Ukraine - pas de panique

Respect et salutations à Alain Benajam de Réseau Voltaire pour ses excellentes sources, nos courts échanges et son éclairage appréciable de les questions géostratégiques.
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Rappelons (sommairement) les événements mais d'abord, une mise en perspective.

Contexte

Ce que les USA est l'UE essaient de faire depuis la chute de l'Union Soviétique, c'est d'amener les anciens "pays de l'Est" dans le giron atlantiste ou en d'autres termes, d'augmenter la clientèle (au sens romain du terme) des USA, spécialement dans leur sujétion aux banques. Cela se fait via l'OTAN, l'OSCE et l'Union Européenne "porteuse de prospérité". Je l'écris sans rire.

L'Ukraine était en négociation pour s'intégrer davantage à l'Union Européenne. Toutefois ce pays est intimement lié à la Russie et fait partie de sa sphère d'influence naturelle et historique. 

Il existe des ambiguïtés dans les relations russo-ukrainiennes. Outre les sentiments identitaires et nationalistes légitimes chez tous les peuples, les ukrainiens se souviennent de l'Holodomor, la grande famine des années 30 causée par le régime communiste d'alors, donc "les russes". 

Toutefois l'Ukraine est composée à la fois et principalement d'ukrainophones et de russophones, les russophones ayant des sympathies naturelles pour la Russie. Kiev est d'ailleurs la première capitale de Rus', ou "pays des Rus".

Après la dissolution de l'Union Soviétique l'Ukraine a connu une première révolution colorée en 2004 (la révolution orange) qui a entraîné de nouvelles élections et installé un régime favorable à un rapprochement de l'Europe (donc des USA). Cette révolution a été largement supportée (organisée) par la CIA et des organisations "humanitaires" derrière lesquelles se trouve notamment Georges Soros (voir La géopolitique et le survivaliste). 

En 2010 le pouvoir est revenu aux mains de Victor Ianoukovytch. Considéré moins éloigné de Moscou que l'opposition, il a quand même entamé des négociations avec l'Union Européenne en vue d'y faire entrer son pays.

Que ce soit Ianoukovytch ou Timochenko au pouvoir, (l'ancienne première ministre atlantiste condamnée pour corruption), ce pays est gangrené par la collusion et la corruption, que même le président russe, Vladimir Poutine, dénonce! 

Sur le point ou presque de signer avec l'Occident, la Russie fait des offres à l'Ukraine qui a une très mauvaise situation économique. Ianoukoviytch accepte car l'Ukraine est une grande dépendante du gaz russe et a une histoire de mauvais payeur, ce qui lui rend la conclusion d'accords commerciaux difficiles.

S'ensuivent, comme en 2004, des manifestations qui dégénèrent rapidement et les manifestants ont tiré à balles réelles sur la police les premiers. En réalité ce sont des snipers engagés par l'Opposition (ou les organisations étrangères qui les supportent) qui ont tiré d'abord sur les policiers puis sur les manifestants. Beaucoup de signes laissent croire à de multiples interventions étrangères.

Après plusieurs jours de tension et des centaines de morts, Ianoukovytch fuit et se réfugie en Crimée, puis en Russie. L'opposition (dont des néo-nazi affirmés et assumés) prend le pouvoir, le dépose et comme par miracle les choses se calment! 

Si vous voulez lire un excellent résumé du contexte et des événements, suivez ce lien.

L'armée russe se mobilise et on voit apparaître en Crimée des soldats sans identification qui prennent le contrôle des bases ukrainiennes de Crimée et des points importants. Les forces ukrainiennes en Crimée se rallient aux forces russes.

Montée en panique

Les médias, les commentateurs, les observateurs, quasiment tout le monde s'est mis à parler d'une guerre à venir ou d'en redouter une entre l'OTAN et la Russie. Pas moi et la raison en est très simple.

Une guerre, ce n'est pas comme une rixe dans un bar entre deux hommes fortement alcoolisés qui veulent impressionner la galerie.

Une guerre ça se prépare. Plus elle est d'ampleur, plus elle est préparée longuement.

Il faut avoir fait l'armée pour comprendre à quel point la mise en marche d'une armée pour résoudre un conflit est un processus long, lourd et qui ne s'improvise pas.

Tous les pays du monde ont des plans d'attaque et de défense contre leurs ennemis (et même leurs amis!). Toutefois entre un plan et la réalité, il y a un monde.

Si les pays de l'OTAN avaient eu l'intention d'entrer en guerre, nous en aurions vu les signes et les manifestations depuis longtemps. Or c'est précisément l'inverse qu'on voit. 

La France diminue ses effectifs. La Grande-Bretagne a tant coupé dans ses dépenses militaires que des élus craignent qu'elle ne puisse même assurer sa défense. Les USA coupent aussi dans leur budget de défense.

Il faut savoir qu'une guerre majeure se prépare sur des années et des années: augmentation du nombre d'effectifs, du nombre d'unités, modernisation des armes, développement des unités de logistique, sécurisation des ressources et des approvisionnements, mise en marche d'une industrie de guerre, longue propagande contre l'ennemi, multiplications d'incidents réels ou factices, subversion chez l'ennemi, opérations faux-drapeau, etc. Regardez les pays d'Europe dans les années 30 et vous comprendrez comment se passe une préparation à une grande guerre.

On n'a pas vu cela, rien de cela ces dernières années. Bien sûr les puissances du Monde sont en train de sécuriser des ressources depuis longtemps mais nous n'en sommes pas à la phase de montée en puissance des forces armées qui précède une guerre majeure. 

Si en revanche la Chine et la Russie augmentent leurs dépenses militaires, c'est notamment pour rattraper un certain retard dans leurs besoins de défense, quoique la Chine doit aussi développer une aéronavale lui permettant de sécuriser son approvisionnement en pétrole et en autres ressources, capable de se projeter hors des frontières, un peu comme ce que possèdent les USA en cette matière.

Différences dans la composition des armées

Cent mille hommes du pays A valent-ils cent mille hommes du pays B? Chaque dollar dépensé dans les forces conventionnelles (non nucléaire) US procure-t-il la même capacité de destruction qu'un dollar dépensé dans les forces conventionnelles russes ou chinoises? 

Non et non.

Les avions US de combat coûtent plus cher, à capacité sensiblement égale, que les avions de combat russes. Une partie importante de l'aviation US est embarquée afin de pouvoir être projetée loin de ses frontières et de ses bases. Une aviation embarquée, c'est une aviation coûteuse: porte-avion, navires de ravitaillement, une douzaine de navires d'escortes, carburant nucléaire pour le porte-avion, carburant diesel pour les navires d'escorte, ravitaillements en aliments et armements, etc. 

La vérité est que si les États-Unis ont de loin le plus grand budget militaire de la planète (46% des dépenses militaires planétaires sont attribuables aux forces armées US), une part substantielle de ce budget est consacré à l'entretien de bases à l'étranger (très chères car tout est importée des USA) et à la projection de forces loin de de ses frontières (neuf porte-avions et leurs escortes). 46% du budget mondial de défense ne signifie pas 46% de la puissance militaire mondiale. 

Les russes en revanche ne possèdent qu'un porte-avion et encore, de petite taille comparé aux bâtiments US.

La Russie compte un million d'hommes et de femmes sous les drapeaux alors que les USA en comptent 1,2 millions.

Que conclure? Que la Russie disposes de forces capables d'assurer sa défense mais dispose de peu de capacités de projection de forces hors du continent, contrairement aux USA.

L'Union Européenne dispose quant à elle de 1,6 millions de soldats actifs mais a de faibles capacités de projection hors du continent, comme l'armée russe. 

La qualité des armements est déterminante quant à l'issue d'un conflit. La meilleure aviation au monde est occidentale, la meilleure défense anti-aérienne au monde est... russe. La maîtrise du ciel est la clé de la victoire lors d'une guerre, rappelons-le. La force aérienne ne remplace pas la force terrestre mais c'est elle qui procure la suprématie sur le champ de bataille, quand elle peut opérer librement bien entendu...

Si les occidentaux ont la suprématie aérienne en revanche ils sont très vulnérables aux missiles mer-mer ou terre-terre russes, qui pour la plupart ne sont pas interceptables...

IL N'EXISTE PAS, À L'HEURE ACTUELLE, D'ARMÉES OU DE COALITION PERMETTANT DE LIVRER UNE GUERRE MONDIALE AVEC UNE ASSURANCE DE VICTOIRE. 

Russes et chinois ne pourraient porter la guerre aux USA et l'Occident ne pourrait détruire la Russie, hors armes nucléaire bien entendu.

Les armes nucléaires

Les armes nucléaires sont destinées... à ne pas être utilisées! Elles servent de dissuasion. En cas de guerre conventionnelle, le pays qui sent la soupe chaude lancera ses ICBM sur l'autre et l'autre répondra par le tir de ses propres ICBM, anéantissant toute vie humaine et animale sur la Terre à moyen terme.

Pour éviter une victoire à la Pyrrhus, il suffit de... ne pas se trouver dans une telle guerre et la base de tout consiste à ne pas la déclencher.

Cependant des accidents peuvent toujours survenir. 

Pour le moment, dans cette crise ukrainienne, rien ne semble indiquer quelque escalade militaire que ce soit. On parle beaucoup, on parle de sanctions, de mesures de rétorsions et de représailles aux sanctions mais pour le moment, on est loin de l'escalade militaire.

Bien sûr il y a le déploiement d'une demi-douzaine de chasseurs F15 en Pologne, des rumeurs de troupe de l'OTAN dans l'ouest du pays et de contractors déployés pour protéger les bâtiments publics mais ce n'est pas une concentration suffisante de troupes en prélude à des affrontements.

Empire et impéralisme

Qu'est-ce qu'un empire et qu'est-ce que l'impérialisme? Ce sont deux notions à comprendre si on veut donner du sens aux événements qui se produisent partout sur la planète depuis la chute de l'Union Soviétique.

La Russie a longtemps été un empire et à quelque part, l'est encore. Un empire, c'est une forme de communauté politique regroupant différents peuples sous une même direction.

L'impérialisme quant à lui est la volonté de constituer un empire dans lequel le pays (ou le système) impérialiste dominerait plein de pays et de peuples, à terme.

Un empire est un événement du passé, fini, un fait accompli, un ensemble stable. L'impérialisme est une volonté et une action en cours d'accomplissement et un facteur considérable d'instabilité.

Le conflit qui oppose la Russie et les USA ne date pas d'hier. Ni de la chute des l'Empire Soviétique au début des années 1990. Ni de 1945 quand l'URSS a été de facto reconnue comme une grande puissance politique et militaire. 

Il date de bien avant, en fait, depuis le 19e siècle. 

Au 19e siècle, les USA étaient un petit pays économiquement et politiquement parlant alors que la Russie était un vaste empire achevé d'être constitué. Quand on examine les discours des Pères Fondateurs des États-Unis, on réalise immédiatement qu'ils avaient la vision et l'ambition de faire régner les États-Unis sur le monde. 

Sur le Grand Sceau des États Unis d'Amérique apparaît la devise "Novo Ordo Seclorum", qui peut se traduire par "Nouvel Ordre pour les siècles". Ce qui est tout à fait en ligne avec le discours de Georges Bush Père où il parlait de "Nouvel Ordre Mondial", expression reprise depuis par tous les chefs d'État occidentaux à l'occasion.

C'est du conspirationnisme? Si vous voulez. Ce que je cherche à démontrer, c'est que l'Impérialisme US est inscrit dans les fibres mêmes du tissu états-unien, ce que confirment les propos et ambitions des Pères Fondateurs US. Dans la mesure où c'est dit, écrit, gravé sur un sceau et réaffirmé par les think tanks, on peut difficilement parler de conspiration mais plutôt de faits avérés. Il se peut toutefois que cette vérité choque mais ça n'en change pas sa réalité.

Il est juste de conclure que les USA ont une vocation impérialiste donc de domination et cela depuis leur fondation. Ce n'est pas nouveau: ce n'est ni le premier ni le dernier pays à vouloir se constituer un empire. La différence par contre, très notable, c'est leur ambition mondiale.

Revenons à l'opposition US avec la Russie.

L'Empire Russe a toujours été une noix difficile à casser. Il contrôle le coeur du continent euro-asiatique et peut donc se projeter, de manière terrestre, du Pacifique à l'Atlantique, avec un accès au Moyen-Orient et de là, l'Afrique. Nous l'oublions mais les Russes avaient dans le passé des colonies en Alaska et en Californie.

Cet empire a toujours été perçu comme un obstacle majeur par les stratèges US et ils tentent de le miner et de le détruire depuis longtemps.

C'est ainsi qu'en 1917, Wall Street a fait parvenir à Lénine un million de dollars afin de financer sa Révolution et sa prise du pouvoir. Par la suite ce qui est devenu l'URSS s'est émancipé de la vision réductrice de la Russie et est redevenu un empire. On connait la suite...

Ce n'est pas d'hier que la Russie est dans les pattes US. 

Dans Le Grand Échiquier, qui est le coeur de la vision géostratégique US, Brzezinski mentionne que l'Ukraine est critique à l'existence de la Russie comme empire et que si on la détruit, on détruit l'Empire Russe.

Donc dans cette optique il est tout à fait secondaire que l'Ukraine joigne l'UE, il suffit de la détruire pour la Russie. Par une guerre civile et/ou par son détournement de la Russie.

Voilà la nature exacte de la crise ukrainienne.

Le fait demeure que les USA veulent priver la Russie de l'Ukraine et que la Russie ne laissera jamais partir l'Ukraine de sa zone d'influence. Sont-ils prêts à entrer en guerre pour cela?

Possible, un jour et même, probable, un jour. Mais pas maintenant, sauf escalade accidentelle, bien entendu. 

Il reste toute la question de la guerre économique qui est aussi, en soi, un cassus belli. Là dessus la Russie peut révéler des vulnérabilités. Par contre le dollar et l'économie US sont fragiles et la Russie, comme la Chine, pourrait attaquer cette faiblesse. La dette US est pratiquement impayable et de l'instabilité dans la haute finance pourrait s'avérer très dramatique pour le gouvernement US. Si le gouvernement US tentait d'augmenter substantiellement les impôts pour se procurer des liquidités, il ferait face à une résistance acharnée de la population tout comme il tuerait la faible reprise du pays. S'il imprime davantage d'argent, ce sont les marchés qui risquent de les lâcher.

L'Occident pourrait aussi tenter de renverser le régime en Russie mais avec quelque 65 ou 67% d'approbation, ça serait difficile. En revanche en attisant des oppositions ethniques ou communautaires à l'intérieur même de la Russie, il serait possible de déstabiliser ce pays au prix, là encore, d'un cassus belli.

En revanche la Russie doit aussi, en principe, avoir ses réseaux de type Gladio ou stay behind, en Ukraine comme ailleurs. Ceux-ci pourraient reprendre le contrôle en Ukraine mais aussi fomenter des troubles et déstabiliser les pays limitrophes. Comme on dit: quand c'est bon pour minou, c'est bon pour pitou.

Rappelons que l'Ukraine n'est pas membre de l'OTAN, que le coup d'État qui a placé l'opposition au pouvoir ne lui assure pas de légitimité auprès de la population et que beaucoup, beaucoup d'ukrainiens craignent la vie sous Svoboda.

C'est à voir mais une chose est certaine, l'Occident n'a aucune vergogne et tentera tout pour gagner son coup de force. Espérons que leurs stratèges savent précisément quelle limite ne doit pas être franchie. Espoir: les US ont reculé en Syrie, signe qu'ils ne voulaient pas d'affrontement armé avec la Russie. Ou peut être aussi signe qu'ils ne voulaient pas d'affrontement sur un enjeu secondaire.

On peut analyser et décortiquer les détails de la situation actuelle sous tous ses angles, il demeure que c'est la Russie qui est attaquée à travers l'Ukraine et elle le sait très bien. C'est une attaque qui vise son coeur et elle ne laissera pas la chose aller impunément.

Que la Russie tombe définitivement comme empire et la porte est ouverte à la domination totale du continent eurasien par les USA et leurs commanditaires du Nouvel Ordre Mondial. Dès lors la Chine sera encerclée et étouffera et ce sera une énorme conflagration qui se déclenchera.

Nous sommes relativement loin du survivalisme au sens strict avec cet article mais d'un autre côté, comme je l'ai déjà dit plusieurs fois, nous sommes beaucoup plus susceptibles de subir un événement humain de grande envergure qui change profondément la donne qu'une catastrophe naturelle ayant le même effet.

La géopolitique, la géostratégie, les manœuvres des grands (États, think tanks, banques et acteurs de l'ombre) nous affectent tous. L'important est de voir clair à travers le fog of war et malgré la propagande diffusée par les médias. C'est ainsi qu'on sait si ça chauffe assez pour déployer nos plans d'urgence personnels ou si on peut continuer nos préparatifs de survivalistes à vitesse normale.

Ce que la crise Ukrainienne révèle en revanche, c'est que des forces occultes (i.e. dissimulées au regard) sont constamment en action pour réaliser les ambitions des oligarchies qui animent les USA. Ces forces n'ont aucun scrupule, aucune moralité et aucune limite à leurs ambitions. Elles ne renonceront pas.

Si, comme je le crois, les événements actuels ne se détérioreront pas en Ukraine et ne déboucheront pas sur un conflit mondial, c'est toutefois partie remise. D'où la nécessité pour les gens qui savent de se préparer, notamment en acquérant des terres dans des endroits éloignés des grands centre et de commencer à y développer une vie autonome.


Commentaires

Aitsyrt de la France a dit…
Explication clairement argumentée. On entend les tambours de guerre un peu partout, pas seulement sur le plan géopolitique, mais aussi sur le plan économique, social et tout le reste . Nous sommes entraînés dans la spirale d'un système hors sol et virtuel arrivé à maturité ,qui ne peut par conséquent aller plus loin; les oligarques le maintiendront coûte que coûte mais la tour de Babel finira par s'écrouler . Mais comme vous le dites si bien ,il faut déjà s'en extraire . Avoir pris conscience que tout va finir par sauter est effectivement fondamental. Très peu ici en France le réalisent, et certainement guère plus chez vous Votre travail d'information est remarquable, merci .
deus sabaoth a dit…
méfions nous quand meme les deux seuls paix qui augmentent leur fond pour leur armement c'est la chine et la russie. Et toutes les autres armées EU,france,allemagne sont soumise a la crise financiere ils payent les militaires avec des prets financier...les EU voyent a la baisse tout leur futur armement,bref n'oublions pas que le coup de folie est toujours possible un general taré ou des fausses attaques...
Anonyme a dit…


La Crimée a parlé, les bruits de friture et le piaillement des corneilles cessent.

16 mars 14:45

Exit poll: 93% vote for accession to Russia at referendum in Crimea
http://en.itar-tass.com/world/723819
Anonyme a dit…
Quand tu parles éloigné des grands centres, qu'elle distance a peu près?

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