Questions de survivalistes #2: cuisson furtive et honneur

Questions de survivalistes #2 

 



Deux questions intelligentes de la même personne:

« Comment cuisiner sans éveiller les soupçons par les odeurs de cuisson quand plus personne n'a de quoi manger? »


« Quelle place le survivalisme et la survie laisse-t-il à l'honneur et la fierté? »


Le texte complet des questions (avec mise en situation) suivi de mes réponses.


 « Comment cuisiner sans éveiller les soupçons par les odeurs de cuisson quand plus personne n'a de quoi manger? »

Tu as donnée une partie de la réponse à travers ton texte, je complète avec ce que j'ai à rajouter.

Oui, effectivement, le mode de cuisson contribuera énormément à diminuer ou augmenter les émanations d'odeurs de cuisson. 

Dans le cas du riz, on peut le laisser tremper plusieurs heures dans une eau légèrement salée et terminer sa préparation sur le feu, ce qui nécessitera moins d'énergie car le temps de cuisson sera coupé en deux ou en trois.

L'usage du marmite norvégienne réduit considérablement la consommation d'énergie et contribue par la nature du procédé à réduire les émissions d'odeurs de cuisson.

Mais cela reste insuffisant. Pour réduire efficacement les risques de détection, on devra masquer ces odeurs par une odeur plus forte: celle de la fumée produite par la combustion du bois ou de l'huile.

Ceci étant dit, simuler la disette ou la rareté ne signifie pas ne pas s'alimenter et ne pas cuisiner par peur d'être détecté.

On peut tout aussi bien faire bouillir des herbes odorantes pour s'en faire du bouillon, c'est du moins ce qu'on dira aux gens qui sentent les odeurs de cuisson: le bouillon trompe la faim et tient au chaud.

Soyons conscients néanmoins que le risque zéro n'existe pas et que nos tactiques de dissimulation de nourriture ne seront jamais efficaces à 100% ni éternelles. Un jour les gens sauront que nous avons de la nourriture mais si nous maigrissons aussi comme les autres, ils sauront aussi que nous n'en avons pas beaucoup.

« Quelle place le survivalisme et la survie laisse-t-il à l'honneur et la fierté? »


Aucune. Survivre dans un contexte difficile et en pleine rareté de tout n'est pas une affaire d'honneur ou de fierté.

Le but que visent les survivalistes en période de déploiement de nos plans survivalistes, c'est de maintenir nos capacités physiques et mentales et d'assurer notre sécurité afin de maintenir notre autonomie. Cela passe par l'usage de nos réserves, la production alimentaire et énergétique et bien évidemment la vigilance quant à notre sécurité.   

Le geek en moi citera des exemples pris dans un film culte: The Karate Kid dans lequel monsieur Miyagi donne le conseil le plus pertinent qu'il m'ait été donné d'entendre en matière de sécurité:

« Meilleure façon de pas recevoir coup de poing: pas être là ».



Toutefois, et pour rester dans mon univers geek, continuons en citant John Sheridan de Babylon 5.

« Never start a fight but always finish it »
(Ne jamais commencer le combat mais toujours le terminer)


[Désolé pour la citation anglaise, j'ai regardé Babylon 5 en VO et alors que j'ai vu The Karate Kid en VF]

La fierté ou l'honneur doivent être assujettis à nos plans survivalistes et non l'inverse. Si on privilégie l'honneur ou la fierté, la préservation de nos capacités survivalistes passe en second lieu avec les risques que ça engendre.

Cela ne signifie pas qu'il faille mettre tout de côté au nom du survivalisme et de l'autonomie, non, au contraire. En revanche, on doit accepter l'idée que parfois, on ne devra songer qu'à sa vie et à celle de ses proches, à notre avenir et à celui de nos proches. À d'autres moments, la fierté et l'honneur pourront être contributifs à notre sécurité, par exemple quand faire face de manière déterminée à des gens hostile servira de dissuasion ou carrément de « nettoyage » face à une menace avérée.

Ou encore, si on fait partie d'une communauté, celle-ci pourra et même devrait avoir une politique fondée sur la fierté et l'honneur et automatiquement rétribuer toute agression ou toute malhonnêteté contre un de ses membres. Avec le temps cette communauté acquerra une réputation de dure à cuire et on dira d'elle "ne les faites pas chier".
Toutes les armées du monde ont l'honneur comme valeur cardinale et pourtant aucune d'elle ne refusera d'envisager la retraite quand la situation le commande. La retraite est une manière de préparer la prochaine bataille dans de meilleures conditions.

En tout état de cause, en tant que survivaliste, ce qui compte c'est d'être là le lendemain, la semaine prochaine, l'année prochaine, la génération prochaine... Ce qui compte, c'est d'être le dernier à être là.

Quant à ce qu'on enseigne dans les écoles, que ce soit en France ou au Québec, c'est de la bouillie pour les chats. Ce qu'on devrait enseigner, c'est d'avoir des réponses adaptées à chaque situation. 

Éviter de s'exposer vaut mieux que s'exposer. Fuir vaut mieux que recevoir un coup de pied sur la tête. Acculé au mur, il vaut mieux se défendre que se rouler en boule si on sait que notre vie est menacée. En revanche si on n'en veut qu'à nos biens, laissons-les aller en dernier recours plutôt que d'offrir une résistance risquée et inutile. 

C'est l'esprit qui préside à mes propos dans mon billet: Protocole survivaliste de protection de la vie à domicile

En revanche, si nous vivions à l'époque des duels, je ne conseillerais pas de se désister du duel car il irait de notre position sociale et de notre capacité à se faire respecter. Un homme ostracisé trouve difficilement des opportunités...

Tout est question de bon sens mais nous ne devons jamais oublier que nous devons à nos proches d'être là demain...

J'espère que ça répond à tes questions.





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