Sauver ses proches non-survivalistes

J'ai reçu une question relative à la difficulté à convaincre ses proches de se préparer. Je vais en profiter pour développer sur le sujet.

La personne qui me posait la question mentionnait que peu importe ce que ses proches feraient, il ne les laisserait pas tomber, même si ça représente une énorme somme d'argent pour lui de se préparer à les prendre en charge.

C'est un grand dilemme. En même temps c'est une contradiction.

Si on prend pour acquis que le survivalisme c'est le développement de l'autonomie en toutes circonstances, il est paradoxal qu'on développe l'autonomie d'autres personnes dont on n'a pas la charge morale naturelle, c'est à dire de personnes qui ne sont ni nos ascendants, ni nos descendants.

En d'autres termes, nous n'avons pas cette responsabilité. Si un homme vient me voir et me dit qu'il ne prendra charge que de ses parents et de sa famille (lui, sa conjointe et enfants) et uniquement d'eux, je continuerai à le voir comme un homme responsable et honorable même s'il ne prévoit pas s'occuper de ses frères et sœurs et amis. Là s'arrête ses responsabilités.

What does a man do, Walter? A man provides for his family. [Quel est le rôle d'un homme, Walter? C'est celui de pourvoir...]



Le personnage qui a prononcé cette phrase a beau être celui d'un criminel, la règle qu'il énonce n'en est pas moins vraie.

Notre responsabilité réelle ne s'étend qu'à notre conjointe (ou conjoint pour les femmes), ceux qu'on a engendrés et ceux qui nous ont engendrés.

Nous sommes souvent traités de paranoïaques et de conspirationnistes, de mésadaptés et j'en passe. Il se peut. Si toutefois nous avons raison un jour de nous préparer et que nos plans sont déployés, alors nous aurons prouvé que nous sommes les plus adaptés et les plus visionnaires des êtres humains.

Que disait Darwin à ce sujet? c'est le mieux adapté qui survit (et non le plus fort...)

Les gens qui, par barrière mentale, par incapacité à se projeter dans des scénarios sombres, par hédonisme ou par conformisme, décident de ne pas être prévoyants méritent de subir les conséquences de leurs actes.

Ce n'est pas notre faute!

Qui plus est, celui qui prend charge de gens qui ont refusé de se préparer, devient de facto leur pourvoyeur et devient responsable d'eux. Dans mon système de valeurs, il devient le Pater Familias de ces gens, terme pris au sens romain du terme mais en adaptant la patria potesta, la puissance paternelle et les pouvoirs qu'elle lui confère, aux réalités contemporaines, quand même!

En d'autres mots plus communs, il devient de facto un chef de clan, dont le pouvoir ne doit pas être contesté, clan qui place sa famille au premier rang de ce clan et qui assujettit ceux qui ne font pas partie de ce noyau.

C'est extrême? Il se peut.

Supposons un événement majeur qui fera mourir de faim ou de maladie ceux qui ne se sont pas préparés. Recueillir des gens et leur donner le nécessaire à la vie est leur sauver la vie. Ils n'avaient rien, n'avaient rien préparé, ils sont dépendants, ils ont donc une dette envers la personne assez prévoyante pour non seulement sauver sa famille mais aussi sauver d'autres personnes.

C'est cela, préparer pour des gens qui refusent de le faire.

Cela suppose les diriger, en fait les mettre à contribution, diriger leurs efforts, leur assigner des corvées et répartir les ressources selon nos propres critères. Mais il faut leur pourvoir, tout le temps. Même s'ils travaillent dans vos champs, ce sont vos champs, vos semences et leur travail. Ils obtiennent leur part, vous gardez la vôtre et c'est vous qui fixez la répartition.

La dure réalité

Dans nos sociétés aseptisées et molletonnées, on perd l'habitude du rapport de forces car tout est conçu pour nous le faire oublier. Il demeure quand même que le rapport de forces existe, il a toujours existé et existera toujours. Celui qui a, dicte à celui qui n'a pas. Maintenant, on peut posséder du tangible ou de l'intangible, il faut seulement trouver celui qui en a besoin et qui mettra le prix requis pour l'obtenir, ou se soumettra pour en profiter.

Nos obligations morales et naturelles échappent à la notion de rapport de force et de là, on ne doit pas fonctionner dans ce mode avec nos parents et nos enfants. Quand nous sommes "chef de famille" (rôle qui peut être partagé entre les deux parents, on s'entend...), c'est à nous que revient l'autorité. Le respect de nos parents est dû, ainsi que le support qui va avec. Quant à nos enfants, nous leur devons aussi les aliments mais en plus un encadrement sécurisant mais aussi ouvert, une éducation adéquate et du temps, beaucoup de temps, parce qu'ils sont importants.

Toutefois en dehors de ces obligations, rien n'est gratuit et rien ne doit l'être. Ce que vous avez et partagez, vous l'avez travaillé et gagné. Ce que l'autre n'a pas, soit qu'il ne l'a pas travaillé, soit qu'il a fait des choix moins avisés et l'a dilapidé. Dans tous les cas, ce n'est pas votre responsabilité.

Donc, cher lecteur, préparez pour plusieurs si vous voulez. Quand le temps sera venu de les recueillir, je vous suggère d'établir que c'est vous qui possédez, que c'est vous qui avez pris des décisions supérieurement avisées et que c'est vous qui fixez les conditions et que l'une d'elle c'est subsistance contre travail et sujétion.

Les êtres les plus vils joueront des sentiments pour obtenir de l'assistance sans contrepartie. S'ils font ça une fois, ils le feront tout le temps. À mettre à la porte.

Un survivaliste averti en vaut deux (et deux c'est un, un c'est rien...).









Commentaires

Anonyme a dit…
Salut Vic

Depuis le début de l'année on te sent un peu plus pessimiste, tu as des infos que aurais oublié de ne nous faire part (lol)
Vic Survivaliste a dit…
Rien d'émotionnel là dedans, simple constat d'accélération et réponse appropriée.
Anonyme a dit…
Je suis toujours impressionné par votre cohérence, qui va vraiment très loin. Ce que vous évoquez me rappelle dans le livre Malville de Robert Merle le moment ou leurs récoltes sont attaqués par des clochards. Les gens du chateau se précipitent tous pour défendre les récoltes sans protéger leur chateau. Au retour, après avoir perdu un homme ils réalisent qu'ils ont changé d'époque, changé de paradigme, et que cela explique toutes leurs erreurs stratégiques. 'est cela je crois le sujet de cette rubrique. Une fois de plus merci.

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