Équipements furtifs à porter sur soi (EDC)

Beaucoup de gens portent des EDC dans une pochette de ceinture ou encore dans un sac à dos ou même un attaché-case qu'il amènent toujours avec eux. D'autres les laissent dans la voiture.

Cet EDC peut s'avérer crucial dans certaines circonstances, selon sa composition et les circonstances elles-mêmes bien entendu.

Dans le même ordre d'idée beaucoup de survivalistes emportent aussi une lame sur eux, comme élément essentiel de leur EDC. Les bisounours pousseront des cris d’orfraie à l'idée que des gens sortent "armés" mais ce sont des bisounours donc l'ordre des choses est respecté.

Plus prosaïquement, les porteurs de lame sont-ils armés?

Arme ou équipement?

Pour un survivaliste qui se respecte, une "arme" est avant tout un outil. Une hache peut servir à abattre un arbre comme à défoncer un crâne.

Un couteau peut servir à poignarder une personne ou à la secourir. 

Dans la plupart des pays francophones, il est illégal d'être armé. La loi peut proscrire une pièce d'équipement nommément ou proscrire le principe de la défense armée.

Au Québec c'est le droit criminel canadien qui proscrit le port d'une arme quelle qu'elle soit. Et qu'est-ce qu'une arme? C'est un objet dont on a l'intention de se servir contre une autre personne.

Qu'en est-il si je porte un couteau dans le quotidien au Québec, par exemple? 

Cela dépend de l'intention du porteur. Si on porte un objet pour éventuellement se défendre, c'est un port d'arme donc c'est illégal.

En revanche le même couteau porté pour faire face aux aléas de la vie (secours, outil d'ouverture de boites, etc.) ce n'est plus une arme car son porteur n'a pas l'intention de s'en servir comme telle.

Oui c'est con. C'est du droit britannique.

Autre exemple. Le gaz-poivre est une arme prohibée. Point. Par contre il est tout à fait légal d'en porter sur soi si on le porte pour se protéger en ville des chiens ou, en forêt, des ours. Il faut pour cela porter du gaz-poivre sur la bouteille duquel on trouve la mention "protection contre les chiens" ou "contre les ours".

Avec un contenant de gaz-poivre conçu contre les animaux et son porteur qui s'en est procuré pour se défendre contre les attaques d'animaux, il est légal d'en porter sur soi. 

Oui, c'est très con. C'est britannique...

Porter quelque chose

On se retrouve avec trois possibilités : 

1) on porte un objet qui est manifestement un outil, qui est légalement autorisé et qu'il est légitime de porter
2) on porte un objet qui peut être défini comme une arme mais qui peut aussi servir à autre chose, selon l'intention de son porteur
3) On porte un objet qui est manifestement une arme et on viole là loi.

Je recommande en tout temps et en toutes circonstances de respecter la loi: un survivaliste en prison n'est plus autonome et n'aide pas sa famille à maintenir son autonomie, c'est la base de tout.

Évidemment, porter un objet qui peut être reconnu comme une arme est sujet à interprétation. Le couteau Opinel est génial pour trancher un saucisson mais pas trop pour frapper d'estoc. Arme ou pas? Cela dépendra de l'humeur du flic.

Pour éviter ce genre d'emmerdes inutiles, on aura recours à des équipements qui sont furtifs c'est à dire qu'on ne verra pas/trouvera pas facilement ou encore qui ne seront pas reconnus de prime abord comme étant des armes, puisqu'ils n'en sont pas.

Voici donc trois objets: lame de rasoir, lame format carte de crédit et stylo tactique.

Lame de rasoir

Tout le monde sait ce que c'est. C'est une lame très coupante, pas très dure donc s'use rapidement, qu'on utilise dans un rasoir à main.

Ces lames peuvent servir à des coupes de précisions. Par exemple: le pied d'une personne est écrasé et vous devez retirer une chaussure pour arrêter une hémorragie importante. Avec une telle lame vous pouvez découper le contour de la chaussure au lieu de délacer et bouger la chaussure, une manoeuvre qui sera très douloureuse.

Cette lame se glisse aisément dans un portefeuille et comme elle est très mince, elle ne fera pas de bosse et n'attirera pas l'attention.

Coût: environ un dollar (moins d'un euro)

Lame format carte de crédit

C'est une lame repliée et qui une fois dépliée forme un couteau avec un manche très court.

En format replié ce petit couteau a la forme d'une carte de crédit.

Une fois dans le portefeuille si on ne cherche pas spécifiquement une lame on ne trouvera pas, spécialement si le plastique du manche (noir) est peint aux couleurs d'une carte de crédit connue.

Bien que ce soit du plastique et, disons-le, une lame de qualité moyenne, ce petit couteau est tout de même assez robuste.

Coût: d'un à trois dollars (de moins d'un euro à deux euros).

Le stylo tactique

Le stylo tactique est probablement la pièce d'équipement la plus furtive et la moins contestable.

Un stylo est un stylo. Il sert à écrire. Il est tout à fait légitime et normal de porter sur soi un stylo. En ce sens il peut difficilement être qualifié d'arme par destination.

En même temps ce stylo est fait d'un métal dur et épais qui ne se déformera pas suivant un impact et peut donc servir d'arme d'estoc. Si en plus ce style a une extrémité destinée aux impacts nous obtenons un outil du quotidien parfaitement légitime et utile (pour écrire) ET une arme défensive qui permet de frapper.

Un de mes stylos tactiques est le modèle illustré, avec une couronne. Cette couronne sert à plusieurs usages.

Elle est assez dure pour frapper mais elle peut aussi servir à agripper la peau d'un agresseur et si celui-ci se débat et cherche à échapper à la prise, sa peau se déchirera. L'autre extrémité (la pointe à bille du stylo) peut servir aussi bien à écrire qu'à frapper. Bien sûr la cartouche ne survivra pas à l'impact dans ces conditions!

Furtivité

La furtivité s'obtient de deux façons: par dissimulation ou par camouflage.

Dans le cas des deux lames citées plus haut, l'une est furtive par dissimulation (lame de rasoir glissée dans une pochette du portefeuille), l'autre l'est par dissimulation (lame pliable glissée dans une pochette du portefeuille) ou par camouflage (lame pliable glissée dans une fente de carte de crédit), surtout si on peint cette lame aux couleurs d'une carte de crédit.

Quant au stylo tactique, sa furtivité réside dans le camouflage de sa fonction "arme défensive" en un outil d'écriture tout à fait courant.

Armes par nature ou par destination?

Une lame est une lame. Une dague est par nature une arme. Un cutter rétractable n'est pas une arme par nature mais peut en devenir une par destination, c'est à dire en s'en servant d'une manière différente que l'usage auquel il était destiné lors de sa conception ou de son achat.

Un couteau pliant format carte de crédit auquel on n'accède pas rapidement fait-il de son propriétaire un criminel portant une arme prohibée? Pour le Canada, non, du moment qu'il sert d'outil dans l'esprit de son porteur.

Un policier qui vous arrête, s'il trouve ce couteau, pourra tenter de vous coller un port d'arme et il sera facile de lui faire entendre raison ou à tout le moins au juge: si vous portiez une arme pour vous défendre, elle serait plus ergonomique, maniable et surtout accessible rapidement. À la lumière de ces circonstances on peut difficilement dire qu'il s'agit dans votre esprit d'une arme pour vous défendre.

Idem pour la lame de rasoir.

Quant au stylo tactique il est difficile là aussi de parler d'arme prohibée. C'est avant tout un stylo et vous pouvez passer votre vie à écrire avec sans devoir vous en servir une seule fois pour vous défendre.

Porter des outils furtifs?

Selon la législation de votre pays, la réponse peut varier.

Chose certaine si vous portez un outil furtif tranchant avec l'intention de vous en servir comme arme et uniquement comme arme, c'est à mon sens un acte illégal dans tous les pays francophone et je réprouve la violation de la loi, même si cette loi vient nier le droit pour toute personne de pouvoir défendre sa vie.

Certains pays prohibent le port d'une lame, vous savez alors à quoi vous en tenir.

Par contre un stylo tactique est une excellente alternative mais attention si vous commettez un crime avec cet outil car il sera automatiquement... signé (!).



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