Le survivalisme « apolitique » tout propre

La question refait surface périodiquement. Le survivalisme est-il politique et peut-on mêler politique et survivalisme?

C'est un sujet complexe car encore faut-ils savoir de quoi on parle, tant pour le terme "survivalisme" que pour le terme "politique".

Politique

Un peu de culture ne fait jamais de tort. Le mot "politique" vient du grec politikè, qui signifie en quelque sorte "science des affaires de la Cité". Il a trois sens:

  • L'organisation d'une société, peu importe son échelle
  • L'étendue et la répartition du pouvoir public au sein d'une société, peu importe son échelle.
  • La pratique du pouvoir et par extension, les moyens d'accéder au pouvoir.
Dans ce dernier sens, on distingue "la politique" de "la politique partisane", qui consiste dans ce dernier cas à se positionner en fonction d'un parti ou d'une idéologie politique, c'est à dire une idéologie qui définit un idéal.

Survivalisme

Quand on parle de survivalisme au sens de préparation à une catastrophe, c'est à dire si on emploie l'ancienne définition du survivalisme (le survivalisme pré-prepping), on voit difficilement la dimension politique de la démarche. C'est de la simple - et saine - prévoyance. On voit encore moins comment on pourrait politiser cette démarche.

  • Est-il politique de mettre de l'argent de côté pour nos vieux jours?
  • Est-il politique d'acheter une grande quantité de riz quand il est à rabais et de le stocker jusqu'à usage?
  • Est-il politique de se prémunir contre les pannes d'électricité par l'achat d'un groupe électrogène et du carburant?

Bien sûr que non.

Le survivalisme à échelle personnelle ou familiale, comme simple prévoyance, n'est pas politique et n'a pas à être politisé.

Là où ça devient politique

Le survivalisme devient politique dans trois cas. 

1) Quand il est inspiré par une volonté d'autonomie. Une société est un assemblage de lois, de gouvernement et d'économie. Il existe des lois écrites, elles relèvent de l'État; il existe des lois non écrites (et non légalement contraignantes), elles relèvent des moeurs, des coutumes et du mode de vie. Le survivalisme inspiré par une volonté d'autonomie constitue une rupture avec le mode de fonctionnement de cette société, du moins des sociétés actuelles qui ont développées avec les décennies une énorme interdépendance entre les gens: c'est propre à la société de consommation.

Vouloir changer cela pour soi-même ou pour l'ensemble de la société, c'est vouloir changer de modèle, c'est vouloir changer de politique au sens large du terme, à savoir l'organisation de la société.

2) Quand il est inspiré par une idéologie. On pense notamment à l'idéologie libertarienne qui prône l'individualisme et la réduction du pouvoir et de la taille de l'État comme système politique. Le libertarianisme mis en pratique concrète, c'est évidemment le survivalisme comme moyen d'autonomie, c'est à dire comme moyen d'échapper à la dépendance face au gouvernement.

3) Quand il est pratiqué dans un clan. Qu'est-ce qu'un clan? C'est une microsociété qui est créée par des individus qui se donnent un modus operandi ou parfois même des règles écrite (par exemple une charte ou une convention contractuelle). Microsociété, société, même chose, seule la taille change. C'est aussi une démarche politique. Elle peut être guidée par une volonté de changer la société (comme la BAD à la Serge Ayoub) ou simplement augmenter le niveau d'autonomie des adhérents (la BAD à la Piero San Giorgio). Il n'en demeure pas moins que la démarche de mise en clan (ou en BAD, qui ne se réduit pas à un ranch autonome ou à un chalet), produit du politique.

Politique ou pas?

On le constate, dans la majorité des cas, soit quand le survivalisme est inspiré par une volonté d'autonomie (rupture avec le modèle socio-économique), par une idéologie politique ou par une union de gens formant un projet survivaliste, c'est une démarche personnelle qui est aussi une démarche politique.

Il faut arrêter d'associer le mot politique à quelque chose de sale. Cette salissure vient du constat désastreux que font les gens à la vue de l'exercice de la politique partisane. Mais, considérer la politique comme malsaine à cause de cela, c'est regarder l'arbre au lieu de regarder la forêt.

De la partisanerie, il y en a partout. On peut craindre la mauvaise image que donne la partisanerie au survivalisme mais devinez quoi: quoique ce soit que nous, survivalistes, fassions ou prônions, ce sera toujours dénoncé par les politicards qui seront toujours unis pour nous empêcher de nous affranchir de leur pouvoir et de leur corruption morale.

Alors vouloir jouer les profils bas, vouloir se "distancier" voire même différencier la politique du survivalisme, c'est ne considérer qu'un aspect des choses. 

Nous sommes pour la plupart survivalistes par volonté d'autonomie (volonté de rupture avec le modèle socio-économique, donc politique) et on voudrait s'assujettir aux perceptions qu'en ont les partis politiques et les merdias qui les moussent? Allons donc! Pas très autonome tout cela.


Commentaires

Anonyme a dit…
Defcon est a 5 aucun danger!
lien
http://www.defconwarningsystem.com/files/DEFCON%20Warning%20System%20Desktop%20App.zip
Anonyme a dit…
Salut

Tout le monde devrait avoir une conscience politique.
Si l'on associe la politique avec quelques choses de sales, il faut dire que depuis le Général de Gaulle on nous prends sérieusement pour des billes.
Vive E et R
Vic Survivaliste a dit…
Defcon est un système d'évaluation de risque d'attaque nucléaire et seulement le risque d'attaque nucléaire.

Il peut être au chiffre qu'on veut, ça n'a aucune incidence sur le reste des choses.

Ce n'est pas un outil d'évaluation générale des risques de crises.
Vic Survivaliste a dit…
Et il ne faut pas seulement regarder les images sur les site qu'on cite, il faut aussi lire:

"There are currently no imminent nuclear threats against the United States at this time."

"The DEFCON Warning System is a private enterprise which monitors world events and assesses nuclear threats against the United States by national entities. It is not affiliated with any government agency and does not represent the alert status of any military branch. The public should make their own evaluations and not rely on the DEFCON Warning System for any strategic planning. At all times, citizens are urged to learn what steps to take in the event of a nuclear attack."

Je pense que ça dit ce que ça a à dire.
Camille a dit…
Bonjour Vic,

A mon sens, le survivalisme est politique en ce qu'il constitue un genre de projet utopique. Une utopie bien particulière, d'accord, qui aurait besoin du repoussoir d'une "catastrophe" pour émerger dans le réel, mais un modèle idéologique de projet commun tout de même. Il ne répond pas au même mot d'ordre que l'abbaye de Thélème rabelaisienne "Fais ce que voudras", mais à "Sois le plus autonome possible".
Bon, mais une fois l'objectif atteint, si tenté qu'il soit atteignable, le survivalisme a la vue courte, ou tout du moins ne dit pas ses objectifs suivants.
Pyramide de Maslow:
Après l'autonomie de base (besoins physiologiques, sécurité, appartenance) -que l'Homme a su réaliser pendant des millénaires et dans toutes sortes de situations, donc pourquoi pas nous-, il y a le besoin d'estime (d'accord) et ensuite le besoin de s'ACCOMPLIR. Et c'est là que le mouvement fait éventuellement peur à la classe politique. On ne sait pas en quoi le survivalisme va se réaliser.
En ce qui me concerne, ça ne me gène pas de ne pas savoir, mais les gouvernants ont une tendance à spéculer sur ce genre de choses.
Et c'est éventuellement pour ça que le mouvement est politisé "du dehors". Je ne parle pas des gens de l'intérieur du mouvement qui utiliseraient le survivalisme à des fins politiciennes, mais bien de la classe politique en place qui le tire et le situe sur une grille ou un axe politique, comme "le survivalisme est un mouvement d'extrême droite" parce que c'est la seule manière qu'ils ont de comprendre les activités humaines; en les voyant à travers un prisme politicien. Donc pas forcément pour le salir, mais pour essayer de voir à quel animal on a à faire.

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