de meilleure santé, ce qui est tout aussi valable comme explication.

Évidemment chaque "camp" invoquera les raisons qui l'arrange. L'objet de cet article n'est pas de trancher sur les mérites pour la santé ou pour l'éthique des bienfaits de telle ou telle alimentation.

Toujours est-il que l'Occident, contrairement aux autres civilisations de la planète, est devenu riche et a développé une industrie alimentaire certes empoisonneuse mais qui livre la marchandise, pour peu qu'on ait les moyens de se payer les aliments et qu'on ne soit pas trop regardant sur les pesticides. Cette alimentation fait une place importante à la viande et aux produits dérivés de l'exploitation animale. L'Occident a une tradition carnée. Le simple fait que le vendredi était "maigre" selon la tradition catholique indique bien que les autres journées, la viande était présente.

Toutefois le sort des animaux élevés industriellement, invention occidentale, est un réel scandale mais c'est une autre question.

Circulation des aliments

L'Occident est importateur et exportateur d'aliments. Il est au centre du commerce mondial des aliments.

Entrepôt de céréales
Qui plus est, ce commerce mondial favorise grandement le stockage et les déplacements massifs de denrées mais surtout, l'agriculture de type monoculture spécialisée, réalisée à grand renfort d'engrais et de pesticides dans de vastes espaces dédiés.

Le Grand Nord n'est pas chaud aux ananas et les canneberges ne poussent pas en Équateur. Aussi on fait pousser les ananas là où ils poussent bien pour ensuite les déporter dans leur jus vers nos marchés. Nos canneberges qui poussent bien dans un climat nordique sont exportées vers d'autres marchés qui n'en produisent pas. Le traditionnel beurre d'arachide, si classique au petit déjeuner en Amérique du Nord, est produit principalement en Afrique et mangé principalement aux USA et au Canada où presque toutes les maisons en possèdent un pot. Les cas similaires sont foison. 

Depuis quelques décennies, nous avons "découvert" le soja et plus récemment, le quinoa. Au fil des découvertes, nous assistons à une augmentation de l'offre alimentaire. À titre d'exemple j'ai découvert les brocolis dans ma dizaine, dans les années 70. Il n'y en avait pas dans les supermarchés avant cette époque. Idem pour les kiwis et les autres denrées dites exotiques.

Navire transportant des céréales en vrac
Tous ces aliments circulent librement et la seule raison pour laquelle nous en avons partout en Occident et tout le temps, c'est parce que nous avons les moyens de déplacer ces denrées d'un continent à l'autre, parce que nous gérons le moment de la maturation des récoltes et savons les conserver de manière à assurer un approvisionnement constant et régulier. C'est ainsi que nous avons des bananes 365 jours par année. Vive la mondialisation et le commerce international, réalisés au détriment des paysans des pays exploités en monoculture mais ça, c'est aussi une autre question.

Ainsi, l'alimentation végétarienne et végétalienne équilibrée et surtout variée, telle que nous la connaissons aujourd'hui, n'est possible en Occident que depuis le développement des marchés internationaux de l'alimentation et bien sûr, parce que nous pouvons importer massivement. Ce phénomène remonte à la première moitié du XXe siècle.

L'Occident n'est pas une civilisation végétarienne

Le végétarisme/végétalisme occidental est un phénomène de masse qui est l'apanage des pays riches de l'Occident. Les végés des pays moins riches le sont par nécessité ou pour des raisons religieuses ou encore font partie de la petite classe moyenne montante.

Partout sur la planète, la viande est synonyme de richesse. Partout où le niveau de vie augmente, la consommation de viande augmente elle aussi. Mimétisme des occidentaux ou goût naturel de l'humain pour la nourriture carnée? Difficile à dire mais j'opterais pour la seconde option.

En Occident, la viande veut dire davantage que simplement la richesse. Il serait même juste de dire que la viande, en fait l'exploitation animale, est une des causes de nos supériorités techniques passées par rapport au reste de la planète.
L'usage d'animaux en Occident


Les peuples nordiques ou vivant en climat non-méditerranéen survivaient en grande partie grâce aux animaux pendant la saison froide. Avec les générations le caucasien (puisqu'il faut le nommer) a pu développer une tolérance au lactose contenu dans le lait de vache, a pu le digérer et donc l'intégrer à son alimentation. L'occidental s'est donc donné une source alimentaire supplémentaire riche en protéines et en gras, donc en calories.

Le lait des vaches et des chèvres était transformé en fromage, aliment qui peut se conserver longtemps et qui est source de gras (calories) et de protéines, indispensables pour une vie au froid. Ce même lait pouvait être tiré aussi durant l'hiver. Les déjections animales servaient de plus à engraisser les sols et renouveler leur fertilité. C'est ainsi que l'élevage, à la manière d'arrière-grand-papa, participait au cycle naturel de la vie.

La colonisation de l'Ouest états-unien aurait été impossible sans les vaches qui assuraient aux colons un apport alimentaire supplémentaire. 

Voir à ce sujet l'excellente série de la PBS: Frontier House.

Il aurait été impossible à nos colons français venus au Québec de survivre dans un climat si rigoureux sans l'apport des protéines et gras animaux et sans les produits laitiers si présents, encore de nos jours, dans notre alimentation. Rappelons nous que si la chasse n'est aujourd'hui pratiquée que par 300,000 ou 400,000 québécois, pour nos ancêtres elle faisait partie de leur mode de vie. Le gibier, ces protéines et ces gras vivants et autonomes, se conservant et se nourrissant lui-même, était récoltés quand le besoin d'un apport supplémentaire et hivernal se faisait sentir.

Les Premières Nations aussi comptaient beaucoup sur la nourriture d'origine animale. Quant aux Inuits, elle constituait la très majeure partie de leur alimentation. Outre l'alimentation, l'exploitation des sous-produits animaux: fourrure, os, tendons, vessies, etc. constituait l'essentiel de leur technologie et de leur génie du Froid.

L'élevage combiné à l'agriculture, la chasse, la pêche et la cueillette, ont permis à notre civilisation de se développer et de devenir ce qu'elle est. L'élevage et l'agriculture historique occidentale supposent une sédentarité assortie parfois de la transhumance des troupeaux.

L'alimentation occidentale a longtemps reposé sur le pain, aliment évangélique, si on peut dire. Or le pain est fait de blé et ce blé nécessite des labours. Le labourage de la terre fait avec une paire de boeufs tirant une charrue est plus facile et rapide qu'à la houe et permet du même coup de travailler une plus grande surface de terre. L'animal était essentiel tant comme source de nourriture que comme source de travail.
 
Le surplus de productivité accompli par la force animale a permis de produire plus que les simples besoins des paysans, permettant la constitution de nombreux bourgs et de plus de villes.

À quelque part, le rassemblement de gens faisant autre chose que cultiver la terre a favorisé l'essor économique, d'abord par le commerce mais aussi par le progrès technologique.
 
Ce que nous sommes, comme occidentaux, est en bonne partie le fruit d'une alimentation carnée et de l'exploitation des animaux. Nous ne devons pas l'oublier.

À l'inverse d'autres civilisations ont développé une alimentation principalement végétarienne mais aucune n'apparait exclusivement végétarienne ou végétalienne.

Une civilisation qui s'adapte bien à son environnement et qui modèle ses conditions de vie aux possibilités de son environnement est une civilisation solide, jusqu'à ce que son développement lui apporte de nouveaux défis, comme l'ère dans laquelle nous vivons présentement.

Au delà de la viande

Babiche
Plus que des aliments et du travail, les animaux fournissent de la matière qui transformée devient des ceintures, lanières, harnais, vêtements, chaussures et bottes, babiche pour fabriquer les raquettes à neige et une myriades d'autres objets. La présure récupérée des estomacs des ruminants permet de faire des fromages à pâte ferme. La gélatine provient aussi des animaux.

Les os peuvent même être récupérés si on le veut et si on sait les utiliser.

Même si cela semble horrible à certaines âmes sensibles, l'utilisation des animaux comme nourriture, comme force musculaire et comme matière première a été, est et sera encore longtemps un élément essentiel des civilisations humaines, spécialement l'Occidentale.


Alternatives à l'exploitation des animaux

Oui, en 2014, il est possible de passer une vie entière sans manger un seul animal, sans consommer un seul produit animal ou un produit réalisé par l'exploitation animale. Preuve en est le nombre croissant de végétaliens.


Évoqués plus haut, la mondialisation et le transport massif de produits alimentaires exotiques offrent plus de choix aux végés.

Les progrès techniques permettent, par exemple, de synthétiser des molécules qui remplacent la présure animale...

Le végétarien qui se passait de fromages fermes pour cette raison peut désormais en manger.

Mais... ça va tant que ça va...

Un mode alimentaire
fragile

Le végétarisme/végétalisme est un mode d'alimentation délicat sous plusieurs aspects. D'abord, il doit être appris et géré afin de maintenir un apport protéinique complet suffisant. Si on peut s'adonner assez facilement au végétarisme, le végétalisme en revanche est presque une science en soi tellement les contraintes sont élevées (aux yeux d'un omnivore comme moi). Ce n'est toutefois pas un élément de fragilité, seulement de complexité.


Là où réside la plus grande vulnérabilité de l'alimentation végé, c'est dans sa dépendance envers le commerce mondial qui assure la variété alimentaire et les quantités requises pour satisfaire une foule grandissante de consommateurs végés.

Que ce commerce cesse, que ce soit par crise économique majeure, par un coût devenu prohibitif de l'énergie requise au transport, par des changements climatiques, par la diminution de la production alimentaire mondiale (prévue autour de 2020), les végés trouveront difficile de maintenir intact leur mode de vie dans sa forme actuelle. 
Produire soi-même et vie de BAD
Il est concevable d'établir une Base Autonome Durable et d'y cultiver le sol en vue d'une alimentation exclusivement végétarienne.


Concevable certes mais malheureusement ça ne produirait rien qui se rapprocherait du mode alimentaire végé contemporain, toutes tendances confondues. La variété à laquelle les végés sont habitués ne serait pas au rendez-vous, les aliments végés frais comme la laitue ne seraient disponible que quelques mois par année (à moins de disposer d'une serre en fonction les quatre saisons, donc de grandes dépenses énergétiques) et des changements radicaux dans les habitudes de consommation devraient être opérés si les végétariens/végétaliens veulent réellement être autonome et vivre de leur propre production.

Le sol québécois ne se prête pas à toutes les cultures et la variété d'aliments végés à notre disposition à toutes les saisons nous vient très très largement de l'importation. La France offre une plus grande variété cependant. N'empêche que les arachides et les bananes en France, c'est pas typiquement la grande production du pays...

Si le commerce mondial se tarit un jour alors se tariront aussi l'accessibilité à la majorité des aliments consommés par les végés occidentaux.

Puis, il ne faut pas oublier les caprices de Dame Nature qui peut ruiner des récoltes ou au contraire, les rendre magnifiques.

Un regard survivaliste

Avec mon regard survivaliste, je considère le tout-végétarisme comme un mode d'alimentation précaire. Que les récoltes ne soient pas au rendez-vous, qu'une maladie végétale dévaste une culture importante, qu'un champ soit brûlé et les végétariens/végétaliens n'auront d'autre choix, outre la cueillette d'aliments d'opportunité, s'ils y ont accès, que de se rabattre sur la viande et la graisse animale, le lait de vache ou celui de chèvre, ou mourir par choix éthique. Comme beaucoup d'entre eux ne veulent pas exploiter les animaux, ils n'en auront probablement pas sous la main...

Le Peak All

Qui plus est, dans un contexte de Peak All, combiné à l'inévitable effondrement économique qui l'accompagnera, qui provoquera par effet domino des effondrements sectoriels, une crise des devises et en définitive une rareté et une cherté des produits manufacturés, notamment les synthétiques, nous devrons nous rabattre sur le fait-local/fait-artisanal.

Le fait-local/fait-artisanal sera du cuir, de la laine, de la fourrure, du duvet, du crin, des plumes et des boyaux, enfin, tous les sous-produits de l'élevage ou de la chasse d'animaux.

Il faudra dire adieu au harnais de nylon pour revenir au harnais en cuir. Il faudra remplacer nos gore-tex et tous les tissus isolants par du lin, du feutre et de la laine. Et de la fourrure.

Je ne suis pas en train de dire aux végétariens/végétaliens qu'ils font fausse route. Je suis en train de dire que leur mode de vie va tant que la grande production agricole, la grande distribution et le commerce mondial vont. Je leur dit qu'ils doivent se préparer à s'adapter à une toute nouvelle réalité dans une période très rapprochée: on parle ici de cinq à dix ans.

Nous sommes en 2014. Dans dix ans, nous serons en 2024. Nous aurons déjà entamé la chute de production alimentaire projetée par le club de Rome. Et tout cela pour une population qui aura continué de croître.

Propos alarmistes? Non, nous avons déjà atteint le Peak Fish et quelques peaks alimentaires sectoriels. Rien que cela.

Les Pics alimentaires

Depuis quelques décennies la pêche industrielle plafonne et les stocks de poisson baissent.

La seule raison qui explique leur disponibilité est le développement de l'aquaculture, avec sa grande demande en ressources et ses risques sanitaires et environnementaux.

Nous avons déjà atteint des pics en agriculture en ce qui concerne plusieurs variétés d'aliments et d'autres se rajouteront à cette liste à mesure que le temps passera. Les USA, grand producteurs de maïs, vont perdre leur rang car ils n'ont plus assez d'eau dans leurs sols pour supporter ce type de culture. Quand surviennent les sécheresses ils n'ont plus de plan B, comme on l'a vu récemment, car le plan B, les nappes phréatiques, sont presque vides... Cela sera le cas dans de nombreux autres pays qui pompent et pompent l'eau sans gérer sa capacité de renouvellement.

Et la désertification? Ne peut-on pas lutter contre elle et maintenir voire augmenter la surface totale des terres arables?


Le pic des terres arables a été atteint. Aussi.
Paradoxalement, en voulant ménager les animaux et faire cesser leur exploitation par l'Homme, leurs défenseurs forment un obstacle fonctionnel à lutte la désertification efficace. 

Le biologiste Allan Savory a trouvé et démontré la solution mais hélas pour les végés, elle implique l'élevage d'animaux (en liberté quand même) et leur migration dans des espaces menacés de désertification transformerait ces espaces désertiques en prairies riches et florissantes. Puis leur récolte par abattage fournirait d'autres aliments de même que des sous-produits.

Il existe un argument selon lequel en remplaçant la viande par des végétaux, nous pourrions nourrir encore plus de gens. Cet argument est tout à fait fondé et exact: ce qu'il faut pour produire un kilo de viande pourrait produire huit kg d'aliments pour humains. L'ennui est que cet argument ne considère que la seule alimentation et rien d'autres et surtout, repose sur le postulat que nous pouvons continuer à croître à l'infini dans un monde fini et que l'augmentation de la population mondiale n'est pas un problème en soi puisque nous pourrions tous nous nourrir et en nourrir encore plus en devenant végétariens.
Malheureusement pour cette école de pensée, l'alimentation n'est pas le seul facteur à considérer. Plus de gens consomment plus d'énergie et de ressource. Pour produire en agriculture industrielle, il faut des engrais, des pesticides, du pétrole et un tas de ressources. Pour stocker et déplacer la production vers les consommateurs il faut aussi de l'énergie. Or les ressources nécessaires à la production agricole intensive vont s'éteindre bientôt: les gens qui vont les voir disparaître sont déjà nés depuis un bon moment. Rappelez-vous: le Peak All.

L'autre facteur à considérer prendra plus d'importance dans les années à venir: l'épuisement des ressources conduit à une diminution de la production industrielle, donc moins de produits manufacturés, moins de produits synthétiques, etc.

Si on ne produit que du végé, on n'obtient que des aliments dont la quantité et la qualité dépend directement de la météo pendant leur culture. Si on produit aussi du carné, on obtient du même coup de la force animale qui augmente nos capacités de production et de transport, du fumier qui engraisse la terre, des sous-produits animaux dont plusieurs sont transformables en objets, etc. L'agriculture végé ne produit que des aliments, l'élevage produit des aliments et de la matière essentielle à l'activité humaine.

Quand les ressources seront rendues inabordables ou carrément disparues, il restera l'agriculture bio-intensive qui produit de meilleurs rendements que l'industrielle mais qui exige aussi une abondante main d'oeuvre. Et du fumier animal.

Il restera la permaculture, moins productive mais aussi moins exigeante en travail une fois qu'elle est aménagée. Mais voilà, la terre arable est finie, il ne s'en fabrique pas au prétexte qu'on en a besoin...

Système alimentaire survivaliste

En survivalisme, l'objectif n'est pas de trouver une solution pour l'ensemble de l'humanité mais de développer son autonomie globale personnelle, puis familiale, puis clanique et éventuellement à l'échelle de sa communauté locale d'appartenance. 


Si ce modèle d'autonomie globale fait un jour florès et se répand à l'échelle de la planète, c'est qu'il aura prouvé sa nécessité et son applicabilité à un nouveau paradigme socio-économique qui n'est certes pas encore en place mais qui montre néanmoins le bout de son nez. 

Je rappelle pour mémoire que jusqu'au XVIe/XVIIe siècle, la majorité de la population vivait en autonomie sur une petite exploitation agricole familiale.

Dans l'intervalle, le survivalisme est un plan de vie en autonomie pour des individus et des familles et des clans, rien de plus mais, plus important encore, rien de moins.


Ceci étant dit, je ne suis pas hostile au végétarisme, je n'en suis juste pas un. Je mange somme toute peu de viande si on me compare à la moyenne des québécois et un plat de pâtes sauce aux légumes ou un riz sauté aux légumes me satisfait plus qu'un hamburger.

Qu'on soit végé ou omnivore, le plus important de tout, c'est de se donner les moyens de l'autonomie et de savoir s'adapter aux circonstances.

Si les végétariens/végétaliens peuvent parfaitement bien manger et vivre en santé grâce à leur manière de s'alimenter, je les en félicite. J'annonce cependant que les végétariens mais surtout les végétaliens devront un jour sacrifier un peu de l'intégrité de leur approche quand les systèmes de distribution et de production ne pourront plus les satisfaire. La production locale personnelle ne pourra pas compenser la perte de variété et peut-être de quantité. Ce qui était normal deviendra un luxe, puis un grand luxe et finalement ne sera plus accessible du tout.

Alors il leur faudra se rabattre sur les ovins et les bovins, la volaille et ses oeufs, leurs sous-produits et la culture alimentaire carnée. Bien sûr, il en va de notre société comme il en va de toutes choses : quand un système se dégrade, la dégradation se manifeste en périphérie avant de gagner le centre. Le Tiers-Monde souffrira (encore plus) avant l'Occident de la faim mais l'Occident finira par en souffrir, aussi. D'où le début de la chute de la population anticipé vers 2030, dix ans après le Pic Alimentaire...

"Qui peut le plus, peut aussi le moins". Les végétariens et les végétaliens survivalistes renoncent par avance à plusieurs sources alimentaires. S'ils ont malgré tout la capacité de se nourrir en fonction de leurs choix en tout temps et en toutes circonstances, peu importe la réalité du moment, tant mieux et je leur souhaite. Toutefois nos ancêtres n'étaient pas cons et s'ils se donnaient accès à toutes les sources alimentaires, c'est que ça avait sa raison d'être.


Végés et faim du monde - Partie 2

Commentaires

white tiger a dit…
Quand je faisais mes études en anthropologie à bordeaux, il y a un peu plus de vingts ans, j'ai tenu exactement le même discours que vous, et bien sûr, je ne suis pas devenu anthropologue... lol ! Le poids des habitudes , le contre-malthusiannisme, le refus de voir l'évidence on toujours joué contre l'acceptation de mes points de vue. J'ai toujours eu de l'avance sur mon temps, et je suis sûr que j'avais raison. Mais même si j'avais raison, et même si je me suis préparé au pire, le plus souvent j'ai réussi à échapper aux problèmes grace à cette faculté d'anticipation... Mais si le schéma que vous présentez se produit, de toute manière je serais condamné à brève échéance, car ayant développé un diabète, sans médicaments, j'ai peu de chance de voir ma glycémie disparaître... lol ! Donc, ma foi, le jour ou cela devra arriver, et bien je pense que je n'en aurais plus pour très longtemps.
le tout pour moi est de préparer au mieux, ceux qui auront la possibilité de survivre en bonne santé à tout ceci...
Vic Survivaliste a dit…
:(

Faites des recherches j'ai lu un tas d'infos sur le diabète et les moyens de le contrôler sans médicaments.

Cherchez notamment sur http://www.naturalnews.com/, il me semble que c'est là que j'ai lu des articles là dessus.

iamès a dit…
Bonjour,
réponse suite au premier commentaire.
Certaine personne pratiquants le jeûne affirment que cela peu régler le problème du diabète, réalité ou fantasme, je ne sais pas, mais cela vaut peut être la peine d'être creuser ?
Stéphanie a dit…
Ne vous en faites pas pour les "végés" cher Monsieur. S'ils ne sont pas adaptés ils mourront, comme ceux dont les artères bouchées par les graisses animales le font chaque jour. C'est la vie. Je resterai Vegan et me battrai pour les droits des animaux jusqu'au bout de ma civilisée. Quand la Nature reprendra ses droits dans des proportions normales on révisera la question. Que l'humain chasse proprement, utilise l'animal sans tortures, récupère ce qu'il peut de son sacrifice avec respect c'est la nature, c'est la vie. Le tigre chasse et même si je suis une gazelle alimentaire je chevauche le tigre... Je choisis de ne pas participer à la vie charognarde actuelle, par principe de rejet, mais si l'utilisation (et non l'exploitation) des animaux est faite dans des proportions raisonnables, et avec le maximum de compassion possible, croyez-moi, vous trouverez peu de militants pour lutter contre. Par contre que l'humain avide de fric (sur des créatures sans défense) s'imagine que les animaux vont être ses esclaves en toutes circonstances doit être combattu et nous le ferons jusqu'au bout. Inutile de démonter les thèses végétariennes vous faisant ainsi du coup l'idiot utile du Système que tout Survivaliste doit combattre. Chacun est libre de ses choix et nous sommes plus proches que vous ne le pensez. Au fond nous combattons le même ennemi et pensons un peu la même chose : il faut en revenir à une vie plus traditionnelle et tout ira mieux, même pour les obèses carnivores ;-)
Bonjour,

Je suis contente de lire cet article, puisque je m'intéresse de plus en plus au survivalisme, à ma manière, végane bien sûr (c'est par un groupe facebook végane que je suis tombée sur votre article).

Je pratique depuis quelques années le véganisme principalement bio et local, et j'aimerais partager quelques trucs qui pourraient bénéficier tant aux carnistes qu'aux véganes et à tout l'évantail des personnes entre les deux.

Pour le moment, il s'agit de consommer légumes, fruits, légumineuses, céréales, graines, algues et fines herbes locales, à travers la cueillette, le travail à la ferme, les groupes d'achats directement des producteurs et productrices, et l'épicerie, en dernier lieu. Il est pertinent d'apprendre à jardiner chez soi, peu importe l'espace dont on dispose (intérieur et extérieur), et de planter des arbres fruitiers ou des plantes comestibles vivaces partout où on peut, en ville comme à la campagne.

Il importe aussi d'apprendre à conserver les aliments durant l'hiver (par la lactofermentation, le séchage, l'entreposage, le cannage, la congélation, encore une fois en dernier lieu, car sans électricité et avant les grands froids, c'est moins fiable) et de faire germer toutes sortes de grains pour avoir de la chlorophylle, des vitamines et des protéines fraîches à longueur d'année pour peu de coût et peu d'effort. Je m'y prépare avec plus d'efficacité année après année...

Il faut l'apprendre, mais ça se fait. Effectivement, à peu près tout le monde, les végés et les carnistes, aime le quinoa, le riz, les noix, les avocats et les citrons, etc, et c'est polluant aujourd'hui, et ça deviendra un problème pour les gens qui ne peuvent pas s'en passer quand le système de distribution va s'effriter, mais ça, tout le monde doit s'y préparer. Fin du pétrole oblige.

Et quand on n'aura plus aussi facilement accès aux denrées qui viennent de loin, le végétalisme prendra tout son sens, car on n'a pas l'espace, ni au Québec ni ailleurs, de faire pousser la nourriture de tous les animaux que les carnistes exploitent. Il faut s'y préparer en tant que carniste aussi: la majorité du fourrage administré aux animaux d'élevage aujourd'hui vient de loin. (les Prairies, l'Amazonie rasée je crois?)

Bref, go tout le monde, apprenons à manger local et à savoir faire pousser et préparer notre nourriture aujourd'hui. C'est ni plus ni moins qu'une question de vie ou de mort...

Et aussi, pour ce qui est des aspects autres que la nourriture, j'aimerais ajouter qu'il y a toujours moyen de moyenner.

Pour l'aspect santé (c'est mon truc ça, ayant réglé plusieurs problèmes de santé en devenant végétalienne), il est temps d'apprendre à vivre sans médicament, peu importe notre âge et condition. Pour les aspects maladies cardiovasculaires, cancers, diabète, haute pression, asthme, douleurs menstruelles, maux de ventre et de tête, arthrite et tout ça, à ma connaissance, les véganes qui mangent bien s'en tirent mieux que tout le monde.

J'ai cru comprendre qu'en coupant du jour au lendemain leur médication aux nords-américains, au moins le tiers d'entre eux mourraient en quelques jours.

J'en connais assez aujourd'hui en alimentation, sport, plantes médicinales et style de vie pour affirmer que si je suis responsable de moi-même, je n'aurai plus besoin de médicaments de toute ma vie. Tout le monde devrait se responsabiliser par rapport à ça.

Pour les vêtements, les outils, les cordes, les abris, etc, je crois qu'il y a beaucoup de potentiel à explorer ce qu'on peut faire à partir de fibres et gras végétaux. C'est un savoir qui s'est encore plus perdu que les savoir-faire de chasse et pêche, mais les humains sont inventifs. Avec le chanvre, le lin, les arbres, les feuilles, etc, il y a moyen de faire beaucoup.

Je ne peux pas affirmer que je resterai végane dans toutes les situations de ma vie pour tout le temps qu'il me reste à vivre, mais je crois fermement qu'avec un peu de bonne volonté, de coopération, d'inventivité et tout ça, ce n'est pas impossible.

:)
Vic Survivaliste a dit…
En même temps, le but de l'alimentation, ultimement, c'est de se nourrir afin de vivre.

Ceux qui ont la ferme conviction qu'ils peuvent rester crudivores 365 jours par année quand les magasins d'alimentation seront vides, je les respecte. Je ne vois pas comment ils feront pour maintenir leur alimentation mais je les respecte.

Mon but avec cet article est d'examiner le mode d'alimentation dans un contexte d'effondrement et d'autonomie, à l'intérieur d'un autre paradigme.

Si ça choque des convictions, j'en suis désolé, ce qui m'intéresse c'est de survivre de manière autonome, en revenant aux pratiques d'antan où humains et animaux vivaient en synergie et où ces derniers étaient respectés.

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