Dire une chose...

Dire une chose ne rend pas la chose réelle, soit; mais la dire permet à celui qui parle de définir lui-même ce qu'il entend dire plutôt que de laisser cette opportunité à autrui.

On m'a reproché et reproche encore de m'exprimer sur des sujets non-survivalistes et ainsi de donner mauvaise presse au survivalisme. Encore aurait-il fallu que je dise des choses légères et futiles qui porteraient ombrage au survivalisme.

Tout dépend évidemment de la définition qu'on donne au survivalisme.

Certains la veulent restreinte et centrée sur l'individu, d'autres la veulent plus globale et centrée sur le contexte de vie, dont celui de la société et de la géopolitique qui, je le rappelle, ont fait bien plus de morts au XXe siècle que tous les cataclysme naturels réunis. Dans tous les cas on parle quand même de survivalisme.

Je fais évidemment partie de la seconde catégorie. 

Définir, là est la clé

Qu'est-ce que le survivalisme? Chaque personne a sa définition. En cette époque du moi surdimensionné et souvent surévalué, on dira que chaque définition en vaut une autre.

Non c'est faux. La recherche, la réflexion, l'expérience valent toujours plus que l'opinion héritée, conditionnée ou intéressée.

Ma définition, vous la connaissez: c'est le développement de l'autonomie familiale. Comme je dis souvent : si c'est bon pour pitou, c'est bon pour minou. Si c'est bon pour ma famille, c'est aussi bon pour la famille du voisin. Pour celles des voisins. Pour celles du quartier. Pour celles de la ville. Pour celles de la région. Et ainsi de suite.

Rapidement, avec une proposition qu'on croit individuelle, on se retrouve avec une proposition applicable à tout le monde, proposition que je souhaite voir se réaliser. Je suis convaincu que tous les survivalistes souhaitent que le plus de gens possible s'y mettent. Car plus les gens sont autonomes, moins il offrent de prise aux événements; et plus il y a de gens autonomes, plus la société est stable et résiliente.

En d'autres termes, le survivalisme individuel répandu dans la population favorise la sécurité et la stabilité de la société, une société stable et sécuritaire favorise les individus en leur fournissant un climat où ils peuvent s'épanouir sans obstacles.

Le survivalisme répandu à grande échelle favorise le Bien Commun.

On est d'accord ou pas avec cette proposition. Elle illustre néanmoins la dimension socio-politique du survivalisme et explique l'acharnement des Institutions à salir l'image du survivalisme, institutions qui ont besoin de notre dépendance et qui sont conséquemment des ennemis objectifs de l'autonomie des individus, des familles et de la société.

Si c'est ça, mêler le Politique (et non "la politique") au survivalisme, alors oui, je le revendique et fièrement en plus.

Le Politique et la politique

Topo: Deuxième Guerre Mondiale, un pays défait et occupé mais avec une armée libre expatriée: la France.

Général Giraud
Deux généraux: de Gaulle et Giraud.

Qui se souvient de Giraud à part les férus d'Histoire?

Le général Giraud a pris la tête des forces françaises de Vichy après l'assassinat de Darlan.

En position de force, avec une armée plus importante que celle de la France Libre de de Gaulle, une armée nationale légalement constituée de surcroit, qui plus est supérieur hiérarchique de Charles de Gaulle, Giraud avait en main toutes les cartes pour diriger la France d'Outre-Mer et éventuellement la Continentale et jouissait d'immenses sympathies dans tous les milieux.

Mieux que cela: il aurait pu assurer la pérennité de la France de Vichy, donc la continuité légale du gouvernement français, tout en travaillant à battre l'Allemagne.

Mais Giraud ne faisait pas de politique: « Monsieur, je suis un soldat, je ne fais pas de politique ».

Rappelons-nous la vérité énoncée par Von Clausewitz: « La guerre est la continuation de la politique par d'autres moyens ».

Le général Giraud a finalement été évincé, parce qu'il ne faisait pas de politique et que d'autres en avaient une.

En vérité, l'absence de politique EST une politique, celle de l’abstention. Celle du renoncement. Celle de l'a-décision et celle de la délégation du pouvoir de décider à quelqu'un d'autre ou à autre chose.

Vous savez, je considère que la plupart de ceux qui dénoncent "la politique" dans le survivalisme sont de la même graine que Giraud. Le général Giraud, tout valeureux, tout honorable, tout droit qu'il ait pu être, a manqué de vision. Il en va de même pour les survivalistes "apolitiques". Et il y a les autres, les plus extrêmes sont ceux pour qui ne devrait exister que l'individu et dans l'univers desquels la collectivité et toute forme de gouvernance n'existe pas, ce qui est, en soi, une politique ET une idéologie.


Quelques réalité occultées

Le survivalisme ne date pas d'hier.

Beaucoup des premiers acteurs francophones ont vu d'un mauvais oeil l'arrivée, la montée et la popularité de quelques commentateurs/blogueurs/youtubeurs survivalistes francophones.

Alors forcément ils critiquent les nouveaux des 4-5 dernières années parce qu'ils ne font pas les choses comme eux les conçoivent, peut-être aussi, parfois, par jalousie du succès des rares qui en ont...

Dans ce dernier paragraphe se trouve l'essentiel des sources de conflits dans le milieu survivaliste: ceux qui n'aiment pas un discours différent du leur et ceux qui jalousent la montée des autres.

On l'a vu il y a quelques années dans le conflit entre bisounours prônant le pacifisme et hard cores prônant les capacités de dissuasion, de défense et de pacification. Les bisounours affirmaient que le survivalisme ne devait pas être armé, en tout cas pas d'armes à feu et faisaient une lutte acharnée  à ceux qui disaient le contraire.

Il y a eu d'autres exemples et ces temps-ci, c'est la dénonciation de la "politisation du survivalisme", parfois sur des sujets qui ne touchent pas le survivalisme et qui n'y sont pas reliés mais qui ont eu le malheur d'être abordés sur des pages Facebook (où, par exemple, je parle de tout).

Méfions-nous de ceux qui nous disent que nous devons être comme ceci ou alors nous sommes des ennemis. Méfions-nous du marxisme sociétal, qui s'appuie sur la vertu alléguée pour enchaîner les gens et les priver de liberté sans qu'ils n'aient pour autant commis de crime.

Méfions-nous de ceux qui délimitent nos champs d'expression, directement ou indirectement, car ils sont aussi limitateurs de moyens et d'imagination pour résoudre nos difficultés d'aujourd'hui et de demain.

Le survivalisme, ce n'est pas n'importe quoi, nous sommes tous d'accord là dessus. Il existe plusieurs définitions qui, à mon sens, ne sont que des propositions et non des vérités immanentes, y compris mes propres communications qui ne sont que des propositions, elles-aussi.

Si le survivalisme n'est pas n'importe quoi, cela ne veut pas dire qu'il n'est que ce que X, Y ou Z en dit et rien d'autre. Cela ne veut surtout pas dire qu'on ne doit parler que de ce qu'on estime être du survivalisme épuré sans le relier à autre chose. Tant que l'essence du survivalisme est respectée, nous avons affaire à des propositions valables.

Comme je le mentionnais dans mon entrevue pour E&R Suisse:
« le survivalisme est une excellente porte d’entrée vers une politisation car tôt ou tard, on doit se confronter à une réalité : le mondialisme a des tentacules partout et il écrasera les individus à travers l’écrasement des Nations. En cela, le survivalisme peut apporter sa contribution, par éveil puis par l’adhésion à des organisations comme E&R ou par simple réaction épidermique contre le mondialisme . »
Trouvez-en, d'authentiques survivalistes mondialistes qui adhèrent aux principes d'uniformisation des populations, des règles du commerce régies par des oligarques et du règne de la Banque? Qui acceptent que des organisations comme l'ONU décident à la place des populations et des individus de ce que devraient être leurs valeurs donc leur mode de vie?

Ces gens là seraient en contradiction avec l'esprit survivaliste qui consiste à développer son autonomie - y compris l'autonomie intellectuelle et morale - valeur fondamentale du survivalisme.

Maintenant, on adhère à ce qu'on veut, on n'adhère pas si on n'aime pas, c'est libre à chacun de trouver sa Voie. Tant que la notion d'autonomie du survivalisme est respectée, c'est tout ce qui compte.

Et au diable les censeurs!

Commentaires

Anonyme a dit…
Salut Vic

La plupart des survivalistes n'ont pas une culture politique mais une complotiste.
Alors dire qu'ils sont de la même graine que Giraud ? au Québec je ne sais pas mais en France, il sont Soraliens.
N'importe qui peut avoir ses entrées chez Kontre-Kulture, tu craches à la face du système en place.

Cordialement
Vic Survivaliste a dit…
C'est quoi être soralien, le suivre comme disciple ou trouver qu'il a globalement raison, ou trouver une fois qu'il a raison?

Ça ce sont des étiquettes.

Quant à dire qu'ils sont tous soraliens, c'est ne pas connaître le tissu survivaliste français. Avec moi beaucoup de français communiquent et ils ne sont pas tous "soraliens", loin de là.

Avoir une culture complotiste, c'est déjà avoir une culture politique. Elle est juste l'inverse de la culture politique du pékin moyen qui gobe tout globalement. C'est aussi une culture de méfiance.

Anonyme a dit…
Salut Vic

Qu'est-ce être Soraliens ? C'est gober ses conneries qui sont celles d'un démagogue, c'est résumer le 11 Septembre en dix lignes.

Soral et les Soraliens ne placent pas d'étiquette sur les gens ???

Le tissu du survivalisme Français tu veux sérieusement que l'on en discute ? tu jugeras ensuite si je ne le connais ou pas.

La culture complotiste est avant tout une culture d'inculte, tant qu'il y aura des hommes, il y aura toujours des théories du complot, ces spéculations reposent moins sur des connaissances que sur des croyances.
Tu es intelligent Vic et comme moi tu sais qu'elles ne peuvent être réfutées par des preuves ou des arguments. Celui qui veut croire à une conspiration, ne se laisse, ni décourager, ni convaincre du contraire. En d'autres termes les théories conspirationnistes sont extrêmement efficaces et résistent très bien aux récusations ou aux clarifications, c'est sans doute là leurs plus grandes forces, on ne peut pas les arrêter.

Cordialement

Vic Survivaliste a dit…
Résumer le 11 septembre en plus de 10 lignes, ça ne serait pas un résumé.

Tu es de mauvaise foi, Soral a expliqué le 11 septembre en bien davantage de temps que tu n'as pris pour le dénigrer et il a plutôt dit ce que ce n'était pas.

Les préjugés c'est comme pour les complotistes, les arguments et les faits ne convainquent pas.

Quant au tissu survivaliste français, au nombre de communications que je reçois et entretiens avec eux, je peux te dire qu'il ne ressemble en rien à ce que tu dépeins.

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