Le rapport de force et le survivalisme

Le rapport de force et le survivalisme


Rapport de force: Un rapport de force est une relation de confrontation entre plusieurs parties sur le plan de la force, que cette force soit physique, psychique, sociale, économique, militaire. Si les parties impliquées dans le rapport de forces ont un pouvoir inégal, on distingue la partie dominante et la partie dominée. Lorsque la partie dominante ne rencontre aucune résistance, on se trouve dans le cadre de la « loi du plus fort », euphémisme pour absence de loi.
Un rapport de forces est un construit social, qui protège de la violence. Là où il n'y a pas de rapport de forces, il y a toujours abus de cette force par la partie dominante, envers la partie dominée. L'abus de la force, c'est cela même qui constitue la violence.

Depuis le développement de l'État-Nation tel que développé par l'idéologie des Lumières, la tendance est aux restrictions de libertés pour les populations et les individus. Durant la Deuxième Guerre Mondiale (qui était en fait la troisième, la deuxième était celle de '14 et la première, la Guerre de Sept Ans), il y avait le "Camp de la Liberté" contre "Les forces du Mal".

Bevin Boys, conscrit forcés au
travail des mines, jusqu'à 1948

Pour gagner sa guerre le "Camp de la Liberté" n'a eu aucune hésitation à emprisonner des gens innocents (Canada, USA) sur la base de leurs origines ethniques, même lointaines, ni à forcer 10% des conscrits de l'Armée Britannique à travailler dans les mines de charbon, jusqu'à trois ans après la fin du conflit, sans possibilité de quitter...

Le "Camp de la Liberté" a été aussi liberticide que l'autre, seulement il a gagné et il a écrit les livres d'histoire.

Cela illustre un fait: l'État-Nation issu des Lumières a pour but la suprématie de l'État sur l'individu et le contrôle le plus absolu possible sur les agissements des populations qu'il contrôle. On prétexte la sacro-sainte sécurité pour restreindre les libertés mais dans la réalité, on doit constater que c'est la liberté de tous qui est tuée et que c'est une fin en soi.

On doit notamment à Edward Snowden des révélations massives sur les différents systèmes d'espionnage des citoyens états-uniens aux États-Unis mais aussi sur les chefs d'État étrangers, les acteurs économiques et de manière générale, la planète entière.

Le tout se fait tout à fait légalement et si certains aspects sont illégaux, personne n'est poursuivi et une loi opportune vient légaliser les procédés et amnistier les fautifs.

Cela est possible parce que nous vivons, partout en Occident, dans des régimes de démocratie représentative. Ce type de régime insuffle aux citoyens une confiance dans le système qui est, dans les faits, contrôlé par des oligarques. Et si le système ne va pas bien, on change sa tête aux prochaines élections dans l'espoir que ça ira mieux après. Ça ne va jamais mieux après car les partis dominants travaillent tous aux mêmes buts.

Le peuple n'a pas de pouvoir car il n'a pas de rapport de force. Le vote n'est pas l'exercice d'un rapport de force puisque ceux qui sont éjectés du pouvoir sont récompensés au privé en vertu du phénomène des "portes tournantes"; dès lors, la perte du pouvoir n'est pas une menace pour les dirigeants politiques et la peur de perdre le pouvoir n'est plus un frein aux mesures appauvrissantes et liberticides pour la population mais favorables aux intérêts économiques et financiers du petit nombre.

Il manque au peuple un rapport de force.

Sans rapport de force, le dominant peut appliquer sa volonté à souhait, sans opposition réelle. C'est ce à quoi on assiste en Occident depuis bien des décennies.

Aux doux idiots utiles du système qui croient que la force n'a pas à exister dans les affaires publiques, je veux vous rappeler que les tribunaux et les forces policières sont des instruments coercitifs qui disposent du droit incontesté et monopolisé d'utiliser la force, de priver des gens de biens, de liberté et parfois même de la vie.

Tout est bâti en fonction du rapport de force. Tout.

En survivalisme...


Si les peuples se font enc... depuis tant de temps, comment espérer que des survivalistes puissent établir un rapport de force valable avec qui que ce soit?

C'est une question d'échelle.

L'idée derrière le rapport de force, c'est de pouvoir. Pouvoir agir dans nos intérêts. Pouvoir refuser ce qui nous nuit. Pouvoir réaliser des changements autour de soi sans être bloqué ou empêché.

La notion de rapport de force est directement reliée à la notion de liberté. Et la liberté, nous en avons besoin pour développer et réaliser nos plans survivalistes.

Nous devons nous donner les moyens de développer un rapport de force.

Le rapport de force en survivalisme


Il est essentiel et omniprésent dans nos plans survivalistes même si on le désigne peu ou pas en tant que tel.

J'entends déjà les "bisounours" et les "kumbayas" dire encore "les survivalistes" sont des violents et valorisent la violence. Cela me ferait rire s'ils ne se croyaient pas. Le rapport de force est omniprésent dans toutes les sphères de la société quand des groupes veulent imposer leur volonté aux autres ou au contraire se protéger contre les premiers. Telle est l'humanité.

Le rapport de force se décline en deux volets: l'absence de faiblesses et la capacité d'appliquer la force (au sens propre ou figuré), qu'elle soit réellement appliquée ou non.

L'absence de faiblesses ou le cochon graissé


Vous avez tous vu des compétitions de capture de cochon graissé? Il s'agit de libérer un cochon dans un enclos rempli de boue glissante et le but est de capturer ce cochon à mains nues dans un délai imparti.

Comme le cochon n'a pas de cornes ou d'aspérités faciles à saisir et que la boue le rend glissant, l'exercice est très difficile.

Bien que ces compétitions soient discutables sur un point de vue moral, il demeure que le cochon a une sérieuse chance de ne pas être capturé car il a peu de faiblesses: il est habitué à ce genre d'environnement, il est petit, agile, rapide et la boue fait glisser les mains humaines sur sa peau.

Comme survivalistes, nous devons être en quelque sorte des "cochons graissés". Nous devons éviter les vulnérabilités dans tous les domaines et les compenser quand elles sont présentes.

Nos réserves alimentaires nous mettent à l'abri des privations, parfois délibérées, qui peuvent survenir. Nos réserves d'eau nous procurent la même protection. Nos champs en culture nous rendent indépendants de la Distribution. Nos réserves énergétiques nous assurent chaleur, cuisson, éclairage et même mobilité en cas de restrictions.

Toute notre préparation vise à réduire notre vulnérabilité. Sans prise sur nous, il est difficile de nous contraindre. Quand on ne dépend plus d'autrui, déjà on annule le pouvoir qu'ont les autres.

La capacité d'appliquer la force


Ici, il faut prendre la notion de force dans son sens large.

Quand je parle de force, je parle de capacité de contrainte, capacité de dissuasion, capacité de coercition, capacité de verrouillage ou d'immobilisation de situations.


Citoyens volontaires appuyant Bundy tenant en joue
des officiers fédéraux qui tenaient en joue les manifestants
L'exemple le plus extrême qu'on peut citer c'est l'insurrection populaire.

L'exemple le plus récent, et qui ne peut arriver qu'aux USA sans que les protagonistes civils ne soient arrêtés et emprisonnés, c'est l'affaire Bundy Ranch.

Pour les détails et le compte rendu de cette affaire, allez lire l'article que j'ai écrit.

Sans qu'un seul coup de feu n'ait été tiré, les fédéraux se sont repliés et ont arrêtées toutes leurs démarches contre Bundy.

Cela n'a été possible que parce que le peuple a réussi à créer un rapport de force.

Ce peuple, c'était les voisins et les amis de Cliven Bundy, des citoyens de l'extérieur du comté qui se sentaient concernés et sont venus prêter main-forte à la famille Bundy, des miliciens de l'Arizona et de plusieurs autres États.

Beaucoup étaient armés mais pas tous.

À un moment donné, la situation s'est carrément immobilisée, un peu comme pendant la guerre de 1914: chacun dans ses positions et aucun dénouement possible sans l'abandon du terrain par une des parties ou sans un assaut violent contre la position adverse, au sens propre comme au sens figuré.

Même si les fédéraux avaient des armes lourdes, des véhicules blindés, des hélicoptères, des renseignements obtenus par survol, écoutes électroniques, observation et agent infiltrés, même s'ils avaient des décisions de tribunaux en main (contestées mais néanmoins réelles), même s'ils avaient la Loi qui donne énormément de pouvoir aux policiers et agents fédéraux, ils ont dû reconnaitre qu'ils étaient en infériorité en terme de rapport de force et que s'ils persévéraient, cela pouvait produire des effets massifs dans tous les USA. Si tant est qu'ils aient pu survivre à un affrontement à balles réelles! Ils se sont donc repliés.

Voilà un rapport de force bien établi et réussi. Je ne dis pas que c'est bien ou mal, j'affirme simplement que des gens, le peuple, ont construit un rapport de force qui leur ont permis de bloquer l'action du gouvernement fédéral US et même de le forcer à battre en retraite.

Comment rendre possible la construction d'un rapport de force


Dire est plus facile que faire. Talk is cheap, comme disent les anglais.

Peu importe le terrain qu'on choisit pour élaborer son rapport de force, il y a des constantes minimales à retrouver. Ce rapport de force, à moins d'être un Baron local, ne se développe et ne s'exerce qu'en groupe d'individus consentants.

Ces éléments de base sont:

  1. Une communauté soudée
  2. Des intérêts mutuels ou une identification aux besoins individuels communs de chacun
  3. Un sens de la solidarité forgé par l'entraide fréquente, mutuelle et répétée, qui instille la confiance dans l'action du groupe
  4. Des menaces extérieures actuelles, perceptibles et comprises par tous.

C'est beaucoup demander. C'est même énormément demander. D'aucuns diront qu'il faut pour cela un clan solide, nombreux et ayant une longue existence. Nenni.

Le clan n'est pas une condition sine qua non.

Évidemment, toute action de groupe dans l'élaboration d'un rapport de force comporte ses risques quant aux conséquences possibles de l'action...


Penser autrement qu'en simple individu


Ce n'est pas faire preuve de collectivisme ou d'une pensée socialiste que de réaliser que l'individu ordinaire est peu et sans grand effet et que la somme d'individus ordinaires unis dans un même but apporte beaucoup plus de poids et d'effets.

En général, quand le peuple est concerné, "ils" ne sont fort que parce que nous, le peuple, sommes faibles. Nous sommes faibles car désorganisés, trop confiants, trop soumis, trop enfoncés dans la pensée à court terme.

Le projet mondialiste, par exemple, est un sommet de fragilité. Il se briserait facilement si les peuples concernés s'unissaient pour le contrecarrer. À ce jour, le meilleur outil de lutte contre le mondialisme, c'est le nationalisme sans fanatisme, la souveraineté et la fierté nationales. Et devinez ce qui est combattu un peu partout en Europe, territoire où le projet mondialiste est le plus avancé?

Le sous-titre de Comprendre l'Empire d'Alain Soral se lit comme suit: Demain la gouvernance globale ou la révolte des Nations.

Ce n'est pas pour rien que lui et d'autres auteurs, de gauche comme de droite, sont combattus, rabattus et cernés par tout ce que les États comptent de pouvoirs, y compris celui des médias.

Soral et bien d'autres sont traqués parce qu'ils ont compris les faiblesses de ce projet et qu'ils tentent, par l'éducation et la communication, d'établir ce rapport de force en faveur du peuple. Oui, ils sont dangereux, comme le pouvoir l'allègue: ils sont dangereux pour ce pouvoir mondialiste.

Tant que les gens, y compris les survivalistes, resteront dans la pensée primo-individualiste et tant qu'ils n'auront pas assimilé la notion du rapport de force comme moyen d'échapper à la volonté des "Grands", ils resteront vulnérables.



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Commentaires

herve scala a dit…
Bonjour Vic.Voilà un petit tour de force, faire une vidéo en rendant service à un ami et belle conclusion .
Vic Survivaliste a dit…
En fait j'allais lui porter un truc que j'avais acheté en son nom il y a quelques semaines mais comme son anniversaire est demain ben je lui ai offert en cadeau d'anniversaire. :)
Andrée Couture a dit…
Salut Vic et merci pour cet article super. J'avais suivi l'affaire Bondy et tu en parles de manière juste. C'est drette ça qui est arrivé. Bravo. Je crois que ce qui coûte le plus cher à bien des points de vue, c'est la liberté. L'union fait la force....
Bobby Neville a dit…
Le droit de résistance à l'oppression est mis en valeur dans la Déclaration de 1793, il occupe trois articles, qui précisent sa forme et son étendue. Même lorsque cette oppression n'atteint qu'un seul individu, la résistance est possible. La Déclaration reconnaît l'insurrection populaire contre un pouvoir oppressif, tyrannique et, despotique comme un devoir. Cet article sert aussi à légitimer les évènements du 10 août 1792, lors desquels la Commune de Paris transformée en Commune insurrectionnelle a obtenu la chute du roi. L'article le plus cité sur ce sujet est le 35e et dernier : "Quand le gouvernement viole les droits du peuple, l'insurrection est pour le peuple, et pour chaque portion du peuple, le plus sacré des droits et le plus indispensable des devoirs".
La souveraineté du peuple

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