Esprit survivaliste concret: chauffage électrique improvisé

Esprit survivaliste concret: chauffage électrique improvisé



Nous savons tous qu'en survivalisme il y a deux grandes approches. L'approche matérielle et souvent associée à un mercantilisme de bas étage — avec des vidéos qui s'appellent revue mais qui sont souvent juste de l'infopub — et l'approche fonctionnelle, un mélange de conscience, de volonté, de savoir, d'expérience et de matériel.

Comme homme, j'ai toujours eu beaucoup de respect pour les gens qui bricolent des trucs géniaux à partir de pas grand'chose. Ça inclus aussi les « Red Necks » qui font parfois des trucs bizarres de brics et de brocs mais qui fonctionnent et servent à l'usage auxquels ils sont destinés.


D'un côté, nous avons les matérialistes qui achètent une foule d'équipement dédiés et de l'autre, les survivalistes qui achètent eux-aussi des choses mais des choses plus essentielles, plus basiques, moins spécialisées mais qui généralement sont aussi polyvalentes.

La différence: la manière de traiter les informations


Le processus intellectuel des survivalistes fonctionnels vise à combler peu ou prou leurs besoins en les considérant comme un ensemble tout en étant économes en ressources. Et oui, l'argent est une ressource parmi d'autres. 

Quant au survivaliste « matériel », ce qui caractérise ses processus mentaux est l'appréhension de ses besoins en silo, un à la fois et indépendamment des autres.

Le survivaliste fonctionnel

Le survivaliste fonctionnel considère tous ses besoins globalement, de manière intégrée et y répond globalement. 

Pour le fonctionnel, toutes ses possessions, toutes ses connaissances, toutes ses expériences et toutes es hypothèses font partie des possibles à envisager et si parfois ça conduit à des solutions plus complexes que nécessaires, ça demeure des solutions effectives.

Le survivaliste matériel

Le survivaliste matériel procède « à la carte », un besoin à la fois et une solution à ce besoin à la fois.

Le survivaliste matériel envisage les problèmes en recherchant la solution matérielle idéale, y compris en considérant des objets dont il n'a aucune expérience personnelle.  

Avec le fonctionnel, on arrive rapidement à des solutions et si les moyens le permettent, à une mise en place tout aussi rapide.

Quand on a les moyens, être l'un ou l'autre ne fait pas une grande différence. Si on n'a pas de grands moyens, là le fonctionnel pourra plus et mieux que le matériel. Mais parfois, il n'y a pas trente-six solutions, il n'y en a qu'une et c'est probablement le matériel qui la déploiera le premier pendant que le fonctionnel cherchera encore à se débrouiller avec les moyens du bord.

Si vous n'avez pas de moyens, devenez fonctionnels sinon vous n'arriverez pas à surnager en cas de crise...
 

Préparation non spécialisée = polyvalence


Il est certain qu'il est plus agréable et confortable de disposer d'un outil ou d'une machine pour chaque usage spécifique. Pour ouvrir une boite de conserve, rien ne bat l'ouvre-boite. 

Mais voilà, si pour certaines tâche spécialisées il vaut mieux disposer de l'outil le plus efficace cette approche sera coûteuse si elle est généralisée à toute notre préparation.

C'est ainsi que le survivaliste fonctionnel fera double, triple, quadruple, multiple usage de ses ressources. Forcé par la nécessité ou d'inclinaison naturelle à voir les différentes possibilités, le survivaliste fonctionnel trouvera plus facilement des solutions parce qu'il a l'habitude de contempler tous les potentialités avant d'arrêter son choix sur une solution ou même de la créer de toutes pièces.

Illustration


Au Québec, la majorité des maisons sont chauffées électriquement, pour ceux-là, l'électricité est critique. Ceux qui chauffent au fioul dépendent aussi de l'électricité.

S'il survient une panne, tous ceux qui n'ont pas de poêle ou de foyer — et le combustible en quantité suffisante — perdent le chauffage.

C'est là qu'on aura recours à des expédients.

Le survivaliste « matériel » aura probablement son groupe électrogène de 15 kilowatts (15,000 watts) et pourra alimenter sa maison, au prix d'environ 6 litres de carburant à l'heure à demi-charge (7,500 watts), donc 7,20$ CAD l'heure. Il pourra durer aussi longtemps que ses réserves de carburant dureront. Six litres à l'heure, c'est 144 litres par jour en consommation continue, presque un baril de pétrole (159 litres)...

Le survivaliste « fonctionnel » lui, devra choisir ce qu'il fait de son unique kilowatt (1000 watts) qu'il est capable de produire avec son petit groupe électrogène. Son appareil consomme environ 1/2 litre par heure à demi-charge, il pourra durer lui aussi tant qu'il aura du carburant, pour un coût de 0,60$ CAD. Avec le même baril de pétrole, il pourra durer 13 jours en consommation continue...


BON À SAVOIR

La capacité nominale des groupes électrogène indique la puissance en pointe or les groupe électrogènes ne sont pas faits pour fonctionner en pointe 100% du temps. Ils peuvent fonctionner à pleine capacité pendant quelques minutes, de 10 à 30 minutes en général.

Au delà de cette durée, il y a détérioration et finalement, bris d'équipement.

La capacité réelle durable de ces équipements se situe autour de 80% de la puissance nominale.

Dans le cas présent, notre survivaliste fonctionnel (euh... moi?) aura opté pour le groupe électrogène de 1000 watts.

Un groupe électrogène d'un kw, c'est en fait 800 watts ou 0,8 kw en continu, avec des pointes possibles à 1 kw.

Les radiateurs du marché ont généralement une intensité basse à 750 watts et haute à 1500 watts.

Autant dire qu'un radiateur en marche, même à basse intensité, bouffera la totalité de l'électricité produite par un groupe électrogène d'un kw. Il restera un maigre 50 watts pour s'éclairer d'une lumière blafarde avec une ampoule LED (15 watts), charger des portables et une tablette (15 watts) et peut-être des piles pour l'éclairage avec lampes de poche (10-15 watts).

Ou on peut voir les choses différemment!

Cinq ampoules à incandescence de 100 watts procureront un éclairage très vif (qu'on peut tamiser à souhait) et sachant que 90% de l'énergie consommée par une ampoule au tungstène se dissipe en chaleur, voilà sous la main une unité de chauffage ET d'éclairage. 500 Watts consommés sur les 800 disponibles.

Il en reste 300 pour alimenter un petit écran de télé, un ordinateur portable ou un Box-TV avec un disque dur pour divertir la famille, des chargeurs de piles, des téléphones portables et des tablettes en recharge.

Tout ça a été rendu disponible parce qu'on a pensé « à l'extérieur de la boite ».

S'il fait vraiment froid, vous pouvez brancher jusqu'à 8 ampoules à incandescence de 100 watts chacune. S'il faut moins froid, vous en débranchez.

500 watts chauffent 1/3 moins que 750 watts, certes. Mais dans une petite pièce, tout le monde sera au chaud et s'évitera la déprime ou l'anxiété de vivre dans la pénombre. Vous savez aussi qu'au besoin, vous disposez de 300 watts de plus.

Ce dispositif est improvisé, ne demande aucun achat, est disponible dans toutes les maisons et chauffe tout en éclairant.

Bien sûr, si vous tenez à avoir un radiateur avec un petit groupe électrogène ou un groupe électrogène de plus grande puissance, c'est un choix tout aussi valable. L'important est de comprendre les différences d'approche et ce qu'elles permettent.

Ce qu'il importe de retenir, c'est qu'en pensant « à l'extérieur de la boite » on découvre les possibilités et nos marges de manœuvre, ce qu'on risque de manquer en se contentant d'acheter pour combler les besoins immédiats perçus. Et puis, de la débrouille efficace, ce n'est pas une denrée de luxe pour des survivalistes.

Si mon travail vous est utile et que vous désirez me soutenir en retour, je vous invite à me « tiper » sur Tipee, ce qui m'aidera à améliorer mes contenus et réaliser des projets: http://www.tipeee.com/vic-survivaliste



Commentaires

Marc Desmeuzes a dit…
L'esprit de débrouille, d'invention ! A+ Marc
Joel Deplanque a dit…
Bonjour tout le monde !

Quand nous vivions au Québec nous disposions d'une très grande maison (plus de 500 M²). J'en avais amélioré l'isolation en tapissant murs et plafonds de couvertures de survie et en laissant un espace d'air prisonnier entre les dites couvertures et les revêtements des murs. Environ 95% des I.R. voulant s'échapper revenaient à l'intérieur grâce à l'effet miroir des couvertures de survie. Résultat : une consommation d'énergie bien moindre.
En plus d'un poêle à bois dans un atelier détaché de la maison et utilisable en cas de "crise", nous disposions de trois systèmes de chauffage : fournaise à fuel (couteuse), électrique (ruineux) et poêle à granules de bois (ouf !). Largement de quoi être rassuré ? Pas du tout ! En cas de coupure d'électricité, aucun des trois ne pouvait fonctionner.
Un pessimiste étant un optimiste ayant de l'expérience, nous avons acheté une génératrice de 2500 W. Pour ne pas être gêné par son bruit, j'ai passé un câble électrique au travers d'un mur, ce qui me permettait de brancher le poêle à granules, une baladeuse, etc.
Bien nous en a pris ! Une coupure d'électricité dura au moins quatre jours. Premier réflexe : calculer le volume d'essence immédiatement disponible ! Réservoir de la génératrice + ceux de la Jeep, du quad, de la souffleuse, des moteurs hors-bords, des tankers... Avant d'avoir recours au poêle à bois, la coupure pouvait durer... Celle-ci ne nous fit d'ailleurs pas trop souffrir, car nous ne voulons pas de TV à la maison.

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