Vingt ans après: le survivaliste et la crise du verglas

Vingt ans après: le survivaliste et la crise du verglas


Il y a vingt ans une crise sans précédent s'est abattue sur le sud du Québec dans un événement qui a été immédiatement nommé la Crise du Verglas.

À l'époque j'étais un survivaliste « passif ». J'étais extrêmement bien documenté, j'avais un bon bagage d'expériences et de connaissances mais matériellement, ma préparation était rudimentaire. 

J'ai toujours eu beaucoup de matériel genre équipements de campings, hache, pelle en acier et autres. Même si à cette époque je vivais au deuxième étage d'un duplez dans Rosemont, un quartier de Montréal, les occasions de fendre du bois étaient nulles ou d'excaver étaient nulles. Néanmoins, j'avais un minimum de matériel que je pouvais utiliser comme tel ou que je pouvais adapter et bricoler pour d'autres usages.

Étant non préparé matériellement, du moins selon mes critères des dernières années, je pouvais « survivre » dans des conditions minimales et au besoin, évacuer dans ma voiture.

Eh oui, c'est à ça que sont réduits ceux qui sont mal préparés: évacuer.

Au total, j'ai manqué de courant (donc d'éclairage et de chauffage) pendant un total de 30 heures dont une fois 20 heures de suite. Je n'étais pas, de loin, l'un des plus mal lotis.

La Crise elle-même


Dès le 4 janvier, une série d'épisodes de pluie verglaçante a frappée une partie du Québec. Au début, rien de bien catastrophique: des rues et des trottoirs glissants, des branches ployées sous le poids du verglas puis carrément cassées avec l'accumulation des jours, des pannes d'électricité de courte durée à Montréal, puis du délestage pour alimenter successivement des quartiers différents car les lignes à haute tension qui acheminaient l'électricité des centrales tombaient les unes après les autres.

Au total, plus de 1,000 pylones d'acier de lignes à haute tension se sont écrasés et 17,000 poteaux de bois supportant les lignes de distribution locale, des poteaux de 35-40 cm de diamètre, se sont brisés. 

Au final, plus d'un million de personnes ont été privées d'électricité durablement, certaines pendant six semaines. 

Il faut savoir qu'au Québec la très grande majorité des maisons utilisent directement ou indirectement l'électricité pour se chauffer, soit par chauffage électrique, soit par chauffage à l'aide de combustible qui nécessite une soufflerie donc de l'électricité.

En janvier et en février, c'est ni plus ni moins qu'une catastrophe entraînant des risques pour la vie.


Les leçons



L'État et la société d'État qui produit et distribue l'électricité, Hydro-Québec, semblent avoir tirées les leçons de cette crise. Le réseau a été solidifié par l'ajout de pylones anti-effet domino qui vont empêcher les écroulements en série. On a construit des redondances en approvisionnement, de sorte que chaque secteur est maintenant desservi par au moins deux lignes à haute tension provenant de secteurs différents.

La Sécurité Civile quant à elle a développé des plans d'intervention plus adaptés à la « prochaine fois ».

Mais voilà: on se prépare toujours pour la prochaine crise précédente (!), comme le généraux de 1914 qui se battaient comme en 1870 avec une nouvelle technologie industrielle, comme les généraux français et anglais de 1940 qui se battaient comme en 1918.

La population quant à elle a été traumatisée. Beaucoup ont fait de petites réserves pour la prochaine crise mais avec les années, cette vigilance s'est émoussée et les efforts ont été abandonnés. Surtout: peu on développé leur raisonnement afin d'inclure une préparation plus générale pour faire face à un prochain verglas mais aussi à d'autres situations qui perturberaient notre mode de vie ou qui menaceraient notre vie ou notre sécurité.

La prochaine crise


Nous avons assisté hélas à des scènes d'abus et d'exploitation éhontée du dénuement des gens lors de la Crise du Verglas de 1998. Certains vendaient 2$ une bougie de mauvaise qualité qui elle, se vendait normalement à 5 pour 1$ dans les magasins. Idem pour l'essence. Plusieurs ont vu leur groupe électrogène se faire voler alors qu'il était en train de fonctionner et alimentait leur maison!

On a vu aussi des cas de vols avec violences et des agressions diverses mais généralement, la population a été très disciplinée et très respectueuse des lois malgré qu'une bonne partie d'entre elle se soit adonnée à un de nos sports nationaux: se plaindre et poser en victime.

La prochaine crise d'envergure, qu'elle soit liée à une tempête de pluie verglaçante ou à autre chose, risque de ne pas se passe de la même manière.

Entre 1998 et aujourd'hui, de 800,000 à 900,000 immigrants provenant en grande majorité de pays non-européens se sont installés au Québec, principalement dans la région de Montréal. Ces immigrants proviennent de pays où le tribalisme est encore la norme et forment naturellement des communautés où règne le communautarisme, c'est à dire la préférence communautaire et une certaine propension à voir « l'autre » comme un concurrent ou un antagoniste. En cas de crise importante menaçant l'approvisionnement en ressources de première nécessité, il est à prévoir, comme on assiste quotidiennement en France, en Allemagne et en Suède, une certaine prédation de ces minorités communautarisées à l'encontre de la majorité dite de souche. On ne vole pas, on n'attaque pas, on n'agresse pas les siens, après tout. 

De là la nécessité, plus que jamais, de se préparer adéquatement et de créer des réseaux de gens qui seront fiables, qui manifesteront naturellement de la solidarité et qui sont enclins à respecter la Loi et l'Ordre.

Merci à mes contributeurs:
Lionel H.
Pierre P.
FG
- J -
Dan Sullivan
Ainsi qu'aux autres tipeurs et donateurs.

Vidéo


Commentaires

Marc Desmeuzes a dit…
Récit de la crise du verglas d'il y a 20 ans extrêmement intéressante Vic !!!
On ne se rend jamais assez compte que l'électricité et le pétrole s'est très bien, c'est un confort que l'on apprécie tous, mais d'un autre côté nous perdons toute autonomie puisque nous sommes tous reliés les uns aux autres.
Une anecdote. Je l'avais appris par un sociologue à l'Université qui expliquait très bien comment nous étions tous reliés en réseaux les uns aux autres. Je ne suis pas sûr, pour être gentil, que mes camarades de l'époque avaient bien compris ce que cela impliquait en cas de crise.
Plus récemment en Normandie je prospectais pour voir ce qu'il y avait le plus qui pouvait ressembler à une BAD dans le cadre d'un budget serré. Et en visitant une maison-ferme je demande à la personne qui fonctionnait avec un puits (évidemment une pompe avec et impossibilité pour moi seul de soulever la dalle énorme). La dame ne comprenait d'ailleurs pas pourquoi je voulais voir l'intérieur du puits lol. Je lui ai demandé : "Et si il n'y a plus d'électricité vous faites comment ?" Réponse effarouché de la personne : "Mais pourquoi voulez-vous qu'il n'y ait plus d'électricité ???". Pour une région comme la Normandie sa réponse était d'autant plus cocasse.
Mais c'est l'habitude, on oublie. Et en plus la France est un pays centralisé dont l'Etat reste omnipotent et dès qu'il y a un problème comme une tempête, on se tourne immédiatement vers l'Etat et les journaux mettent quasi systématiquement l'Etat en cause. L'Etat ne peut pas tout prévoir... Surtout quand on sait qui nous dirige et ceux qui sont chargés de prévoir (gouverner c'est prévoir ne dit-on pas ?).
C'est à nous d'essayer de prévoir le pire !!!
Aujourd'hui en France il me semble inconsidéré de ne pas se préparer à une éventuelle guerre civile. Je crois aussi que le pire fait peur et que le réflexe humain de chacun est de se détourner du pire. Mais à un moment donné faut grandir lol, réfléchir et se mettre en route pour protéger notre famille. Autrefois la famille était soudée et chacun protégeait l'autre. Maintenant tout a explosé et c'est l'individualisme mortifère ... !!!

Mes meilleurs Voeux à toi Vic et aux personnes qui t'aident concrètement que tu nommes à chaque fois, et à tout ceux qui apprécient ton Blog !!!
Marc.

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