Protocole survivaliste de protection de la vie à domicile

Protocole survivaliste de protection de la vie à domicile



Cet article commence par quelques considérations légales puis j'énonce des principes de base ainsi qu'un protocole de défense de la vie dans un cadre d'intrusion résidentielle. Par la suite j'explique le détail du protocole.

Un des sujets les plus controversés dans le survivalisme c'est la question des armes à feu et de leur usage à des fins autres que récréatives.

Les lobbies anti-armes à feu entretiennent bien évidemment cette controverse. Ils prétendent que des contrôles, voire le bannissement des armes à feux des mains des citoyens réduirait la criminalité et les meurtres. 

La Réalité, elle, cette empêcheuse d'idéologiser en rond, dément ces prétentions. Plus d'armes à feu dans les mains des citoyens, c'est moins de meurtres et moins de crimes. Quand les armes à feu peuvent être portées par ces mêmes citoyens, c'est encore moins de meurtres et moins de viols, d'agressions sexuelles et de crimes violents.

La droit à la vie


Les États occidentaux n'aiment pas que la violence échappe à leur monopole. En effet, les États se sont octroyés le monopole de la violence en empêchant les citoyens de porter une arme, sauf permission dérogatoire, de tels permis étant accordés généralement au compte-goutte.

Dans certains pays comme la France, il est difficile de se défendre d'une agression sans subir des conséquences légales et quasiment impossible de le faire avec une arme, blanche ou à feu, tout en échappant à des accusations criminelles.

Le droit à la vie de l'autre est plus important que le droit à la vie de l'individu ou d'une victime...

Certains pays sont plus souples sur le sujet mais le fait demeure: en général, qui se défend avec une arme — et c'est davantage marqué s'il s'agit d'une arme à feu — aura des ennuis judiciaires et verra presque automatiquement ses armes être confisquées par les autorités, sauf dans plusieurs États US où la saisie n'est pas automatique.

Légalité ou mortalité?


Dans un tel contexte, s'il survenait une situation où un survivaliste serait appelé à protéger sa vie ou celle d'autrui, choisirait-il de rester dans la légalité avec risque de mortalité, ou au contraire quitterait-il la légalité pour empêcher la mortalité de victimes?

Connaissant le milieu et beaucoup de gens, je sais que l'écrasante majorité des survivalistes choisiraient de défendre ceux qui sont menacés par des criminels, même au risque d'une peine de prison. Je suis de plus convaincu qu'ils le feraient avec énormément de circonspection et en n'utilisant que la force minimale requise, parce que ce sont des questions que nous nous posons, ce sont des situations que nous envisageons et ce faisant, nous avons l'occasion de nous renseigner, de nous questionner nous-même et de décider par avance les limites ou les déclencheurs de telles actions. Je connais peu de survivalistes qui fanfaronnent sur le sujet. C'est signe qu'ils y ont réfléchi.

Le port et l'utilisation d'armes


Le présent paragraphe ne constitue pas un avis juridique mais est une interprétation de la Loi canadienne (textes législatifs et jurisprudence) faite par un citoyen qui, bien qu'ayant une formation de juriste et un diplôme de Droit, n'émet cette interprétation qu'à titre de citoyen. Pour un avis juridique, consultez un avocat. Les policiers que vous consulterez à ce sujet ne pourront vous dire que ce qu'ils feront à titre de policiers dans de tels cas et non quels sont en réalité vos droits.

Nous n'avons pas le droit de nous balader avec une arme, peu importe sa nature.

Certaines juridictions ont des définitions restrictives ou larges de ce qu'est une arme. Au Canada, est une arme tout objet utilisé pour appliquer la force sur autrui. Avec cette définition, même une rose, même une rose à laquelle on a enlevées les épines, si elle est utilisée pour frapper une personne,  devient une arme. Est aussi une arme tout objet qui est défini comme arme et tout objet dont la nature est celle d'être une arme.

Ainsi par exemple, au Canada les couteaux de poche peuvent être considérés comme une arme ou non. Cela dépend 1) de l'intention du porteur, à savoir s'il porte un couteau de poche à des fins utilitaires ou défensives; 2) de la conception du couteau de poche — un couteau dont la lame a deux tranchants sera très probablement considéré comme une arme étant donné le peu d'utilité qu'il présente dans le quotidien; 3) du contexte de l'utilisation — aller chez une personne hostile avec un couteau pliant laisse penser que ce couteau a été apporté afin de servir comme arme.

Est aussi une arme au Canada le gaz-poivre destiné à la défense contre les humains mais pas le même gaz-poivre s'il est destiné à la défense contre les animaux (chiens méchants en ville, ours affamés en forêt). Si vous portez du gaz-poivre pour votre protection, cela ne doit être que contre les animaux. Maintenant, si vous êtes agressé par un humain et que ce gaz peut vous sauver, vous serez excusés judiciairement, si bien sûr le juge accueille favorablement votre raison de porter du gaz-poivre.

Il est important, critique même, de bien connaître la législation concernant les armes mais aussi celle sur la légitime défense.

La protection de la vie


Plusieurs se la jouent matamore et fanfaronnent avec leurs armes et la défense de leur domicile, on le constate rapidement sur les forums d'armes à feu. Ce sont des imbéciles ou des abrutis, à votre choix, qui ne réalisent pas la gravité de la situation ou qui ont fort mauvais jugement ou plus probablement des gens qui compensent des complexes par des discours martiaux.

Il n'y a pas trente-six manières de réagir. Comme survivalistes, nous visons avant tout la préservation et la conservation: préservation de la vie et conservation de nos moyens de vivre. C'est pour cette raison que nous stockons et que nous apprenons à produire nous-même nos aliments mais aussi nos outils et nos équipements.

C'est donc la préservation de la vie qui doit nous guider, y compris la préservation de la vie du criminel qui veut attenter à la nôtre ou à celles de nos proches! Cela vous choque? Lisez la suite avant de juger.

Principes de base de la défense de la vie

  • Ne jamais aller au devant des risques
  • Fuir les risques quand la fuite présente des avantages sécuritaires
  • Adopter une position et une attitude défensives 
  • Alerter ceux qui peuvent nous aider
  • En dernier recours, si tout le reste faillit, neutraliser la menace

Protocole

Dès les premiers soupçons qu'une force hostile se trouve illégalement dans la maison:

NOTE: Les étapes 1, 2 et 3 (Appel, Rassemblement, Préparation) peuvent être réalisées simultanément par les parents. Dans le cas d'une famille monoparentale, ce sera difficile de réaliser ces trois étapes en même temps.

  1. APPEL. Saisissez votre téléphone et appelez à l'aide (les autorités en temps de normalité, des gens qui viendront vous aider en cas d'absence de forces policières ou de leur impossibilité d'agir).
  2. RASSEMBLEMENT. Sécurisez vos proches dans une pièce prédéterminée et capable de soutenir un siège.
  3. PRÉPARATION. Sortez et chargez vos armes, prenez une lampe de poche à haute intensité et disposez-là pour éclairer la porte de la pièce afin d'aveugler celui qui la franchira, éteignez les autres lumières.
  4. AVERTISSEMENT. Si vous êtes armé avec une arme à feu ou une arme permettant de toucher une cible à distance (arc, arbalète, un lance-pierre puissant), avertissez les criminels
    • que vous êtes armé(s), 
    • que les secours ont été prévenus, 
    • que vous n'irez pas au devant d'eux et 
    • que leur fuite sans danger est encore possible.

      Si vous n'avez pas d'arme de projection, avertissez-les :
    • que les secours ont été prévenus et ne faites pas mention d'une arme. 
    • que vous n'irez pas au devant d'eux et 
    • que leur fuite sans danger est encore possible.

      Le ton de la voix est critique: il doit être ferme et calme, ni paniqué ni apeuré.
  5. SIÈGE. Faites le siège de la porte de la pièce qui vous sert de refuge et laissez agir les criminels tant qu'ils ne se trouvent pas en situation de menacer directement et sans équivoque la vie d'un des occupants de la maison
  6. DÉCISION. Attendez les secours ou évacuez si la fuite sans danger est possible.
Notez que rien n'oblige les policiers à lancer un assaut ni à faire une entrée en force dans votre résidence...

Détails du protocole

Ce protocole ne vise pas l'héroïsme ou les sensations fortes. Il est axé sur la prise minimale de risques.

1. Appel. 

L'appel est le déclencheur de toute l'action de sécurisation de la vie des occupants de la maison. L'appel vous permet d'obtenir de l'aide de professionnels de la violence légale (la police) ou, en cas de perturbations qui empêchent la police d'être fonctionnelle, l'aide de personnes convenues et entraînées. 

Certains idéologues ainsi que certains imbéciles décréteront que cet appel à l'aide est une négation de l'autonomie citoyenne. L'appel à l'aide vise à diminuer les risques d'exposition à des blessures ou à la mortalité en laissant les professionnels agir. Il sert aussi à ériger une force qui peut soit intervenir ou plus probablement dissuader les criminels de poursuivre leurs sombres desseins lorsque cette force arrivera et interviendra. Mais plus que tout, l'appel à l'aide vous donne le choix de l'action, la possibilité de saisir l'initiative des mains des criminels et enfin, vous procure de la marge de manœuvre. Cette étape peut être réalisée en même temps que l'étape 2.

2. Rassemblement. 

Cette étape est critique car elle permet de n'avoir qu'un lieu à protéger tout en éliminant les possibilités qu'auraient les criminels de prendre en otage un enfant, par exemple, qui se serait caché sous son lit. On regroupe nos proches afin de les mettre à l'abri et surtout, de les savoir à l'abri et ainsi se concentrer sur le danger.

3. Armement.

Une fois les mesures passives de défense déployées (Appel et Rassemblement), vous vous donnez les moyens de protéger activement votre famille par l'usage d'une arme, si la vie d'un des vôtres est menacée. L'armement en vue d'un affrontement, c'est seulement se préparer à un affrontement, pas le rechercher, bien au contraire.

L'attitude à adopter à cette étape c'est l'attente vigilante: l'attente des secours, l'attente du départ des criminels ou l'attente de leur assaut. 

4. Avertissement.

L'avertissement sert à vous donner l’initiative. L'initiative, c'est la possibilité de contrôler un événement. Avec l'avertissement vous informez les criminels de plusieurs choses:
a) que vous êtes conscient de leur présence, que des renfort ont été appelés et arrivent
b) qu'ils n'ont plus l'effet de surprise de leur côté
c) qu'ils ont la possibilité de fuir avant que les ennuis ne les rejoignent
d) qu'ils font face à des gens capables et décidés à se défendre s'ils viennent à votre contact

Phrase type: « J'ai appelé 911, la police est en route et nous sommes armés. Partez immédiatement, je n'irai pas vers vous mais si vous approchez je tire à vue. »

5. Siège. Avec les 4 premières étapes, vous vous placez psychologiquement en situation de d'assiégeur plutôt que d'assiégé. Vous avez prises toutes les mesures nécessaires, vous avez sécurisé vos gens et vous faites le siège de la porte de votre pièce. Si les criminels cherchent à y entrer, en d'autres termes à sortir de leur zone de sécurité, vous aurez l'initiative du déclenchement ou non des tirs ou des coups ou au contraire de votre fuite. Vous profitez aussi de l'effet de surprise provoqué par l'étape 4 pour sécuriser davantage vos proches, en érigeant une barricade avec des meubles ou en plaçant des obstacles durs entre eux et les assaillants potentiels, afin de réduire l'énergie cinétique des ogives tirées des armes à feu en leur direction. Ne cessez pas de viser la porte. Si vous devez soit viser, soit manipuler les meubles, choisissez le maintien de la visée. C'est une fraction de seconde de gagnée en cas d'assaut et souvent, cela fait la différence.

Couchez-vous au sol pour diminuer votre exposition et décentrez-vous de la porte. Si vous avez le temps, déposez une puissante lampe de poche en hauteur dans un angle où personne ne se trouve et faites la pointer vers la porte.

Notez que je parle de porte mais en fait il est question d'ouvertures et d'accès: les fenêtres sont aussi à surveiller et il faut tenir compte de ces ouvertures quand on protège nos proches.

6. Décision. Après les 5 étapes, vous avez sécurisé votre environnement, pris l'initiative et établi le maximum du contrôle qu'il est possible de développer dans une telle situation. Vous pouvez dès lors choisir vos options: la fuite ou le siège de votre porte en attendant les secours.

Il faut écarter toute idée de rétribution dans ce telles situations. Oui, il est injuste de laisser fuir des criminels mais le but de ce protocole n'est pas la Justice mais la Préservation de la Vie.

Survivalisme et autonomie relative à la violence


J'ai exposé notre propre protocole. Ce n'est pas un modèle universel, comme je le dis à chaque fois que je parle de ma situation personnelle.

Ce protocole est authentiquement survivaliste (et d'autres différents peuvent aussi bien l'être) en ce qu'il organise la protection des personnes en maximisant la sécurité et en minimisant les risques.

Le recours à la police quand c'est possible, constitue non pas un abandon de sa prérogative de protéger la vie de ses proches mais au contraire, l'exercice intelligent de cette prérogative. En effet vous obtenez des renforts, une sirène qui sonne et qui pourra effrayer les criminels, des renforts qui en principe prendront et donneront les coups à votre place et plus généralement, le respect de l'ordre des choses.

Notre responsabilité comme survivalistes, elle se borne à assurer la protection de notre vie et de celle de nos proches. Agir en "héros" ou charger sus à l'ennemi, c'est quitter le cadre survivaliste de la protection de la vie.

Dans notre maison, les dirtbags peuvent prendre ce qu'ils veulent, du moment qu'ils n'approchent pas de nos enfants et de ma femme. Le matériel se remplace, une vie, non.

Et il y a les extrémistes


Certains extrémistes voudraient avoir les mêmes prérogatives que les forces de l'ordre, y compris celle se substituer à elles dans les tâches de maintien de l'Ordre Public. Ou encore pouvoir intervenir à leur guise dans toutes sortes de situations. Ces gens-là n'agissent pas en survivalistes, peu importe ce qu'ils prétendent. 

Le survivalisme c'est le développement de l'autonomie des individus, des familles et des collectivités. Si une collectivité est une collectivité survivaliste, elle fait bien ce qu'elle veut et elle peut patrouiller à sa guise son territoire, elle est chez elle et elle prend des moyens pour se protéger. 

Si en revanche une collectivité ne compte qu'une poignée de survivalistes noyés dans des dizaines de milliers d'habitants, toute initiative de projection de nos protocoles organisés de défense de la vie et de protection en général vers cette collectivité n'est plus le déploiement d'un plan survivaliste mais l'imposition de la volonté d'une poignée de gens à une masse de gens. Un peu comme Aube Dorée le faisait en Grèce.

Des initiatives de sécurité, il en existe. De la surveillance du voisinage jusqu'à des démarches plus actives de citoyens vigilants ou même des patrouilles de quartier faites par ses propres résidents mandatés (très important!) par des comités de citoyens résidents. Mais là, on quitte le domaine du survivalisme pour entrer dans le domaine de la sécurité publique ou parfois, dans celui plus glauque de l'action sur base idéologique ou politique.

La protection et la défense de la vie bien comprise


Peu importe que vous utilisez mon protocole ou un autre ou que vous n'en utilisez pas du tout, le principe directeur c'est d'abord protéger le vie, si cela ne suffit pas, la défendre. Ce protocole est adapté à notre situation, à notre maison, à nos besoins et à notre environnement. Son contenu variera fatalement d'une personne à l'autre.

On protège la vie en ne l'exposant pas à un danger ou en l'en éloignant. On la défend quand la protection n'a pas suffit.


Commentaires

Anonyme a dit…
comme quoi la question de la sécurité ne doit pas être prise à la légère.
merci pour tes efforts et tout ces partages !
en survivalisme, l'intelligence va de paire avec réussite et efficacité.
bonne continuation et que Dieu nous préserve tous.
herve scala a dit…
Bonjour! Justement je prie pour que personne ne rentre chez moi , je garde en tête tes conseil , merci Vic
Marc Desmeuzes a dit…
Oui, moi aussi Hervé Scala.
Il est très important de garder ce protocole et merci Vic !
Le plus compliqué, je parle pour moi, serait de passer à l'action surtout avec une arme blanche. Je veux dire que psychologiquement ça serait plus dur de ce servir d'une arme blanche. Une arme à feu j'imagine que c'est aussi psychologiquement complexe, mais je pense que c'est déjà moins problématique de tirer. Il y a une distance physique avec l'agresseur.
Merci Vic et à la prochaine.
Pour les cathos de toujours, Bonne et Sainte semaine de la Passion de Notre-Seigneur Jésus-Christ et de sa résurrection pour nous racheter de nos péchés et nous faire accéder à la Vie éternelle!!!
Haut les Coeurs !
Marc Desmeuzes a dit…
Salut Vic. S'il n'y a pas trop de messages je pense que c'est tout simplement que tes explications étaient très claires ! Bonne continuation. Marc.
Anonyme a dit…
https://www.youtube.com/watch?v=6nf1OgV449g

ah la suisse !

Coyote

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