Débuter intelligemment en survivalisme: l'autonomie

Débuter intelligemment en survivalisme: l'autonomie




Nous nous entendons à peu près tous là-dessus: le survivalisme est le développement et le maintien de l'autonomie maximale. Mieux vaut être un peu préparé que pas; mieux vaut être plus préparé que moins; mieux vaut pouvoir produire et consommer que seulement consommer; plus nous sommes préparés, plus nous sommes autonomes si des perturbations surviennent.

Mais voilà: entre l'idéal et la réalité, il y a un monde. Ce monde, il est à construire par les survivalistes qui débutent. Peu réussiront à développer une préparation qu'ils ont définie au départ comme idéale, surtout quand cet idéal est irréaliste mais ceux qui n'y parviennent pas n'ont pas échoué pour autant, loin s'en faut.

Tout ou rien


La mentalité « Tout ou Rien » est inféconde en survivalisme. Pas « tout » n'égale pas « rien », il y a un entre-deux entre le tout et le rien et cet entre-deux, ça s'appelle une démarche de préparation.

L'accomplissement le plus valorisé, le plus en vedette si j'ose dire, est celui de la BAD, la Base Autonome Durable, une sorte de ferme pas nécessairement fortifiée mais défendable, habitée, non spécialisée dans une production précise ou si elle l'est, elle produit tout ce qui est productible sur place pour maximiser notre autonomie. Ça c'est pour la préparation matérielle.

La préparation sociale, le parent pauvre du survivalisme, c'est le rassemblement de gens de même esprit dans une communauté géographiquement localisée et inutile de dire que c'est encore moins accessible que la BAD. La BAD est une question d'argent, la communauté rassemblée géographiquement est une question d'argent ET d'aptitudes sociales personnelles ET de travail de recherche de gens.

Mais entre un sac de chips pour toute réserve et la ferme de 10 hectares au sein d'un hameau composé de survivalistes, il y a une gamme infinie de niveaux de préparation qu'il faut considérer et ils sont tous valables s'ils sont adoptés raisonnablement, en réponse à une situation appréhendée.

Trois facteurs de la préparation


La préparation peut être décomposée en trois facteurs: l'étendue, la profondeur, la portée.

L'étendue désigne la quantités de besoin qui sont couverts par la préparation.

La profondeur désigne la qualité de couverture de chacun des besoins couverts par la préparation.

La portée désigne la durée approximative que notre préparation survivaliste nous procure quand on ne doit compter que sur elle pour couvrir nos besoins.

Si on doit choisir entre l'étendue ou la profondeur, mieux vaut développer l'étendue qui couvrira minimalement tous nos besoins que la profondeur, qui couvrira très bien quelques besoins et pas du tout d'autres.

Si on doit choisir entre la portée et la profondeur, mieux vaut développer la portée qui nous assure une plus grande durée en mode autonome.

Si on doit choisir entre l'étendue et la portée, le choix dépendra des événements qu'on anticipe et qu'on évalue comme étant plus probables.

Il convient donc de développer l'étendue avant la portée et la portée avant la profondeur.

Qui peut le plus peut le moins


Cette vérité de la Palice est trop souvent ignorée: certains y vont au plus juste en coupant les coins ronds.

Ce que ça signifie, c'est que si vous pouvez durer trois mois en mode autonome, vous pouvez donc aussi durer deux mois. À l'inverse, si vous ne pouvez durer que deux mois, vous ne pourrez pas durer trois mois.

Lorsque vient le temps de se préparer, il faut donc hiérarchiser les besoins de portée de notre préparation en fonction des probabilités des événements qu'on anticipe. Une météorite géante qui s'abattrait sur Terre nécessiterait une préparation permettant plus d'une année d'autonomie mais les probabilités que cette catastrophe survienne sont infinitésimales. Si pour le reste vous n'anticipez que des perturbations temporaires de courte durée, il ne sert à rien de viser la BAD.


En définitive


Il faut éviter la tentation de se conformer aux modèles qui sont exposés à travers diverses chaînes, blogues et site survivalistes. Peu sont équilibrés, beaucoup mettent l'accent sur un aspect au détriment des autres. Au fond, on doit évaluer un modèle proposé en se posant une question fondamentale: « que cherche-t-on à me vendre à travers ce modèle »?

Ce qui importe, c'est d'être en adéquation entre nos besoins réels identifiés et la préparation qu'on fait pour les combler si on doit un jour ne compter que sur notre préparation.

Merci à:
FG
J.
Dan Sullivan
Ainsi qu'aux autres tipeurs et donateurs.
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Commentaires

NEVAO a dit…
Bonsoir,
J'ajouterai à la préparation l'entrainement c a d se mettre en situation d'urgence et en faire un exercice pratique. c'est là que nous pouvons constater ce qui marche bien de nos lacunes, en prendre conscience et y apporter les mesures correctives.
cordialement
NEVAO.
Marc Desmeuzes a dit…
Merci Vic,

L'équilibre et le bon sens comme d'habitude !

Très juste le côté émotionnel à essayer de mettre de côté au profit d'un équilibre intelligent, d'un bon raisonnement !
Pas toujours simple.

"Etre honnête avec soi-même" c'est sûr pour gagner petit à petit de l'autonomie et c'est une maxime pour la vie en général !!!

Bien amicalement.
Marc.
Dan Czak a dit…
Salut

Le survivalisme est une recherche perpétuelle d'autonomie, d'être moins dépendant du système tout en sachant que l'on ne peut pas s'en passer.
Si nous sommes incapable de réunir des gens dans le même état d'esprit et de faire en sorte que cela fonctionne, la BAD et le survivalisme perdent tout leurs sens.
La BAD ne peut exister et fonctionner que si l'on retrouve nos liens tribaux ou elle reste alors un pur fantasme.

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