Le survivaliste et la motivation

Le survivaliste et la motivation


L'une des grandes difficultés pour le survivaliste contemporain c'est de persévérer.

On se retrouve souvent devant plusieurs cas-types:

  • Une personne s'intéresse, puis lis, écoute, regarde, de plus en plus intensément et sans jamais passer au concret, puis se décourage quand elle réalise que, hé! il faut un jour matérialiser la pensée.
  • Une personne nouvellement "convertie" se lance dans une intense phase de préparation (documentation, achats, stockage) puis tombe en dormance, croyant qu'elle est prête ou ayant épuisé l'énergie qu'elle peut consacrer au survivalisme.
  • Une personne se prépare pendant une certaine période de temps puis réalise que sa préparation est mal adaptée à ses besoins et laisse tout tomber.
  • Une personne se prépare à un événement précis mais réalise en cours de route que sa préparation ne permet pas de faire face à d'autres situations et se décourage.
  • Une personne se prépare puis devant l'absence de situations faisant appel à ses ressources de préparation, finit par arrêter de croire à l'utilité et laisse tout tomber.
  • Une personne finit par se sentir marginale de ne pas faire comme tout le monde et puis, elle veut elle aussi faire deux voyages par année à Cuba ou en République Dominicaine, comme ses collègues.
De sorte qu'on se retrouve facilement avec un "taux de perte" très élevé dans le milieu du survivalisme. Le taux monte facilement à 75%: trois survivalistes sur quatre abandonneront.

Causes

On les a vues dans les cas-types que j'ai exposés. En gros, elles se résument à ceci: des attentes irréalistes, des gratifications qui ne se réalisent pas ou un manque de convictions.

Attentes irréalistes

Le survivalisme n'est pas la panacée. Ça n'arrête pas les balles, ça ne crée pas de dôme protecteur contre les météores ou les bombes nucléaires et ça ne se fait surtout pas tout seul. On doit réaliser que le survivalisme ne permet d'obtenir que ce qu'on y met. Plus votre plan sera tous-risques/plein confort/long terme, plus il faudra travailler pour le réaliser. 

Ceux qui ont tendance à partir en grand devraient se fixer des objectifs de réalisation. Je pourrais suggérer de réviser les attentes à la baisse mais ça serait inutile chez eux (car j'ai aussi cette tendance). Par contre en fixant des étapes de développement on crée des sortes de points de contrôle plus fréquents, qui sont autant d'occasions de mesurer et apprécier nos efforts, de faire un bilan partiel et de réfléchir à la suite afin de vérifier si elle est toujours adaptée à nos besoins.

Oui, il est possible de se préparer en deux semaines (et avec de gros moyens) à vivre une année en totale autarcie. Seulement, ceux qui peuvent se préparer en deux semaines feront des erreurs d'appréciation qui mineront leur détermination et leur motivation à long terme. 

Mieux vaut viser plus modestement mais viser mieux, plus souvent et de manière plus satisfaisante.

Gratification manquantes

Personne ne fait rien pour rien. Quand on a l'impression de "pédaler dans le vide", on n'a plus beaucoup envie de faire du vélo. Quand on se prépare à un événement précis et qu'il a l'outrecuidance de ne pas se présenter à nous, on tend à le bouder puis à cesser d'y consacrer de l'énergie et des efforts. C'est humain et normal. Aussi, il vaut mieux éviter de se préparer à un événement unique pour plutôt investir la sphère de l'autonomie maximale.

Afin de maximiser vos chances de durer, fixez-vous des étapes faciles et multiples, que vous pourrez rencontrer fréquemment. Reliez aussi votre préparation aux événements quotidiens. Par exemple, même après tant d'années à porter un couteau de poche sur moi en tout temps, je suis toujours extrêmement fier de le sortir et de montrer aux gens qui m'entourent à quel point c'est utile d'en avoir un, quand le besoin s'en fait sentir évidemment.

Manque de convictions

Il y a des survivalistes qui s'engagent sur cette voie poussés par l'urgence, l'anxiété, la peur de demain. Ce sont des émotions, uniquement des émotions. Les émotions, ce n'est pas mauvais, ça peut même constituer un excellent moteur pour provoquer du mouvement, de l'évolution, du changement. Cependant qui dit moteur dit aussi carburant et il en faut, de cela, aussi.

Ce carburant, c'est l'esprit analytique, la raison, la même raison qui nous poussera à prendre des assurances sur la vie afin de protéger notre famille contre l'adversité en cas de décès. Rares sont ceux qui prennent une assurance-vie sur un coup de tête: elles sont contractées généralement quand une famille attend un premier enfant, comme une sorte d'étape obligée.

C'est en poursuivant le même processus mental que celui qui nous conduit à contracter des assurances qu'on pourra maintenir notre motivation à nous préparer. Ceci étant dit, il existe d'autres carburants disponibles mais celui que je viens de citer est universel, je crois.

Si vous avez des enfants, faites ce test: ne leur donnez rien à manger au repas du midi. Puis entendez leurs plaintes jusqu'au repas du soir. Après, vous aurez envie de vous préparer pour éviter d'entendre ça à nouveau :) Non, je ne l'ai pas fait avec mes enfants, je suis assez motivé merci!

Prévention de l'abandon

La prévention de l'abandon du survivalisme repose fondamentalement sur un élément de base: trouver un sens à vos gestes de préparation, un sens qui satisfasse vos émotions et votre raison, l'équilibre quoi. L'équilibre dans ce qui vous pousse à vous préparer, l'équilibre dans l'intensité de votre préparation et l'équilibre dans les objectifs de votre préparation.




Commentaires

Marc Desmeuzes a dit…
Très juste Vic ! Je me suis toujours trompé sur les dates des catastrophes géopolitiques à venir et il peut y avoir une lassitude. Mais l'important c'est l'autonomie par rapport à ce système de mensonge et d'hypocrisie et quand ça sera le chaos total on aura fait tout notre possible ! A++
Anonyme a dit…
Le survivalisme est une question de bon sens , d'esprit d'analyse , de pragmatisme ,...gérer c'est prévoir !!! Notre société à pris la mauvaise habitude de faire confiance à des bonimenteurs qu'elle a élus , et qui s'avèrent être des incapables qui s'en mettent plein les poches , nous sommes tous des " Assistés " . ' Aide toi , et le ciel t'aidera " . Je suis fourmi et non cigale .
Anonyme a dit…
Bonjour

C'est mon cas, j'ai été survivaliste et puis j'ai doucement pris conscience que je faisais fausse route, je devenais anxieux et cela se répercutait sur ma vie de famille.
Je respecte le choix de chacun, j'ai fait le mien.
Marc Desmeuzes a dit…
Réponse à Anonyme qui a arrêté le survivalisme parce que cela le rendait anxieux. La "philosophie" du survivalisme n'est pas forcément de se préparer à la fin du monde. C'est avoir plus d'autonomie par rapport à un système dans lequel on est de plus en plus cadenassé, sans même sans rendre compte. Voir les choses comme cela enlève déjà l'angoisse. De plus une catastrophe style effondrement économique prédite par beaucoup qui ne sont pas du tout survivalistes, catastrophe lié à la géopolitique, etc ..., tout cela est assez prévisible. C'est cela qui est angoissant. Pas le survivalisme en lui-même. Il est possible que vous étiez déjà plus ou moins angoissé avant de vous engager dans cette voie. Quant à votre famille il est possible (j'en sais quelque chose) qu'elle trouve que se préparer ça coûte cher. J'espère que ça aide. Marc.
ben a dit…
Bonjour

C'est mon cas, j'ai été survivaliste et puis j'ai doucement pris conscience que je faisais fausse route, je devenais anxieux et cela se répercutait sur ma vie de famille.
Je respecte le choix de chacun, j'ai fait le mien.

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