Mise à jour et déclaration de Vic Survivaliste

 Mise à jour et déclaration de Vic Survivaliste



Je profite du temps de repos forcé faisant suite à ma chirurgie du larynx pour faire une pause sur les sujets « survivalistes » et pour vous entretenir de certains aspects plus subjectifs de ma démarche publique et de mon existence chez vous, via vos écrans d'ordinateur et de portable.

Cela fera bientôt six ans que j'ai commencé à écrire sur le sujet. Écrire car quand j'ai commencé, je ne pouvais qu'écrire, je n'avais pas retrouvé la voix encore, j'étais dans les dernières de mes 17 années de dysphonie qui m'interdisait d'échanger en public, ma voix étant inaudible quand il y avait le moindre bruit environnant. Elle n'était certes pas agréable à entendre dans une vidéo.

Au moment d'écrire ces lignes, j'ai été opéré il y a huit jours. Nous sommes le 10 février 2017. J'ai recommencé à parler cinq jours après ma chirurgie comme mon médecin me l'a prescrit et les sons produits sont désagréables et pitoyables, tout à fait comparables à ceux que je pouvais émettre pendant mes 17 ans de dysphonie. À chaque jour ma voix s'améliore un peu, mais un bien petit peu.

Ma première vidéo date de juillet 2012. À cette époque j'avais une caméra de mauvaise qualité, une voix exécrable et absolument aucune espèce d'expérience en vidéo, tant devant que derrière la caméra (je n'avais même pas de trépied!) et c'était la première fois que j'avais une voix suffisamment forte et intelligible pour tourner une vidéo. J'ai publié ma 250e récemment.

Entre ce moment et maintenant, il y a un monde de différences mais je suis resté fondamentalement le même homme. J'ai approfondi des sujets, j'ai maturé certains points de vue, j'ai pris une direction quand j'ai eu la conviction que j'étais à la hauteur pour l'assumer intelligemment mais je suis le même homme, néanmoins, avec des connaissances de plus et bien évidemment quelques années de recul de plus.

Liberté d'expression


Je crois en la liberté d'expression. Je crois qu'il s'agit d'une liberté importante et d'un fondement de la vie en société. Tout devrait pouvoir être dit, sans restriction, sans crainte de représailles et sans pressions de la part de qui que ce soit.

La Loi prévoit les cas où cette liberté est abusée et sert des fins malicieuses, via la diffamation en droit civil et le libelle diffamatoire en droit criminel (contexte du Québec). Depuis quelques décennies on a vu apparaître la notion de discours haineux qui ne sert fondamentalement qu'à faire taire les gens. Tout dépend finalement comment on définit la haine. La définition la plus sensée serait « un appel, direct ou indirect, à haïr quelqu'un et à le persécuter ». Cependant des groupes de pressions redéfinissent la haine à leur guise et font des amalgames, par exemple entre la critique et la pure haine, entre une idée politique et une race. Passons.

Mais voilà, on dit bien « liberté d'expression » et non « droit d'être entendu ». Le droit d'être entendu n'existe que dans un endroit: l'enceinte d'un tribunal, si vous êtes une partie à un procès ou si vous avez un intérêt suffisant pour y intervenir.

Pour le reste, personne n'a l'obligation de nous entendre.

Même les médias de masse, soi-disant remparts de la démocratie et quatrième pouvoir (qui travaille dans les faits à maintenir les trois autres) n'ont aucune obligation de laisser les gens s'exprimer librement dans leurs colonnes ou sur leurs ondes. Bien au contraire: nous avons la liberté d'expression mais eux ont le droit de propriété. Un droit est plus fort qu'une liberté. Un droit étouffe toujours une liberté en cas de conflit. On pourrait considérer que compte tenu de leurs privilèges (ondes mises à leur usage exclusif, accès privilégiés à des lieux ou des événements là où les citoyens lambdas sont exclus) les médias pourraient se faire exiger en contrepartie de donner place aux discours contraires à ceux qu'ils promeuvent mais non, ça ne fonctionne pas comme ça.

Quoiqu'il en soit, je n'ai aucun, mais absolument aucun scrupule à empêcher la parole dans les domaines que je contrôle: tout ce qui est ma propriété est de mon ressort donc assujetti à mes règles et à mon contrôle.

Quand je bloque un usager sur Facebook ou sur ma chaîne Youtube, je le fais parce que je le décide et parce que je le peux. Il y a des petits crétins qui se font une gloire d'avoir été « injustement censuré par le dictateur en puissance Vic Survivaliste » mais ils sont trop enfoncés dans leur nombril pour réaliser que je les bloque parce qu'ils sont crétins et qu'ils abaissent considérablement le niveau, parce qu'ils n'ont aucune profondeur, parce qu'ils ne font que du bruit sans intérêt, parce qu'ils viennent faire de la propagande ou de la contre-propagande ou simplement parce qu'ils sont mal élevés.

Le fait est que si tant de gens me suivent; et c'est peu par rapport à d'autres plus populaires — c'est parce que je me suis bâti une certaine crédibilité et cette crédibilité, elle est de mon seul fait: je ne la dois qu'à mes qualités personnelles et à mon travail.

Bien des gens veulent m'utiliser comme plate-forme pour se donner de la visibilité et de la crédibilité ou encore en donner à leur idéologie et cela, je le refuse. Je refuse d'être instrumentalisé.

« Leader d'opinion » et chef de meute


J'ai été désigné à plusieurs reprises comme étant un « dangereux leader d'opinion » d'extrême voire d'ultra-droite. Par des journalistes évidemment et pas que par des journaliste surenchérissant pour se distinguer des autres: par des journalistes en vue, oui Monsieur!

Récemment l'équipe d'un média s'acharnait à vouloir me faire reconnaître que j'étais un leader pour des groupes « d'extrême-drouâte ». Je suis toujours honnête, fondamentalement et si j'étais à la tête d'un groupe, je le dirais.

Mais la vérité, c'est que je suis seul dans mon coin. Oh oui, on m'a offert de joindre des groupes. Des groupes de pression, au moins quatre "milices" différentes, des groupes militants « de terrain », des groupes survivalistes, etc. On m'a invité à lancer de tels groupes aussi.

C'est mal me connaître et c'est mal évaluer mes motivations.

Mon existence publique est fondée sur le survivalisme. Maintenant, vous l'aurez constaté, je ne suis pas comme n'importe quel survivaliste se donnant de la visibilité sur Youtube. Je ne suis pas un vendeur de matériel. Je ne suis pas une personne qui veut avoir une existence médiatique. Je me tiens loin des lieux communs car au mieux, ceux-ci sont déjà balisés plusieurs milliers de fois et au pire, ils sont nuisibles à la préparation des survivalistes qui n'ont pas encore le recul ou l'expérience pour en juger.

Je suis avant tout un homme qui veut aider ses congénères et les gens de bonne volonté à développer leur autonomie, en toutes circonstances. Autonomie matérielle, autonomie morale, autonomie intellectuelle et autonomie des valeurs.

L'un des aspects du survivalisme, et c'est là la grande faiblesse du milieu survivaliste médiatisé, c'est l'identification, l'analyse et l'évaluation des risques.

Si nous sommes tous exposés à des catastrophes naturelles imprévisibles, il demeure qu'elles sont l'exception dans les probabilités de survenue d'événements perturbants. En revanche les facteurs économiques, politiques, géostratégiques ont infiniment plus d'effets sur notre quotidien et notre devenir. J'ose en parler. Qui plus est, j'ose jeter des pavés dans la mare idéologique qu'on cherche à nous imposer depuis l'après-guerre, avec une considérable accélération ces vingt dernières années.

Cette mare fangeuse affecte non seulement notre vie mais aussi nos croyances, notre mode de vie et notre capacité à envisager ou découvrir des solutions qui ne font pas partie de ce qu'on cherche à nous imposer.

Nous vivons dans des démocraties totalitaires où il est encore possible de parler mais souvent à un coût très élevé et avec l'assurance de ne pas être relayé, voire d'être désigné à la vindicte populaire.

Toujours est-il, et c'est le but de cette section, que je déclare que je suis seul dans ma barque publique. Je n'ai aucun collaborateur, aucun idéateur, aucun « disciple » ou militant, je n'appartiens à aucun groupe et pour le moment n'ai pas l'intention d'en joindre un. Et je ne recrute personne.

Avenir


Je ne sais pas ce que l'avenir me réserve. Pour le moment, ma voix est loin de pouvoir me permettre de continuer à faire ce que ce que je faisais avant. La vidéo qui accompagne ce billet, elle a été très longue à monter — beaucoup plus qu'une vidéo de 30 minutes — et je ne peux pas, ne veux pas, faire cela à chaque semaine.

D'un autre côté si je ne fais plus de vidéos, ça me libérera du temps, peut-être 4-6 heures chaque semaine. Par contre je rejoindrai considérablement moins de gens. Je n'ai que 108 abonnés à mes écrits et 6128 aux images qui bougent et au son.

Une chose est certaine, si je ne retrouve pas la voix, cela rendra mes activités publiques considérablement plus difficiles: adieu vidéos, ateliers, conférences, rencontres, entretiens, etc.

Je me laisse donc deux autres semaines pour voir comment les choses évolueront. Si je ne retrouve pas une voix suffisante après ces deux semaines, je ne ferai plus de vidéos à chaque semaine, il ne restera que l'écrit, à chaque semaine dans ce blogue. Je suis conscient que cela diminuera de beaucoup le nombre de gens qui prendront connaissance de mes propos sur le survivalisme mais on fait avec ce qu'on a.

Je suis pessimiste? Il se peut. J'ai surtout passé 17 ans sans voix malgré une opération à l'époque, alors il se peut que le même scénario se reproduise. Le survivalisme, c'est aussi anticiper et s'adapter.

Merci, à la prochaine.


Commentaires

Anonyme a dit…
Salut Vic.

Vraiment désolé mais tu feras des articles, je trouve ça plus pro...? ça ne me dérange pas outre mesure encore que te voir toutes les semaines en vidéo était devenu une habitude.
Bon rétablissement mais la santé avant tout.
Porte toi bien.
Je me suis dit : il pourra juste mettre de la musique! Et la, en y repensant, je me suis rendu compte que la chansonnette de Félix et les sirènes aussi avait disparu depuis longtemps. Pourquoi ?
Dans le temps, j'avais ta vidéo et celle de Volwest tout les dimanches et c'était un grand plaisirs. Il me restait à être convaincu et beaucoups à apprendre. Maintenant, je suis plus dans l'action. J'avance pas vite, mais à chaques années j'augmente mon autonomie et ma résilience.
Hier j'étais à la fête des semences de Montréal où j'ai acheté de quoi pour faire mon troisième jardin.

Je te souhaite un prompt rétablissement Vic.
Joel Deplanque a dit…
Bonjour Vic,

J'ai adoré ton texte.
Évidemment, je te souhaite de retrouver la voix. Oh, pas seulement pour tes vidéos, mais surtout pour toi, ton quotidien et ton entourage.

Fluctuat nec mergitur aurait pu être ta devise. Il est un aspect que l'homme public doit gérer, c'est la relation que l'autre développe par rapport à lui. Celui qui se contente de regarder se déterminera toujours par rapport à ce que fait celui qui agit.
Je vois ces bureaucrates et entends leurs théories... Les pauvres n'ont que ça.
Je vois ces velléitaires et autres rêveurs. J'entends leurs projets... Je les crois supérieurs aux premiers, car eux peuvent encore surprendre...
La critique restera aisée et l'art difficile. Mais bordel, comme à l'impossible nul n'est tenu, fais ce qu'il te semble bon de faire ! Bien faire et laisser braire...
Je t'ai déjà dit que je ne me considérais pas comme un survivaliste pur et dur au sens strict du terme. Je ne suis qu'un rural ayant écumé plusieurs terrains qui je l'espère m'auront imprégné.
Pour le reste, refusons de nous laisser enfermer dans des moules préformés, refusons que l'on nous appose quelque étiquette que ce soit. Et si nous devons être jugés, après tout, qu'importe ! Quand ils parlent dans notre dos, c'est notre cul qui les contemple.

Il est un texte fabuleux de Jean Richepin que j'adore. Il s'agit des oiseaux de passage dont je te livre quelques strophes et je t'invite à le lire en entier.

Oh ! vie heureuse des bourgeois ! Qu'avril bourgeonne
Ou que décembre gèle, ils sont fiers et contents.
Ce pigeon est aimé trois jours par sa pigeonne ;
Ca lui suffit, il sait que l'amour n'a qu'un temps.

Ce dindon a toujours béni sa destinée.
Et quand vient le moment de mourir il faut voir
Cette jeune oie en pleurs : " C'est là que je suis née ;
Je meurs près de ma mère et j'ai fait mon devoir. "

Elle a fait son devoir ! C'est à dire que oncque
Elle n'eut de souhait impossible, elle n'eut
Aucun rêve de lune, aucun désir de jonque
L'emportant sans rameurs sur un fleuve inconnu.

Et tous sont ainsi faits ! Vivre la même vie
Toujours pour ces gens-là cela n'est point hideux
Ce canard n'a qu'un bec, et n'eut jamais envie
Ou de n'en plus avoir ou bien d'en avoir deux.

N'avoir aucun besoin de baiser sur les lèvres,
Et, loin des songes vains, loin des soucis cuisants,
Posséder pour tout cœur un viscère sans fièvres,
Un coucou régulier et garanti dix ans !

Oh ! les gens bienheureux !... Tout à coup, dans l'espace,
Si haut qu'il semble aller lentement, un grand vol
En forme de triangle arrive, plane et passe.
Où vont-ils ? Qui sont-ils ? Comme ils sont loin du sol !

Regardez-les passer ! Eux, ce sont les sauvages.
Ils vont où leur désir le veut, par-dessus monts,
Et bois, et mers, et vents, et loin des esclavages.
L'air qu'ils boivent ferait éclater vos poumons.

Regardez-les ! Avant d'atteindre sa chimère,
Plus d'un, l'aile rompue et du sang plein les yeux,
Mourra. Ces pauvres gens ont aussi femme et mère,
Et savent les aimer aussi bien que vous, mieux.

Pour choyer cette femme et nourrir cette mère,
Ils pouvaient devenir volaille comme vous.
Mais ils sont avant tout les fils de la chimère,
Des assoiffés d'azur, des poètes, des fous.

Là-bas, c'est le pays de l'étrange et du rêve,
C'est l'horizon perdu par delà les sommets,
C'est le bleu paradis, c'est la lointaine grève
Où votre espoir banal n'abordera jamais.

Regardez-les, vieux coq, jeune oie édifiante !
Rien de vous ne pourra monter aussi haut qu'eux.
Et le peu qui viendra d'eux à vous, c'est leur fiente.
Les bourgeois sont troublés de voir passer les gueux.
Marc Desmeuzes a dit…
Vic, bien sûr que nous sommes dans une démocratie totalitaire et que cela ne va pas s'améliorer car la nature humaine est jusqu'auboutiste. Nos dictateurs "démocrates" vont aller jusqu'au bout de leur démarche destructrice, auront eu leur CHAOS généralisé, leurs guerres civiles et peut-être leur 3ème guerre mondiale. MAIS ils passeront et comme le dit Pierre Hillard "la roue tourne". En clair, la vérité finira par triompher in fine. Seule la vérité rend libre, toujours et partout.

Mais ce que je voulais te dire, Vic, ce que j'apprécie chez toi avant tout, c'est ta grande HONNÊTETE !!!

Amicalement. Marc.
NEVAO a dit…
Bonjour,
j'apprécie la qualité de votre verbatim concis et synthétique et je regarde rarement les vidéos.
cordialement
Philippe Maitrot a dit…
Allô bon courage et merci .
Salutations Phil

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