Survivalisme et maladie mentale: nos voisins médicamentés...

Survivalisme et maladie mentale: nos voisins médicamentés...


Sans nécessairement le savoir, nous sommes entourés de gens dont l'humeur ou l'équilibre, voire la notion de bien et de mal, est stabilisée de manière médicamenteuse.

Voici un portrait de la situation française:

  • Les anxiolytiques ou calmants (17,4 % de la population a eu au moins une prescription dans l'année précédente) ;
  • Les antidépresseurs (9,7 %) ;
  • Les hypnotiques ou somnifères (8,8 %) ;
  • Les neuroleptiques (antipsychotiques) (2,7 %)
  • Les médicaments de la dépendance alcoolique (0,5 %) ;
  • Le lithium (0,1 %). 
Source: http://www.doctissimo.fr/html/psychologie/mag_2003/mag1121/ps_7222_psychotropes_consommation_francais.htm

Bien que ces chiffres s'appliquent à la France qui serait un peu plus médicamentée que les autres pays occidentaux, il demeure quand même que la situation est similaire dans les pays dits "riches".

La question n'est pas de savoir si c'est grave ou pas. Ni de savoir comment on en est arrivé là, c'est la faute de qui et comment ces gens auraient pu faire pour ne pas dépendre des médicaments.

Ceux qui n'ont jamais connu d'épisode de dépression ou de maladie mentale ne peuvent pas comprendre et encore moins porter un jugement éclairé sur l'état des gens qui en souffrent. Pour avoir fait quelques dépressions dans le passé, j'en ai retenu une chose: vous ne comprenez pas. Seuls ceux qui en ont vécu une comprennent.

Non, la question la plus importante qu'on est en droit de se poser si on pense survivalisme, c'est la suivante: que feront-ils quand les médicaments ne seront plus accessibles?

Gravité de la situation


Les dépressions sont un mal répandu et elles peuvent provoquer une variété de comportements, spécialement si la personne qui en souffre se voit forcée d'interrompre son traitement. Cela va du suicide à l'agression sur autrui. Beaucoup de "suicides by cops" (suicide par policier) sont le fait de gens désespérés et dépressifs.

À part l'encadrement familial et une forme d'hygiène mentale accompagnée de traitements de médecine naturelle et d'activité, il y a peu à faire et les gens qui en souffrent et qui sont privés de médicaments ne représentent pas réellement un danger, à moins d'entrer dans un état de crise et cela dans un contexte bien spécifique.

De plus, il y a fort à parier que si nous vivons dans une société elle-même en crise grave et que la santé voire la vie des gens est en jeu, mon avis personnel est que les dépressions nerveuses et les surmenages seront vite effacés par les nécessités du moment. Il est patent que les sociétés moins riches et technologiques que les nôtres et aux prises avec de réelles questions de survie connaissent peu ou pas de dépression.

Dans le cas des psychoses et des schizophrénies, là on à affaire à d'autres catégories de maladies mentales potentiellement plus dangereuses.

À chaque année on entend parler d'une histoire d'un enfant adulte ou adolescent, psychotique ou schizophrène, qui tue ses parents pendant une crise. Ou d'une telle personne abattue par la police pour son comportement erratique et agressif.

Une personne sur trente-sept consomme des médicaments antipsychotiques selon les chiffres que j'ai cité. Cela signifie qu'une partie d'entre elles (pas toutes, loin de là) est susceptible de perdre le contact avec la réalité ou la notion du bien et du mal si elle est privée de médicament.

Du trouble de voisinage à la tuerie


Des gens souffrant de maladie mentale grave en manque de médicaments, on peut en voir souvent dans la rue ou, hélas, aux infos du soir.

Ils sont cause de problèmes variés, allant du trouble de voisinage à la tuerie familiale ou, dans de rares cas, la tuerie de masse. Même quand ils ne sont pas en sevrage médicamenteux.

Bien qu'ils éprouvent de grandes souffrances, il convient de se placer dans la peau de leurs victimes potentielles, c'est à dire vous, votre famille, vos enfants.

Oh, je sais, on rétorquera qu'ils ont droit à une vie normale et le droit de ne pas être stigmatisés par leur maladie. Je nie ce droit (qui ne peut être réalisé par qui que ce soit) mais je ne nie pas le respect dû à chaque individu. De là à exposer mes enfants à des sévices... Même s'ils ne sont pas volontaires ou malicieux, les actes d'une personne en état de crise peuvent néanmoins laisser des séquelles chez mes enfants s'ils en sont victime. Vous comprendrez qu'entre le respect aux gens malades et la sécurité de mes enfants...

Événements hors de notre contrôle


Dans une société ayant subi un grand bouleversement, l'état mental de chacun en sera affecté. La perte des habitudes cause de grands stress et les tensions nerveuses sont encore plus élevées quand on ne sait pas si on pourra se nourrir ou s'hydrater dans une semaine ou dans un mois.

Rajoutez à cela les sevrages forcés de gens médicamentés et dont l'humeur ou l'équilibre dépend de ces médicaments...

Pour cela, il convient de prendre des précautions.

En premier lieu, identifiez les gens de votre entourage potentiellement affectés par une coupure des approvisionnements en médicaments antidépresseurs ou antipsychotiques. Puis, si vous êtes a l'aise, incitez les à constituer des réserves, pour leur propre bien.

En second lieu, faites-vous à l'idée que le comportement de ces personnes changera le jour où ils seront en sevrage forcé. Dès lors, prenez les moyens pour isoler votre famille, au besoin, de ces personnes.

La bonne nouvelle dans le cas des personnes dépressives, c'est que je crois qu'après une semaine à trois mois de bouleversements, l'instinct de survie prendra le dessus et la dépression, sans être à strictement parler guérie, sera reléguée au second plan.

Dans le cas des personnes qui souffrent de psychose ou de schizophrénie par contre, les nouvelles sont moins bonnes. N'étant plus stabilisées par des médicaments, elles risquent fort d'être dangereuses pour elles-mêmes et pour les autres. Outre la mise en isolation de ces gens ou la mise en isolation volontaire de leur voisinage, je ne vois pas trop ce qu'il serait possible de faire. Ces personnes étaient, dans le passé, internées et retirées de la société. Si la société ne peut plus les stabiliser par médicaments ni les interner, je crains des conséquences terribles pour bien des gens.

C'est Piero San Giorgio qui avait fait remarquer un jour dans un conférence ou une interview qu'il avait remarqué qu'en Afrique Noire, il n'y avait pas de personnes handicapées... sous-entendu: elles meurent jeune. Je crois que ce sera aussi applicable aux personnes qui ne sont plus dans la même réalité que nous, quand ils manqueront de médicaments et si leur situation est assez grave...

Il faudra se faire à l'idée: on ne peut pas tout régler...



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Commentaires

Marc a dit…
Bonjour Vic, sujet délicat et important. Car dans le cadre d'un effondrement de la normalité beaucoup de gens risquent de devenir angoissées et dépressives, ce qui complique encore les choses... Après tout dépend de l'entourage et de la situation générale et je crois aussi dans un 2ème temps à une possibilité de "choc" de survie.

Pour les personnes déjà malades on distingue en gros ce qu'on appelait autrefois les névrosés (angoissés ou dépressifs) dont je recommande de faire des stocks de médicaments. La plupart voient un psychiatre mais elles ont comme tout le monde un médecin généraliste référent et peuvent jouer là-dessus pour une réserve. Et pour ces gens je partage aussi l'opinion de Vic. Il peut y avoir d'abord une poussée des symptômes puis un "choc" de survie.

Pour ce qui est des personnes délirantes (plus ou moins) c'est-à-dire les schizophrènes et les psychotiques qui vivent plus ou moins dans "leur monde" j'avoue que c'est un sujet délicat et que je partage un peu l'embarras de Vic. Ces personnes prennent en général des neuroleptiques (anti-délirants) quotidiennement ou pour celles qui ne vivent pas à l'hôpital mais dont on n'est pas sûr qu'elles vont prendre quotidiennement leur médicament chez elles, il existe des médicaments prescrits sous formes de piqûres qui sont à effet retard, c'est-à-dire qu'elles ont un effet prolongé sur plusieurs semaines. Ce sont bien sûr des infirmières qui se déplacent.
Je suis bien conscient que c'est un sujet éminemment délicat et très difficile à gérer pour les proches et de plus les proches ont parfois coupé les ponts avec ce qu'ils ne comprennent pas ("une brebis galeuse").
Il serait peut-être utile de regarder lors des 2 premières guerres mondiales. Il me semble me souvenir que pour quelques hôpitaux psychiatriques le personnel a continué tant bien que mal à assurer leur fonction. Cela dépend beaucoup de l'endroit et de la situation. Mais ce que dit Vic quant au personnel hospitalier et notamment des infirmières et infirmiers, ce sont eux vraiment qui portent le service (j'ai fait 3 petits stages il y a plus de 20 ans en tant que psychologue stagiaire lors de mes études, chez des grands malades adultes en CHS, c'est une misère inimaginable !).

A bientôt !
Anonyme a dit…
Bonjour Vic
En lisant votre article cela me rappelle une remarque que mon pere me faisait lorsqu'il revenait de son travail; incidemment il était infirmier dans une aile phsychiatrique d'un hopital en 1968. Il me disait que souvent la seule défense ou rempart entre les schizophrénes et nous (le personnel soignant) est leur médicament et notre vigilence.

Je me demande,aujourd'hui que se passera-t-il quand les médicaments pour ces malades commenceront a manquer ? D'autant plus que plusieurs de ces malades ne peuvent plus etre suivis en institutions sauf les cas les plus séveres ,faute de budgets suffisants. Il suffit de prendre le métro, surtout le week-end pour s'en rendre compte. En effet je remarque fréquemment dans les wagons, des personnes nécéssitants sans doute un suivi en institutions, tellement leur comportement est agressif. Ce qui est inquietant hormis le fait qu'ils hurlent a tue-tete,vociferent leurs insultes devant ceux qui ne veulent leur donner d'argent, c'est la banalisation de ce comportement vis-a-vis les autres passagers ,et les autorités.
La relation que je vois entre ces incidents plus fréquents dans le metro et votre article, c'est qu,est-ce que ce sera si éventullement les fonds publiques ne peuvent fournir ces médicamments a ces gens malheureux ?

Robert C
Ray Y. Adamson a dit…
Justement on discutait de ce sujet en famille l'autre jour! Mon père qui est médecin disait que selon son estimation 30% de la population prendrait des médicaments anti-dépresseurs et al. Mon point étant que lorsque SHTF, les gens vont se ruer vers les pharmacies, qui gardent du stock bon pour deux jours max, et après ça on verra la pagaille et la violence!
Bobby Neville a dit…
Salut

Sujet délicat mais je vis dans un pays ou il y a 16 millions d'alcoolique chronique, la France.
Que va-t-il se passait quand ils subiront un sevrage forcé sans un substitut et je ne parle même pas des toxicomanes.
Vic Survivaliste a dit…
@Bobby Neville,
Bien sûr mais ça c'est une autre question.

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